Plateau de Saclay – Courtaboeuf – Massy : quelles synergies ? Entretien avec Jean-François Vigier

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Telle était la question posée dans la perspective de la fusion des deux Communautés d’agglomération - Europ’Essonne et Caps - qui doit intervenir en janvier prochain, par l’Azedac, dans le cadre de son café-rencontre organisé le 16 avril dernier sur le Campus de Polytechnique. Leurs représentants respectifs - Igor Trickovski et Jean-François Vigier - ont bien voulu répondre à nos questions sur l’enjeu des transports et les solutions susceptibles d’êtres apportées par les entreprises innovantes du territoire, en matière de mobilité.

Le Plateau de Saclay – Courtaboeuf – Massy : quelles synergies dans la nouvelle Intercommunalité ? Telle était la question abordée le 16 avril dernier à l’Ecole polytechnique, lors du dernier café rencontre de l’Adezac, l’association des chefs d’entreprises du parc d’activités de Courtaboeuf, du Plateau de Saclay et des environs, dont nous avons eu l’occasion d’interviewer le président par intérim, Patrick Bayle (pour accéder à cet entretien, cliquer ici).

Caps et Europ’Essonne : une fusion déjà inscrite dans les faits

Les invités du jour n’étaient autres que Jean-François Vigier, Président délégué de la CAPS chargé du développement économique et Igor Trickovski, Vice-président d’Europ’Essonne chargé du parc de Courtaboeuf, venus présenter le projet de fusion de ces deux Communautés d’agglomération. Car, pour ceux qui l’ignoreraient encore, ces dernières (peuplées respectivement de 125 000 et 151 000 habitants) ne feront plus qu’une et ce, à compter de janvier 2016, en vertu de la loi MAPTAM, qui oblige les intercommunalités franciliennes de compter au moins 200 000 habitants. L’ensemble né de la fusion CAPS/Europ’Essonne totalisera une population de près de 300 000 habitants (moyennant l’intégration d’autres communes dont Wissous, Verrières-le-Buisson). Au plan économique, il comptabilisera pas moins de 55 parcs d’activités dont celui de Courtaboeuf.
A l’issue du café-rencontre, le public n’avait plus de crainte à avoir quant au caractère effectif que prendrait cette fusion tant les deux élus ont manifesté une réelle volonté de travailler ensemble, pour ne pas dire une complicité qui a pu d’ailleurs donner à leur intervention à deux voix, un air de numéro de duettiste. Igor Trickovski pouvait même s’avancer jusqu’à dire que « la fusion économique se ferait naturellement, car nous n’avons tout simplement pas attendu le 1er janvier 2016 pour travailler ensemble ». Ce que l’on est prêt à croire au vu des liens déjà nouées entre les deux collectivités. Tout en rappelant l’inscription de la future entité au sein de l’OIN, en association avec l’EPPS pour son aménagement, Jean-François Vigier a tenu à rappeler qu’elle n’en serait pas moins en concurrence avec les autres futures Communautés d’agglomération qui intègreraient les deux autres composantes communautaires de l’OIN : Saint-Quentin-en-Yvelines et Versailles-Grand Parc.
Mais la concurrence devrait aussi se manifester en interne à la Communauté agglomération qui naîtra de la fusion entre la CAPS et Europ’Essonne, comme devait le suggérer Jean-François Vigier en faisant observer, non sans malice, que s’ils étaient deux élus, ce matin, pour présenter le projet, l’an prochain, en revanche, il n’y en aurait plus qu’un pour occuper la fonction en charge du développement économique…
Y en sera-t-il de même pour les services ? Les doublons seront-ils supprimés et, si oui, avec quel effet sur l’emploi ? A défaut de répondre à ces questions qui, il est vrai, ne leur ont pas été posées par l’assistance pourtant composée de représentants de Pôle emploi (venu présenter les nouveaux services dédiés aux entreprises) ou de missions locales, ils ont en revanche assuré ne pas se lancer dans la construction d’un « magnifique palais ». « Le contexte budgétaire ne le permettrait pas, de toute façon ». Les services de la future agglomération se répartiront donc dans les locaux existants, entre Orsay et Massy. Le voile n’a pas été levé pour autant sur le nom de la future entité. Qu’il nous soit donc permis de faire une proposition : Caps’Essonne !

Courtaboeuf et Paris-Saclay en moins de 15 mn ?

Confiants, les deux élus disent l’être d’autant plus que les deux Communautés d’agglomération sont pleinement inscrites dans l’OIN Paris-Saclay, qui bénéficient d’importants investissements en faveur de la recherche et de l’innovation. Encore faut-il que les conditions de transport soient améliorées au sein de la nouvelle collectivité et particulièrement entre vallée et plateau. Parmi les interventions de la salle, celle d’un entrepreneur du Parc d’activités de Courtaboeuf devait d’ailleurs d’emblée donner le ton en témoignant de ses difficultés à rallier le plateau de Saclay. « Cela devrait ne me prendre qu’un quart d’heure. C’est loin d’être le cas. La congestion, matin et soir, fait perdre un temps précieux. Comment pensez-vous renforcer les synergies dans ces conditions ! De nouvelles infrastructures sont indispensables ! »
Un témoignage dont Jean-François Vigier a reconnu la justesse quitte à renvoyer la balle (la patate chaude ?) aux autres collectivités locales (département, Région) et à l’Etat, seuls à même d’assurer le financement de nouvelles infrastructures. « La CAPS a renforcé les lignes régulières de bus, a pris part à la rénovation du ring et à l’amélioration de la voirie, mais, a-t-il dit en substance, elle ne peut guère faire plus en l’absence de cofinancements ». Mais à trop focaliser sur les infrastructures, ne risque-t-on pas de passer à côté des initiatives émergeant du territoire ? Comme Jean-François Vigier et Igor Trickovski ont pris soin de le souligner, leurs Communautés d’agglomération comptent de nombreuses start-up. Dans quelle mesure comptent-ils s’appuyer aussi sur elles pour mettre en œuvre des solutions innovantes en matière de mobilité, fût-ce dans une logique plus bottom up ? C’est la question que nous avons posée à l’un et à l’autre, à l’issue du café-rencontre, avant qu’ils ne filent couper le ruban pour l’inauguration du salon « 300 sourires pour l’emploi » organisé dans la foulée, dans le hall de l’Ecole polytechnique, par les missions locales des Ulis et du nord de l’Essonne(ViTaCité), et Atout PLIE Nord-Ouest 91.

Voici pour commencer la réponse de Jean-François Vigier :

« Nous ne sous-estimons pas l’existence de ces start-up. Bien au contraire. Nous intervenons directement auprès d’associations et d’organismes qui les accompagnent. Sur le plateau de Saclay et plus largement sur le territoire de la CAPS, un réseau dynamique s’est constitué qui compte aussi bien des Business Angels, que des structures d’aides à l’amorçage, des incubateurs et des pépinières. Autant d’entités que nous subventionnons en participant par ailleurs à leur conseil d’administration. Il y a pas moins de quinze jours, je participais à l’assemblée générale de Scientipôle Initiative. Dans les contrats que nous passons avec chacune de ces entités, nous veillons à ce qu’elles soient attentives aux start-up du territoire. Il est clair qu’une des clés de réussite, pour ne pas dire « la » clé de réussite du cluster de Paris-Saclay résidera dans le développement de ces dernières. Le contexte est particulièrement favorable avec la présence de nombreux établissements d’enseignement supérieur et de recherche réputés (l’IOGS, Paris-Sud, etc., sans oublier bien sûr l’Ecole polytechnique qui nous accueillait ce matin). Aux Etats-Unis, les étudiants ont depuis longtemps l’habitude de créer leur start-up au cours de leur cursus. Les nôtres commencent à le faire à leur tour, grâce aux formations à l’entrepreneuriat qui ont été mises en place ici et là. Il nous faut encourager ce mouvement en réservant le meilleur accueil à ces jeunes entrepreneurs.
Pour en revenir maintenant à la problématique des transports, nul doute que des solutions viendront de ces start-up, que ce soit à travers des applications mobiles ou des technologies au service de mobilités douces. Une collectivité comme la nôtre – la CAPS, aujourd’hui, puis celle qui naîtra de la fusion avec Europ’Essonne – se doit de les accompagner. Certes, leurs solutions, aussi innovantes soient-elles, n’empêcheront pas la nécessité d’investir dans de nouvelles infrastructures. Mais elles seront une contribution utile à l’amélioration de la situation ici et, pourquoi pas, sur d’autres territoires.
En parallèle, nous n’en continuerons donc pas moins à nous battre pour convaincre les autres collectivités locales (le département de l’Essonne et la Région Ile-de-France) et l’Etat de cofinancer les nouvelles infrastructures dont nous aurons besoin. Nous nous battons pour améliorer les liaisons au plateau depuis Massy et Courtabœuf. Pour la desserte de la vallée, les élus ont déjà obtenu la réalisation d’un schéma directeur pour le tronçon sud de la ligne du RER B.
Je suis d’autant plus optimiste que l’Etat ne cesse de nous dire que nous sommes sur un territoire d’exception. C’est effectivement le cas. On ne peut donc pas imaginer qu’il ne lui donne pas les moyens d’être attractif et donc accessible.
Mais encore une fois, ce combat ne doit pas nous détourner des efforts à consentir au développement de start-up et des autres entreprises du territoire, qui en font toute l’attractivité. Car c’est d’elles aussi que viendront les solutions de demain, en matière de mobilité et de transport, pour nous en tenir au sujet de notre entretien. »

Suite du compte-rendu du café-rencontre de l’Adezac du 16 avril 2015 à travers l’entretien que nous a accordé Igor Trickovski, Vice-président d’Europ’Essonne en charge du Parc d’activités de Courtaboeuf (pour y accéder, cliquer ici).

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