Des nouvelles de Start in Saclay. Entretien avec Julien Capra

StartinSaclayPaysage
Nous avions déjà eu l’occasion d’interviewer Julien Capra, peu avant la création officielle de Start in Saclay, alors en gestation. Nous l’avons revu à l’occasion de la soirée organisée conjointement avec Beyond Lab, au WAI Massy-Saclay, sur le thème du « Défi des nouvelles interfaces Homme/Machine », le 11 février dernier. Il a bien voulu faire un point sur l’actualité de son association et ses ambitions en vue de donner une plus grande visibilité aux start-up du cluster Paris-Saclay et, bien plus, favoriser leur connexion.

- Comment va Start in Saclay depuis le premier entretien que vous nous aviez accordé, en mars 2014 [ pour y accéder, cliquer ici] ?

Au moment de cet entretien, nous n’en étions, Clément Gay, cofondateur de Stilla Technologies [pour en savoir plus, voir l’article que nous lui avons consacré, en cliquant ici ] et moi qu’au tout début du projet. Nous avions lancé un premier appel aux volontaires car il était clair que nous ne pouvions agir seuls. Quatre personnes nous ont ainsi rejoints, avec lesquelles nous avons planché sur ce que pourrait représenter le projet à l’échelle de l’ensemble du campus. Cela a forcément pris un certain temps du fait de l’étendue de ce campus et du nombre d’acteurs concernés, qu’il fallait toucher et convaincre un à un. Le lancement officieux est intervenu en octobre 2014 à l’occasion d’un premier événement afterwork. Le succès a été immédiat : de très nombreuses personnes se sont manifestées pour en savoir plus ou s’associer à nous. Preuve s’il en était besoin que Start in Saclay répondait à un besoin. L’événement suivant a été une Saclay Pitch Night en collaboration avec HEC et Polytechnique. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un concours de pitches : plusieurs étudiants présentent leur projet en quelques minutes devant un public varié. Ils sont challengés par un des entrepreneurs et des investisseurs de Paris-Saclay. Cela se conclut par un moment de convivialité autour de pizzas. Nous aimerions désormais toucher d’autres publics et plus particulièrement les chercheurs, porteurs de projet techno, mais qui n’ont pas forcément l’habitude de pitcher. Mais le public sait se montrer bienveillant. Start in Saclay, c’est aussi cela : aider les personnes à faire le premier pas, sans craindre les commentaires et les critiques. Plus récemment, nous avons participé à l’organisation des challenges start-up : Booster et Kick off (du 7 novembre au 13 décembre). Le principe : permettre à des porteurs de projets de tester leurs idées et révéler l’entrepreneur qui est en veux. Au programme : des ateliers thématiques, des présentations de bonnes pratiques pour réussir un executive summary et un business plan, les clés de réussite d’un elevator pitch et du mentorat par des professionnels de l’innovation et des entrepreneurs aguerris. A gagner : un voyage immersif d’une semaine dans la Silicon Valley et représenter le campus de Paris-Saclay. En partenariat avec des Business Angels, nous avons mis en place les Start Up Idol, un jeu inspiré de concepts télévisés où des start-ups doivent convaincre un jury d’investisseurs. Nous organisons aussi des soirées autour de confessions d’entrepreneur emblématique (Saclay Soirée). Bref, Start in Saclay est désormais bien installé dans l’écosystème de Paris-Saclay.

- Quelle est votre audience ?

Un millier de personnes nous suivent régulièrement. Plus de la moitié ont participé à au moins un de nos événements. En moyenne, chacun d’eux draine de 20 à 50 personnes.

- En quoi l’écosystème Paris-Saclay s’est-il révélé porteur ?

Il l’est de toute évidence : c’est un vivier d’étudiants et de doctorants qui aspirent à créer leur entreprise ou valoriser les résultats de leur recherche en s’associant avec une start-up. Paris-Saclay, c’est aussi de nombreuses structures d’accompagnement – incubateurs, accélérateurs, pépinières – et de financement, dont les banques qui s’impliquent de plus en plus : je pense à BNP Paribas et son WAI Massy-Saclay, où nous avons récemment organisé une soirée avec Beyond Lab [pour en savoir plus sur ce réseau, voir l’entretien que nous a accordé son président et cofondateur Xavier Blot ; pour y accéder, cliquer ici ].

- Comment s’est noué le lien avec Beyond Lab, implanté en dehors du Plateau de Saclay ?

Nous avions envie de relier davantage le monde de la recherche aux entreprises. Or, c’est précisément la vocation de Beyond Lab que nous avons découvert en activant notre réseau – les choses se passent ainsi ! Beyond Lab, qui a acquis une expérience en la matière, dans les régions de Grenoble et de Lyon, cherchait de son côté à se développer en région parisienne. Plutôt que de travailler notre projet chacun dans notre coin, nous avons préféré créer des synergies et proposer de coorganiser un événement, au WAI Massy-Saclay, donc. Nous souhaitons continuer dans cette voie. Un rapprochement a déjà eu lieu avec l’association des étudiants de Sciences po, qui éprouvent eux aussi le besoin de s’ouvrir à d’autres profils, sur d’autres campus. Nous nous rapprochons aussi d’écoles de design.

- Une manière de rappeler que Paris-Saclay n’a de sens que s’il s’ouvre aux autres écosystèmes…

Parfaitement. On ne saurait avoir peur de l’autre. C’est avec les autres qu’on grandit. De ce point de vue, je trouve que Paris-Saclay est exemplaire.

- Vous êtes-vous inspiré d’expériences apparues sur d’autres campus, en France ou à l’étranger ?

Non. Start in Saclay s’est créé en marchant en fonction des opportunités du contexte. Nous n’avions pas de modèle en tête ou, alors, c’était inconscient. Clément Gay et moi, nous sommes tout simplement des amoureux du Campus Paris-Saclay. Nous sommes portés par l’envie de contribuer à son développement en mobilisant les bonnes volontés. Moi-même, je suis un « enfant » de ce campus : après des études à l’IUT d’Orsay, j’ai intégré le CEA puis le Mastère Entrepreneuriat d’HEC, autant d’acteurs de Paris-Saclay s’il en est.

- Comment abordez-vous l’année 2016 ?

Avec l’idée de diversifier nos formats. Nous souhaitons inviter davantage de start-up à présenter leurs projets avec l’idée de leur faire gagner en visibilité, mais aussi de tisser des liens entre elles. La plupart se méconnaissent encore. Nous réfléchissons aussi à un challenge, mais plus tourné vers les jeunes chercheurs, qui passerait, donc, de 3-6 semaines à 2-3 mois. Parmi nos autres chantiers, je signale aussi la refonte de notre site web, pour valoriser davantage les start-up. Il est, encore une fois, primordial de leur faire gagner en visibilité.

- Avez-vous le sentiment qu’une vraie dynamique de création de start-up s’est enclenchée sur le cluster de Paris-Saclay ?

C’est bien plus qu’un sentiment ! On assiste manifestement à une explosion du nombre de créations. Il y a plusieurs raisons à cela. D’abord, le contexte de crise, qui réduit les capacités de recrutement des grands groupes et incite, donc, de jeunes diplômés et chercheurs à créer leur entreprise. Ensuite, la multiplication des formations dédiées à l’entrepreneuriat innovant ainsi que des structures d’accompagnement – incubateurs, accélérateurs, pépinières – et de financement – il faut saluer au passage le travail fait par Bpifrance en complément de l’investissement de Business Angels.

- En quoi la reconnaissance du statut national étudiant-entrepreneur a-t-il été favorable ?

Il l’a été de toute évidence. Il nous a permis d’identifier des étudiants intéressés à l’entrepreneuriat et sur le point de se lancer. Cela nous a incités à mettre en place pour la rentrée prochaine un cycle de conférences sur des thèmes, qui ne sont pas forcément maîtrisés par les entrepreneurs en herbe. Ce faisant, on s’impose un peu plus comme le couteau suisse de l’entrepreneuriat étudiant.

- Et vous-même, n’êtes-vous pas tenté de vous lancer à votre tour ?

A bien des égards, Start in Saclay fonctionne dans l’esprit d’une start-up, même si c’est, à cette heure, une association loi 1901, qui vit de subventions. Mais nous réfléchissons à un système d’adhésion pour l’accès au cycle de conférences que j’évoquais, avec, bien sûr, un tarif abordable pour les startuppers dont les moyens sont par définition limités. La transformation en start-up passerait par la définition d’un modèle économique qui reposerait, par exemple, sur le recours à du sponsoring pour l’organisation d’événements comme un des Hackathons. Le but n’étant pas de faire du profit, mais de rester à l’équilibre.
Etant personnellement issu de la recherche et de l’entrepreneuriat, je suis naturellement intéressé par la perspective de créer une entreprise technologique. J’ai passé plusieurs mois à réfléchir à ce que je voulais et pouvais faire, et, surtout, avec qui. Ce qui me paraît le plus important. C’est ainsi que j’ai engagé des discussions avec deux chercheurs. Il est encore trop tôt pour vous en dire plus, mais sachez que la volonté est bien là et le projet en cours de gestation.

Nota bene : Start in Saclay participe au Mois de l’Entrepreneuriat qui se déroule les 17, 24 et 31 mars 2016. Pour plus d’information, voir l’annonce dans la rubrique agenda (en cliquant ici).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>