Se déplacer (presque) comme les autres, en fauteuil roulant. Rencontre avec Lambert Trénoras

GyroliftPaysage
Suite de nos échos à l’édition 2017 de Paris-Saclay Connexion et de Paris-Saclay Invest à travers le témoignage de Lambert Trénoras, cofondateur de Gyrolift, qui propose des solutions aux personnes à mobilité réduite, en hybridant gyropode et robotique.

- Si vous deviez pitcher Gyrolift…

Gyrolift propose un nouveau type de fauteuil roulant verticalisateur. Il permet à toute personne à mobilitéGyrolift2Portrait réduite de se déplacer en position debout, si elle le souhaite, en bénéficiant de tous les avantages que confère cette position tant au plan physiologique (du point de vue de la circulation du sang, du transit, des escarres…), mais aussi au plan psychologique (la personne se retrouve à la même hauteur que son interlocuteur), sans compter le gain d’autonomie (elle peut accéder plus facilement à des objets placés en hauteur, des plans de travail,…). Concrètement, le fauteuil repose sur une base gyropodique – de type Segway, Ninebot, etc. – dans laquelle nous avons plugger un module robotique.

- Comment êtes-vous parvenus à ce concept ? Sur quelles compétences vous êtes-vous appuyés ?

L’ingénierie du produit a été développée à travers des prototypes,Gyrolift3Portrait dans le cadre de ma thèse – je suis docteur en robotique, de l’Université de Versailles. Pour les besoins de la valorisation, j’ai ensuite monté une équipe R&D en m’entourant d’ingénieurs. Pour ce qui est des compétences au plan de l’ergothérapie, nous nous appuyons sur celles du Centre de Ressources & d’Innovation Mobilité Handicap (CEREMH), un des cinq centres d’expertise nationale sur les aides à la mobilité, agréés par la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA). Ses ergonomes et ergothérapeutes nous ont aidés à bien cerner les besoins des usagers potentiels.

- Vous êtes donc un chercheur devenu entrepreneur. Quelles prédispositions vous ont incliné à embrasser les deux ?

Ayant développé des prototypes durant ma thèse, j’en suis naturellement venu, avec les personnes qui m’accompagnaient, à vouloir pousser la démarche jusqu’à la commercialisation.

- Aviez-vous des prédispositions familiales ?

Non. Je me suis formé à l’entrepreneuriat au sein de X-Up, l’accélérateur de Polytechnique, où je suis encore. J’ai également suivi la formation de Challenge + d’HEC Paris.

- Où en êtes vous dans le développement de votre start-up ?

Nous sommes en train de finaliser une version préindustrielle qui fera l’objet d’une évaluation clinique à partir de septembre. S’en suivra une phase d’industrialisation qui courra jusqu’à la fin de l’année. L’homologation du dispositif débutera en janvier pour un marquage CE prévu en avril 2018. Dès lors que l’innovation touche à la santé, nous sommes en effet soumis à des procédures particulières, comparés à d’autres start-up. Nous relevons en l’occurrence des dispositifs médicaux de classe 1 et devons donc répondre à certaines exigences en matière de sécurité.

- Et la commercialisation, quand l’envisagez-vous ?

Si tout va bien, elle débutera en mai 2018 dans la foulée de l’homologation. Pour commencer, nous visons le marché B to B du maintien et de la réinsertion par l’emploi, en adressant nos produits aux grands groupes, sans exclure cependant de nous attaquer ensuite au B to C.

- Et le financement ? Prévoyez-vous une levée de fonds ?

Oui, nous travaillons actuellement sur le projet d’une première levée de fonds. Notre start-up a par ailleurs été en février dernier lauréate du concours « Handicap et innovation : autonomie à tous les âges de la vie et conception universelle », lancé par les pouvoirs publics. Il était doté d’un prix qui contribuera à financer une partie de nos investissements.

- A combien s’élèvent les effectifs de Gyrolift ?

L’équipe se compose actuellement des trois fondateurs et de trois stagiaires dont Hugo, ici présent et qui nous a rejoints il y a deux semaines. Il vient du Centre Bordeaux-Talence de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts et Métiers…

- Bordeaux, qui est connecté à l’écosystème Paris-Saclay par le truchement de la gare Massy TGV…

En effet !

- Quel intérêt y avait-il pour vous de participer au Showroom Innovation de Paris-Saclay Connexion ? Au vu du nombre de cartes de visite que vous avez sur votre table, on devine que les prises de contact ont été nombreuses…

Oui, cet événement offre une belle opportunité d’enrichir son réseau, de rencontrer des partenaires industriels ou commerciaux.

- Dans quelle mesure vous a-t-il permis de mieux appréhender l’écosystème de Paris-Saclay ?

Je n’ai pas l’impression de découvrir l’écosystème à cette occasion. J’ai même le sentiment d’y être immergé depuis le début de l’aventure de Gyrolift : je rappelle que j’ai fait mon doctorat à l’Université Versailles, que j’ai suivi la formation Challenge + d’HEC et que je suis actuellement dans l’accélérateur de l’X… Bref, j’ai l’impression d’être un pur produit de Paris-Saclay !

- Le risque existe-t-il néanmoins que vous le quittiez ?

Il est trop tôt pour le dire. Une chose est sûre cependant : je resterai toujours lié à l’Université de Versailles, ne serait-ce que parce qu’un de mes associés y enseigne et que les deux brevets que nous exploitons sont la propriété de cette même université. Quand bien même quitterions l’écosystème, nous continuerons donc à y être attachés. Si, maintenant, Paris-Saclay continue à nous offrir des opportunités de partenariats et des débouchés, nous aurons d’autant moins de motifs de le quitter.

Pour en savoir plus sur Gyrolift, cliquer ici.

A lire aussi les échos à l’édition 2017 de Paris-Saclay Connexion et Paris-Saclay Invest (pour y accéder, cliquer ici).

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