Retour sur l’édition 2017 de Paris-Saclay Connexion et Invest

ParisSaclayConnexion2017Paysage
Un peu plus d’une semaine après Viva Technology et quelques jours avant l’inauguration de Station F, c’est Paris-Saclay qui donnait rendez-vous aux entrepreneurs, chercheurs, investisseurs et à tous ceux intéressés par l’innovation, à l’occasion de la deuxième édition de Paris-Saclay Connexion, combinée cette année avec un autre événement phare de l’écosystème : Paris-Saclay Invest. En voici quelques échos.

900 inscrits, 1 500 rendez-vous programmés et même 900 000 Hashtags deux heures avant la clôture de l’événement… Paris-Saclay Connexion n’a jamais aussi bien porté son nom. Sans compter ces milliers de personnes qui ont pu suivre l’événement à distance. Certes, on n’en était qu’à la deuxième édition organisée, rappelons-le, par la Communauté Paris-Saclay, en partenariat avec de nombreux acteurs (IncubAlliance, l’Université Paris-Saclay, la SATT Paris-Saclay, Opticsvalley, Systematic Paris-Région, l’Epa Paris-Saclay, les CCI de l’Essonne et de Versailles-Yvelines, l’association Finance & Technologie et Scientipôle Capital). Mais elle était combinée avec l’autre événement phare de l’écosystème : Paris-Saclay Invest (proposé, rappelons-le aussi, par l’EPA Paris-Saclay avec plusieurs des acteurs cités plus haut).
Mais aucun chiffre ne rendra compte à lui seul du succès d’une manifestation, qui se mesure aussi et peut-être d’abord à la richesse des rencontres qu’on peut y faire, au plaisir qu’on a à y échanger, aux surprises ou effets waouh qu’on y vit. Or, justement, des rencontres, il y en eut, ce 27 juin : des programmées et des plus fortuites. De même que des effets waouh que ce soit du côté du Showroom innovation ou lors des pitchs du Paris-Saclay Invest.

Une communauté hybride et ouverte

Une fois encore, Paris-Saclay apportait la preuve que ces deux noms de localité désignent bien plus que des projets (de campus et de cluster, en l’occurrence), mais une vraie « communauté » au sens générique (anglo-saxon ?) du terme – sinon un ensemble de communautés qui se croisent et inter-agissent – et faite de gens d’horizons disciplinaires, professionnels et même géographiques très différents : chercheurs, étudiants, investisseurs, entrepreneurs, élus, associatifs sans oublier le commun des mortels, qui ont tout simplement plaisir à se voir ou revoir, en partageant la même conviction : ici, à Paris-Saclay (sur ses Plateaux – de Saclay, de Satory,… – et ses vallées), il se passe bien quelque chose : de l’innovation à tous les étages – techno, mais aussi sociale et même frugale – dans les domaines de la santé, de l’alimentation, de l’énergie, des transports et de bien d’autres encore. On en oublierait presque l’absence de cafés et de ces autres lieux de vie qui font qu’une ville (un campus) est une ville (un campus).
Il est vrai aussi que le cadre de l’EDF Lab dans lequel cette communauté était conviée à se retrouver faisait presque office de cité avec son atrium, son auditorium, ses amphi 1 et 2, sans oublier son jardin et encore moins sa cafétéria et sa brasserie…
Une communauté au diapason d’un environnement encore en cours de construction (ce que rappelait bien le chapelet de grues visibles depuis l’EDF Lab) et innovant. Il fut d’ailleurs question de nouvelles initiatives, comme l’Open Innov’ pour ne citer qu’elle (une plateforme collaborative proposée par la CCI de Versailles-Yvelines, en vue de faciliter l’échange entre les acteurs de l’innovation). Et tout sauf repliée sur elle-même. Ouverte, au contraire, sur l’extérieur comme en témoignait la présence de start-up implantées dans d’autres écosystèmes ou en banlieue de Paris-Saclay (comprendre : Paris…). La plupart de ces start-up n’en continuant pas moins à cultiver des liens avec Paris-Saclay (soit parce que l’un de leurs cofondateurs y a été formé, soit parce qu’elles valorisent des techno issues de laboratoires du campus, soit parce qu’elles y ont été incubées, etc.). Emblématique de ce caractère hybride de la communauté Paris-Saclay, a été le témoignage de Jean Ferré, directeur de Boston Consulting Group, à Paris, donné en clôture de la journée : tout en en œuvrant à l’international, ce polytechnicien reste investi dans Paris-Saclay (on doit à son agence l’implantation sur le Plateau de Saclay, de l’ICO, l’usine-école de l’industrie du futur).

Un air de Paris au temps des Lumières

Le programme de cette journée aurait pu faire craindre une indigestion, entre les discours, les tables-rondes, les pitchs et autres RDV ou la convention d’affaires, sans oublier la longue et néanmoins riche séquence consacrée à la Smart Manufacturing Paris-Saclay. Finalement, c’est une autre impression qui a dominé : le sentiment d’être immergé dans une gigantesque foire à idées, entre science, innovation et bon sens, dont l’ambiance n’est pas sans évoquer celle décrite par l’historien Bruno Belhoste, spécialiste de l’histoire des sciences, dans son livre sur le Paris savant (Armand Colin, 2011), une ville où, du temps des Lumières, science et inventivité n’étaient pas confinées, mais brillaient de mille feux, entre les travaux de l’Académie des Sciences et des sociétés savantes, les démonstrations et autres expériences publiques, des plus sérieuses aux plus charlatanesques.
Naturellement, les nombreuses start-up présentes ont largement contribué à l’intérêt de notre double événement. Pas moins de 140 s’étaient portées candidates pour participer au Showroom Innovation ou à Paris-Saclay Invest. Au final, « seules » 35 auront été élues (15 pour le premier prix et 20 pour le second). Le moins qu’on puisse dire et ce sentiment a été partagé par nombre de personnes, est qu’il a été particulièrement difficile de les départager tant elles proposaient des innovations toutes plus originales les unes que les autres, en plus d’avoir une utilité sociale et environnementale (ou sociétale, comme on dit). Sans compter la force de conviction dont leurs représentants ont su faire preuve sans même abuser d’effets de manche.

Des start-up qui mettent le feu

Bref, et comme l’a bien résumé Olaf Maxand (délégué innovation adjoint au hub d’EDF Lab et auquel revenait le soin de remettre un des prix), ces start-up ont su « mettre le feu » et sans qu’on leur en tienne rigueur (malgré la chaleur qui régnait déjà ce jour-là !). Le lecteur pourra d’ailleurs en avoir un aperçu à travers la série de micro-entretiens réalisés à cette occasion (voir ci-après).
Comme on a déjà eu l’occasion de l’écrire, le succès d’un événement se mesure aussi au temps que les participants s’y attardent. De ce point de vue, le succès est manifeste. Jean-Paul Chabard, directeur scientifique d’EDF, que nous avons eu l’occasion de re-interviewer récemment (pour accéder à l’entretien, cliquer ici) n’étant pas le premier à quitter les lieux. Il faut, il est vrai, encore reconnaître qu’une fois qu’on a rallié le Plateau de Saclay, on y réfléchit à deux fois avant de prendre sa voiture ou les transports en commun pour regagner son domicile. Quitte à y aller, autant y rester aussi longtemps que possible…

Et la parité ?

Qui aime bien châtie bien : relevons donc que la première table ronde ne comptait que des hommes (normal, nous a-t-on dit, car elle traitait d’immobilier, un univers masculin…). Sauf que la séquence de remise des prix n’a fait que renforcer cette impression : jusqu’à neuf hommes avaient rejoint la scène, entre ceux qui remettaient ces prix, les sponsors, les présidents des CCI de l’Essonne ou de Versailles-Yvelines. Heureusement, que le prix Paris-Saclay Invest fut remis à une lauréate (étant entendu que son mérite résidait d’abord dans la qualité de son projet entrepreneurial et de son pitch, et sur nulle autre considération !).
Mais nul doute qu’il s’agit d’une erreur de jeunesse, qui sera corrigée dès la prochaine édition… Car, bien sûr, une 3e est d’ores et déjà annoncée. Avec toujours plus d’ambition puisqu’elle sera organisée à l’échelle de l’ensemble de l’OIN Paris-Saclay, en incluant les deux autres agglomérations concernées (Versailles Grand-Parc et Saint-Quentin en Yvelines). Un élargissement déjà amorcé, au demeurant, comme en témoigne l’implication des CCI de l’Essonne et de Versailles-Yvelines, dans les deux premières éditions de Paris-Saclay Connexion comme de Paris-Saclay Invest, et la complicité dont leurs présidents respectifs ont su faire une nouvelle fois preuve.

En attendant le 12 juillet

Sans attendre la prochaine édition, un autre RDV a été donné par Michel Bournat, président de la Communauté Paris-Saclay : le 12 juillet, date de l’annonce officielle du territoire qui sera retenu par la France pour l’organisation de l’Exposition Universelle. Un jour tout sauf anodin et de bon augure puisque, comme d’aucuns se sont plu à le rappeler, il correspond à la finale emportée par le pays, lors de la Coupe du Monde de 1998. De là à laisser croire que ce signe du destin ne ferait sens que pour Paris-Saclay, il n’y a qu’un pas que les autres territoires en lice nous excuserons de franchir en considérant que cet écosystème est le seul à revendiquer tout à la fois un ancrage local et une ambition mondiale !

Voilà pour de premiers échos à cette journée du 27 juin. Nous vous en proposons d’autres à travers les témoignages de startuppers rencontrés au hasard de nos déambulations, et venus comme simples visiteurs ou comme participants au Showromm ou à Paris-Saclay Invest :

- Frédéric Brèce, dont la start-up Home Potager (lauréate du Prix Showroom Innovation) propose une solution technologique pour jardiner chez soi en toute simplicité (pour accéder à l’entretien, cliquer ici) ;

- Julie Dautel, cofondatrice de Zéphir Solar (lauréate du Prix Paris-Saclay Invest), qui a conçu un système d’alimentation électrique à partir de ballons équipés de cellules photovoltaïques (cliquer ici) :

- Agathe Géhin, responsable marketing et communication d’Orosound, qui a mis au point des écouteurs permettant de se protéger contre des nuisances sonores sans se couper des autres (cliquer ici) ;

- Jonathan Lévy, cofondateur de Hublex, qui a vocation à proposer des solutions de déplacement pour les professionnels travaillant sur de grands sites (cliquer ici) ;

- Lambert Trénoras, cofondateur de Gyrolift, qui propose également une solution de mobilité à base d’un gyropode, mais en réponse à d’autres besoins – des déplacements intelligents sur le dernier km, notamment pour des personnes à mobilité réduite (cliquer ici) ;

- Zineb Agoumi et Thibault Faÿ, cofondateurs d’EzyGain, qui a conçu un tapis connecté de rééducation à la marche, à destination de petites structures – centres de kinésithérapie, maisons de retraite, etc. (mise en ligne à venir) ;

- Enfin, Alexandre Bredimas de Strane Innovation, une « usine » à… start-up (cliquer ici).

Bonne lecture en souhaitant qu’elle soit propice à de belles rencontres et découvertes.

6 commentaires à cet article
  1. Ping : Les ballons de l’espoir. Rencontre avec Julie Dautel | Paris-Saclay

  2. Ping : Orosound to be cool around. Entretien avec Agathe Géhin | Paris-Saclay

  3. Ping : Le boulot en mode gyropode. Rencontre avec Jonathan Lévy | Paris-Saclay

  4. Ping : Se déplacer (presque) comme les autres, en fauteuil roulant. Rencontre avec Lambert Trénoras | Paris-Saclay

  5. Ping : Une « usine » à… start-up. Rencontre avec Alexandre Bredimas et Olivier Vallet | Paris-Saclay

  6. Ping : Walk it easy. Rencontre avec Zineb Agoumi et Thibault Faÿ | Paris-Saclay

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>