Welcome in CES Paris-Saclay !

Poisson avril 2021Paysage
C’est quasi officiel : la prochaine édition du Consumer Electronics Show (CES) se déroulera en janvier 2022 non pas à Las Vegas mais à Paris-Saclay ! Voici les arguments qui ont milité en faveur de ce choix inattendu.

La prochaine édition du Consumer Electronics Show (CES) Las Vegas se déroulera à Paris-Saclay. C’est peu dire que l’information a fait l’effet d’une bombe. Contacté, Gary J. Shapiro, le PDG de la société organisatrice, la Consumer Technology Association, n’a pas confirmé. Mais il n’a pas démenti non plus.

Limiter les émissions de GES

Il y a encore quelques temps, cette éventualité relevait d’un scénario de pure science fiction. A la réflexion, elle se révèle frappée au coin du bon sens. Car le constat s’impose : au fil du temps, la délégation française n’a cessé de croître avec plus de 150 jeunes pousses made in France lors de l’édition 2020 (l’édition 2021, en format 100% numérique, enregistrant une baisse avec cependant 113 jeunes pousses participantes, ce qui reste l’un des plus importants bataillons européens). Sans compter tous les grands groupes et autres entreprises tricolores : La Poste, Legrand, Valeo, Orange…
Or, dans le contexte de réchauffement climatique, les allers-retours des acteurs de la French Tech au dessus de l’Atlantique sont problématiques. Pour mémoire, la part de l’aviation dans les émissions de CO2 est estimée à 2% tous secteurs confondus et à 13% pour les seules activités de transport. En France, ces nombres sont respectivement de 1% et de 4% selon le Giec. Un vol transatlantique, entre l’aéroport Charles de Gaulle et l’Aéroport International MacCarran (qui dessert Las Vega), c’est près de 600 kg de CO2 émis par passager… Le calcul a donc été vite fait.
Dans un premier temps, l’idée a été caressée de faire participer nos startuppers en visioconférences ou même au travers d’hologrammes. Très bien par temps de pandémie, mais trop coûteux au plan énergétique, en plus de priver du charme des interactions en présentiel.
Très vite, l’idée a donc été émise de délocaliser le CES. Au début, l’idée a fait sourire, en plus de sembler plus que saugrenue. Et pourtant, c’est bien elle qui est en passe de devenir réalité. On dit que le positionnement de l’Université Paris-Saclay dans le classement de Shanghai aurait achevé de faire pencher la balance en faveur de l’écosystème francilien, désormais visible sur la carte mondiale de la recherche et de l’innovation – Il n’y a plus à craindre de s’entendre rétorquer « Paris-Saclay what ? » en réaction à la réponse à la question « where do you come from ? ».
Reste plusieurs questions : pourquoi Paris-Saclay ? Première réponse : c’est l’un des principaux viviers de start-up qui ont déjà retenu l’attention lors des dernières éditions du CES (bravo au passage à la CCI des Yvelines qui a contribué à cette notoriété, à travers son Challenge Paris-Saclay CES). Et puis, l’écosystème a un autre avantage : il est quasiment à équidistance des Etats-Unis et de la Chine… Un beau symbole tout sauf anecdotique quand on sait que les organisateurs ont eu l’ambition d’attirer davantage de startuppers chinois, en dépit des tensions diplomatiques entre les deux pays et de la bataille à laquelle ils se livrent sur la scène de la Tech mondiale.

Un accueil enthousiasme

La perspective a été en tout cas accueillie avec enthousiasme par les acteurs de Paris – Saclay que nous avons pu interrogés. C’est bien évidemment une consécration pour la French Tech en général et la French Tech – Paris Saclay. Valérian Giesz et Arnaud Peltier, ses deux co-présidents se disent prêts à mobiliser leur communauté pour surpasser les précédentes éditions en qualité et en fréquentation. Pour un élu qui a souhaité garder l’anonymat, c’est une revanche pour le territoire, après le renoncement du gouvernement d’organiser l’exposition universelle qui y était prévue Lui comme les autres voient un argument de poids pour accélérer la construction de la ligne 18 du Grand Paris-Saclay. L’un d’eux ne désespère pas d’ailleurs qu’elle soit construite dès l’année prochaine. A l’ÉPA Paris-Saclay, on n’exclut pas de convaincre les délégations étrangères de rester sur place jusqu’à l’édition de Paris-Saclay Spring, qui se tiendra au mois de mai. La société civile n’est pas en reste : Assya et Christan Van Gysel songent déjà à une édition spéciale de TEDx Saclay. Commerçants et artisans se disent tout aussi emballés. La Ferme Vandame (Villiers-le-Bâcle) se dit, elle, prête à répondre aux besoins en cookies, le Réseau Cocagne (Vauhallan) en paniers de légumes.

A défaut de casino

D’aucuns n’ont pas manqué de faire observer que Paris-Saclay, ce n’est pas Las Vegas, que s’il peut s’enorgueillir de compter une université de stature mondiale, de grandes écoles, des organismes de recherche réputés, il ne dispose d’aucun casino… Justement, arguent les partisans de la délocalisation, les entrepreneurs ne seront pas tentés de quitter les allées du CES pour celles des machines à sous. Car il se dit en effet que beaucoup avaient tendance à confondre les deux univers, en entretenant probablement l’espoir de faire fortune sans effort… Et puis, au pire, il y aurait toujours le château de Versailles, ce qui est un pire tout relatif. Sans compter le centre de Paris tout proche.
Reste la question : le CES à Paris-Saclay d’accord, mais où ? Plusieurs institutions se sont mises sur les rangs pour mettre à disposition leurs espaces, avec leurs amphithéâtres et autres auditoriums. D’un seul et même lieu, on passerait ainsi à une organisation multisite. Pourquoi pas. L’IRT Vedecom s’engage à accélérer le développement du VA pour faciliter les transferts. L’écosystème n’a plus que neuf mois pour se mobiliser et s’organiser : l’édition doit se tenir en janvier, comme sa version originale. Malgré les contraintes de temps, personne ne semble se plaindre. Il est vrai que le défi permet de se projeter dans un avenir plus radieux que celui d’une crise sanitaire à l’issue incertaine. A suivre, donc.

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