Une vision très ludique de la théorie des jeux. Entretien avec Olivier Beaude

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Suite de nos échos à la 2e édition de TEDx Saclay à travers, cette fois, un entretien avec Olivier Beaude, que nous avions déjà eu l’occasion d’interviewer, sur le vif, à l’issue de l’appel à idées « Doctorants » (Polytechnicien, il fait partie de la première promotion de docteurs de l’Université Paris-Saclay pour son travail sur la « Modélisation et [l’]optimisation de l’interaction entre véhicules électriques et réseaux d’électricité : apport de la théorie des jeux »). Essai plus que transformé avec une intervention où il eut l’occasion d’initier à la théorie des jeux d’une manière très… ludique.

Pour accéder au précédent entretien avec Olivier Beaude, cliquer ici.

- Quelles sont vos premières impressions au sortir de votre première conférence TEDx ?

C’est un exercice très formateur. J’ai toujours bien aimé vulgariser, mais je n’avais pas l’habitude de ce format. Nous disposions de douze minutes top chrono. C’est à la fois peu et beaucoup (dans le cadre de l’appel à idées, nous ne disposions que de trois minutes, ce qui est un autre challenge). Il s’agit plus de raconter une histoire que de faire un exposé, comme on peut en faire comme étudiant ou chercheur. Il faut aussi utiliser d’autres mots que les concepts scientifiques, incarner le propos par des analogies, pour toucher un public aussi divers que celui de TEDx Saclay.

- Divers et particulièrement nombreux…

Oui. Plus de 500 personnes devant soi, qui vous écoutent attentivement… Forcément, c’est impressionnant. C’est quelque chose que je n’avais pas anticipé au moment de la répétition que nous avions faite ce matin même. Résultat : j’ai pu parfois être un peu perturbé de voir le public réagir autant à mes traits d’humour. D’un côté, c’est plutôt bon signe. D’un autre côté, il faut savoir gérer !

- Entre votre présentation lors de l’appel à idées et votre prestation de ce soir, on vous a découvert des talents d’acteur !

(Rire). Je dois dire que nous avons bénéficié de l’accompagnement d’une coach, qui apprend à bien placer sa voix et à se mettre en scène. Cela étant dit, tout cela s’est fait dans un sprint. Les idées avaient été déjà discutées au moment de l’appel à idées. Je disposais donc d’une trame. Une fois sélectionné, j’ai réfléchi à la manière de reprendre mes idées et de les organiser sous la forme d’un récit à la première personne. Mais je n’ai commencé à m’y mettre vraiment que la semaine dernière… Ce qui m’a valu des remontrances de notre coach (rire), mais aussi un grand soutien de sa part dans ce sprint final. Nous avons répété ensemble pendant tout le week-end dernier. À force de répétitions et de conseils, je suis parvenu à ce que vous avez entendu ce soir. C’est ma coach qui m’a suggéré l’idée de l’alpha. Je n’y avais pas pensé. Et c’est vrai qu’elle m’a été bien utile. Mathématiquement, ce paramètre indique si les décisions vont plutôt pencher vers des décisions bonnes individuellement ou collectivement. Ce alpha est au cœur de mes travaux scientifiques. Mais le mettre sur le devant de la scène de manière imagée, ludique et centrale ne m’avait jamais semblé évident !

- Dans votre esprit, l’enjeu était-il de sensibiliser à l’intérêt de la théorie des jeux au regard de ses applications dans le domaine énergétique ?

Oui. Et en cela, TEDx Saclay est une superbe vitrine. Si cette théorie des jeux a trouvé des applications dans le domaine des transports ou des télécommunications, en revanche, c’est encore loin d’être le cas dans le secteur de l’énergie. Pourtant, et c’est ce que je m’attache à montrer dans mes travaux de recherche, elle peut aider à comprendre comment optimiser les réseaux électriques par l’adoption de comportements plus interactifs / coopératifs entre les consommateurs. Tous ceux à qui j’en parle se montrent aussitôt enthousiastes. Ils perçoivent souvent des liens avec ce qu’ils faisaient déjà, mais sans savoir que cela trouvait des justifications à la lumière de la théorie des jeux. Et puis mes travaux ont été remarqués [ses travaux de thèse lui ont valu le prix Paul Caseau d’EDF et de l’Académie des Technologies, ainsi qu’un accessit au prix de thèse Signal, Image, Vision du club EEA, du GDR ISIS et du GRETSI]. J’ai pu en montrer les retombées pratiques [Olivier Beaude a déposé un brevet proposant un mécanisme de coordination de décisions de véhicules électriques dans un quartier et contribué au développement d’un algorithme implémenté dans le cadre d’un projet test réel, Eco2Charge]. TEDx Saclay aura été aussi une opportunité de mieux faire connaître mes travaux actuels sur la décentralisation des décisions dans les systèmes électriques, que je poursuis désormais au sein d’EDF Lab Paris-Saclay, que j’ai rejoint récemment.

- Vous aviez d’ailleurs un avantage comparé aux autres intervenants : vous interveniez « chez vous ». On a même entendu des supporters…

(Rire). J’ignore si c’était autant un avantage. Il y avait plusieurs dirigeants de la R&D d’EDF au premier rang, sans compter de nombreux collègues qui étaient venus me soutenir. Forcément, cela ajoutait un peu de pression ! Jouer à domicile n’est pas toujours gage de réussite !

Encore un merci à Hugo Noulin pour la photo illustrant cet article.

A lire aussi le compte rendu que nous avons fait de l’événement (pour y accéder, cliquer ici).

2 commentaires à cet article
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