Une nuit infinie à Massy

La nuit des deux infinis - J.P. Bribring
Opéra de Massy, mardi soir, 18h30. Une foule hétérogène s’agglutine peu à peu dans le hall d’entrée. Des chercheurs, des parents accompagnés de jeunes enfants, des lycéens, s’apprêtent à passer la nuit ensemble. Mais pas n’importe quelle nuit : la Nuit des 2 infinis ! L’intitulé laisse rêveur et ouvre un champ des possibles extraordinaires… Retour sur une soirée placée sous le signe de la découverte.

Le concept de cette nuit n’est pas nouveau. En 2010 déjà, une « Nuit des particules » avait été organisée au Grand Rex à Paris avec près de 3 000 participants, puis en 2011 c’est Grenoble qui avait reçu l’événement. Pour cette troisième édition, deux lieux ont accueilli le public : l’amphithéâtre Weil situé sur le campus universitaire de Grenoble et l’Opéra de Massy avec la particularité de pouvoir échanger en duplex pendant la soirée. Le Laboratoire d’Excellence P2IO, organisateur, avait concocté un programme riche et ludique avec une conférence, des animations, et en clôture le spectacle de Norbert le Chat « La Nuit noire ». Pour rentrer dans le détail, le Laboratoire d’Excellence P2IO, implanté pour l’essentiel sur le Plateau de Saclay, se définit comme le réseau de tous les laboratoires du Sud de l’Ile-de-France impliqués dans l’étude de l’infiniment petit, de l’infiniment grand et l’étude des conditions d’apparition de la vie.

Alors ces deux infinis, ça marche comment ? Guy Wormser, Directeur de recherche au CNRS dans l’unité Physique nucléaire et physique des particules, nous livre une visite guidée de l’infiniment petit. Sur l’écran est projetée une table de Mendeleïev. Souvenez-vous, ce tableau plein de cases colorées qui trônait dans la classe de physique au lycée, et qui répertorie tous les éléments chimiques connus en fonction de leur numéro atomique. Guy Wormser nous rappelle que grâce à son tableau, Mendeleïev a ainsi mis de l’ordre dans une théorie qui a émergé dès le VIe s. av. J.C. , à savoir que la matière se compose de particules élémentaires. Dans les années 50-60, les chercheurs découvrent des dizaines et des dizaines de nouvelles particules. Tant et si bien qu’un rangement s’impose. C’est ainsi qu’est né le Modèle standard, qui décrit les interactions forte, faible et électromagnétique, ainsi que l’ensemble des particules élémentaires qui constituent la matière. Le Modèle standard est la construction théorique la plus complexe à ce jour et se dote d’un énorme pouvoir prédictif. D’ailleurs, l’un des plus grand succès du Modèle standard, vous le connaissez, il s’agit du… Boson de Higgs. C’est là que Nathalie Besson entre en scène. Physicienne au CEA (département de l’Institut de recherche sur les lois fondamentales de l’univers), elle travaille sur ATLAS, un détecteur de Boson de Higgs de 46 m de long, 25 m de haut et 25 m de large. Avec humour et pédagogie, elle explique à l’assistance les subtilités de ce Boson de Higgs en rappelant qu’il est produit toutes les 10 milliards de collisions… On comprend mieux l’enthousiasme des chercheurs ! Cependant, cette découverte fait émerger de nouveaux questionnement et notamment l’éventualité de non pas un mais de cinq Boson de Higgs… De quoi justifier encore de nombreuses « Nuit des 2 infinis » !

Pour finir, il s’agit de savoir si tout le monde a bien compris. La nuit se termine ainsi par un quizz réalisé simultanément entre Grenoble et Massy. Résultat : une victoire de Massy qui a su honorer avec brio le patrimoine scientifique de son territoire.

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