Une commune passion pour le Japon. Rencontre avec Bertrand Marquet

MarquetNatPaysage
Nouvelle contribution de notre stagiaire, Nat Ouensou, qui rend compte ici de sa rencontre avec Bertrand Marquet, le cofondateur du Garage (Cité de l'Innovation de Nokia), à l’occasion de l’interview qu’il nous a accordée.

Vendredi 22 avril, mon tuteur s’apprête à accueillir Bernard Marquet, responsable de l’Open Innovation au sein de la Cité de l’innovation de Nokia pour une interview. D’ordinaire, il préfère aller à la rencontre des personnes. Cette fois, c’est la personne interviewée qui vient à lui, par commodité. Ils ont déjà eu l’occasion de se rencontrer. La fois précédente, c’était lors du premier workshop organisé au PROTO204, autour du… PROTOBUS. Pour en savoir plus, je vous renvoie aux entretiens que Sylvain Allemand avait réalisés, dont l’un avec… Bertrand Marquet, pour recueillir ses impressions (pour accéder à cet entretien, cliquer ici). Cette fois, c’est pour revenir sur son parcours. Je suis invité à participer à l’entretien. Naturellement, j’accepte en ayant pris le soin la veille de surfer sur le net pour m’informer sur cette personne.

Bertrand Marquet arrive un peu avant 10 h, l’heure à laquelle le rendez-vous était initialement fixé. Une ponctualité que ne manque pas de relever mon tuteur pour qui un bon journaliste se doit d’être à l’heure ! Sylvain met à profit l’avance de Bertrand pour le présenter à quelques-uns de ses collègues de l’EPA de Paris-Saclay, qui ne le connaissaient pas encore. Au passage, j’apprends que Bertrand Marquet compte parmi les cinquante personnalités les plus influentes en matière d’innovation en France, d’après le magazine Industrie et Technologies. Après tous ces échanges, nous nous installons dans la salle qui nous a été affectée. Non sans humour, Sylvain fait remarquer que nous sommes disposés d’une façon qui n’est pas s’en rappeler un « interrogatoire ». Afin que Bertrand se sente le plus à l’aise possible, nous changeons de place.

De surprise en surprise

L’interview peut commencer. Sylvain allume son dictaphone, tandis que je sors mon calepin. J’apprends suite à la première question, que Bertrand Marquet a cofondé avec deux autres collègues, Pierre Turkiewicz et Josselyne Gourhant, un lieu en forme de FabLab : le Garage, au sein de la cité de l’Innovation de l’ex Alcatel-Lucent (aujourd’hui Nokia), à Villarceaux. Parce qu’il ne repose pas sur la charte définie par le MIT, Bertrand ne revendique pas spécialement le mot de FabLab. Le Garage a bien sa préférence : après tout, c’est un nom commun, qui a l’avantage de pouvoir parler à tous. Celui de Bertrand a vocation à créer un espace où chacun des salariés peut exprimer ses idées et disposer des outils (des plus classiques aux plus sophistiqués, dont une imprimante 3D) pour les prototyper. « La diversité des compétences qu’on y croise suscite des rencontres, des confrontations d’idées et de projets ». Surtout, on y trouve des personnes passionnées et passionnantes. Or, la passion est le moteur de l’innovation, insiste Bertrand. Les personnes passionnées vont entraîner d’autres individus et ainsi de suite.

Bertrand Marquet se considère comme un entrepreneur mais sans l’âme d’un gestionnaire : il préfère lancer des projets – comme Le Garage – plutôt que de les gérer. Un point m’a agréablement surpris : en retraçant son parcours professionnel (comme il le fait sur son site), Bertrand Marquet n’hésite pas à mentionner ses échecs en les considérant à l’égal de ses réussites. Une attitude qu’il justifie en citant le célèbre inventeur américain Thomas Edison qui disait : « Je n’ai pas échoué, j’ai simplement trouvé 10 000 solutions qui ne fonctionnent pas ». Reconnaître ses échecs, nous dit encore Bertrand Marquet, est quelque chose de courant et même de valorisée dans la culture américaine, plus qu’en France où le fait d’échouer est plutôt mal perçu. Mais les esprits évoluent, considère-t-il.

Je n’étais pas au bout de mes surprises : au détour d’une question, j’apprends que Bertrand Marquet est… un introverti ! Une chose qu’il a longtemps pensée être un frein à l’entrepreneuriat innovant jusqu’au jour où il a découvert une conférence TED, animée par Susan Cain, auteur d’un ouvrage sur les introvertis : Le pouvoir des discrets (JC Lattès, 2013). Depuis, ce qu’il vivait comme un handicap est devenu un atout à ses yeux.

Des machiya à la mode de Paris-Saclay ?

Quand on en vient naturellement à parler de Paris-Saclay, Bertrand nous fait part d’un aveu plutôt amusant : à ses yeux, Paris Saclay n’a longtemps été qu’une… sortie d’autoroute sur la N118. Désormais, c’est un territoire dont il dit être tombé amoureux. Il dit croire aussi fortement dans son potentiel pour créer un écosystème dynamique. Il a pris habitude d’y prendre des clichés de lever de soleil, qu’il partage ensuite sur Twitter.

Pourquoi des lever du soleil ? Parce que cela évoque la situation de Paris-Saclay : un projet en émergence. Mais dans son esprit, cela évoque aussi le Japon (pays du Soleil-Levant…). Un pays qu’il aime particulièrement pour ses maisons traditionnelles, en particulier, celles de Kyoto, les Machiya. Un autre motif de surprise pour moi, qui aime aussi beaucoup ce pays ! Aussi me suis-je permis de lui demander s’il comptait s’inspirer de ces maisons traditionnelles pour ses propres projets architecturaux. Car Bertrand Marquet est aussi intéressé par l’architecture.

C’est alors qu’il sort son ordinateur… Et nous dévoile les images d’un projet architectural plutôt impressionnant qu’il mène avec Mathieu Lebouc de l’agence AD Rem Architecture. Il s’agit d’un bâtiment qui comporterait plusieurs petits « garages » disposés en cercle de façon à faciliter les rencontres au centre du bâtiment. Mais ce n’est pas tout. Il y est également question de jardins cultivés sur les toits ! Une construction très ambitieuse qui m’a beaucoup impressionné.

L’interview s’achève. Mais Bertrand se dit à disposition pour prolonger la discussion autour de notre commune passion pour le Japon. Une proposition que j’accepte avec grande joie. L’entretien a été l’occasion pour moi de découvrir l’activité et le parcours d’un acteur du territoire de Paris-Saclay. Il m’a permis aussi de vivre en direct une interview, dont je retiens la nécessité pour le journaliste d’être à l’écoute pour susciter un échange qui bénéficie autant à lui qu’à la personne interviewée. Une bonne expérience qu’il me tarde de réitérer !  Je vous donne d’ailleurs rendez-vous autour de la rencontre avec des membres de l’Union des chercheurs et étudiants chinois de Paris-Sud.

Par Nat Ouensou.

Pour accéder à l’entretien avec Bertrand Marquet, cliquer ici.

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