« Un territoire, c’est quelque chose de vivant, qui ne cesse d’évoluer. » Rencontre avec Justine Gonzalez

JustineGonzalez19Paysage
Etudiante en Master Economie et développement du territoire à l’Université de Rouen, elle a fait le choix de faire son stage de fin d’études à l’EPA Paris-Saclay et sa Direction Stratégie et Innovation. Témoignage.

- Qu’est-ce qui vous a amenée à poursuivre un stage à l’EPA Paris-Saclay et sa direction de la Stratégie et de l’innovation ?

Poursuivant un Master en économie et développement du territoire à l’Université de Rouen, je cherchais un stage de fin d’études. Initialement, je projetais d’en faire un à l’étranger. Mais, par le truchement de ma messagerie universitaire, j’ai eu connaissance de deux offres l’EPA Paris-Saclay. Elles émanaient de la Direction Stratégie et Innovation, l’une consistant à participer au montage d’un événement – Paris-Saclay SPRING en l’occurrence ; l’autre concernant la gestion de l’immobilier. La perspective de faire un stage au sein d’un EPA et de celui-ci en particulier m’intéressait pour au moins deux raisons. D’abord, je connaissais déjà l’écosystème Paris-Saclay pour avoir fait un stage à l’ENSAE (il s’agissait de participer à une étude statistique sur l’identification des « déserts médicaux ») ; déjà, à cette occasion, j’avais entendu parler de la première édition de Paris-Saclay SPRING. Le stage à l’EPA me semblait donc une belle opportunité de découvrir de l’intérieur l’organisation d’un tel événement. Ensuite, faire un stage dans un EPA me semblait pertinent dans le cadre d’un Master traitant d’économie et de développement territorial. De surcroît, il ne s’agissait pas d’un territoire anodin : Paris-Saclay est déjà reconnu comme étant un des dix clusters mondiaux.
J’ai donc postulé pour la première offre. C’était au début de cette année. J’ai eu un entretien dans la foulée. Dès le mois de mars, j’entamais mon stage et ce, pour une durée de six mois – il court jusqu’au 20 septembre.

- Comment s’est-il déroulé ?

Jusqu’à la mi-mai, j’ai été mobilisée à 100% dans quelque chose qui relevait davantage de l’événementiel : l’organisation de Paris-Saclay SPRING dont l’édition 2019 se déroulait le 15 mai. Ce à quoi ne m’avait pas forcément destinée ma formation plus orientée vers l’économie et la statistique…

- Est-ce à dire que vous avez été un peu déçue ?

Non, c’est tout le contraire. L’événementiel était juste quelque chose de nouveau pour moi, de même que la communication. J’avais tout à en découvrir. Ce qui ne pouvait que m’être bénéfique. Maintenant, je sais ce que c’est que d’organiser un événement dans un rush quasi permanent ! Vous vous retrouvez à travailler avec des partenaires qui ont des intérêts parfois différents. Vous prenez alors la mesure de l’importance du relationnel !

- Avec le recul, n’en êtes-vous pas venue à considérer que l’événementiel concourait aussi à l’économie sinon au développement du territoire ?

Si. Un événementiel comme Paris-Saclay SPRING, c’est de toute évidence un outil au service de l’attractivité du territoire. Ainsi, en participant à son organisation, j’ai pu mettre en pratique des acquis de mes cours, qui étaient jusqu’alors plutôt théoriques.

- Avez-vous été sensible au fait que Paris-Saclay SPRING, c’est aussi l’occasion pour les acteurs de l’écosystème de cultiver un sentiment d’appartenance à une même communauté ?

En effet. Les gens avaient manifestement plaisir à se rencontrer. Pour ceux qui venaient pour la première fois sur le Plateau de Saclay, c’était l’occasion de découvrir concrètement l’écosystème. Autant de choses qu’on ne souligne peut-être pas assez dans les manuels d’économie et de développement du territoire !

- Une fois l’édition 2019 de Paris-Saclay SPRING passée, sur quoi ont porté vos missions ?

Pour l’essentiel, il s’est agi de participer à l’accueil de délégations étrangères aussi bien que d’entreprises françaises ou même du territoire. Des missions encore riches d’enseignements : j’ai pu observer la manière dont on peut « vendre » un territoire… En cela, on se rapprochait encore des sujets traités au cours de ma formation.

- Au terme de votre stage, que retenez-vous encore de votre expérience d’un EPA comme celui de Paris-Saclay ?

L’extrême diversité des compétences réunies en un même lieu, et la polyvalence des personnes. L’EPA Paris-Saclay compte de l’ordre de 80 salariés et presque autant de profils différents. J’ai en particulier été très surprise de découvrir qu’un architecte pouvait par ailleurs être un spécialiste des questions de mobilité. Ici, à l’EPA Paris-Saclay, une même personne peut être amenée à aborder toutes sortes de sujets, à les croiser, soit en collaborant avec des gens très différents ou grâce, encore une fois, à une certaine polyvalence. Travailler en équipe n’en devient que plus enrichissant. Je pense ainsi avoir aussi beaucoup progresser dans ma compréhension des enjeux…

- Comment cela ?

Autant le reconnaître, les échanges de la première réunion à laquelle j’ai participé me sont un peu passés au-dessus de la tête : j’étais loin de tout comprendre ! Ici, les gens n’ont pas forcément fait le même cursus. Ils n’ont donc pas les mêmes références, la même culture professionnelle. Mais c’est en cela que c’est intéressant. Au final, j’ai le sentiment d’avoir beaucoup appris de cette confrontation permanente des points de vue. J’ai aussi beaucoup appris sur la dimension « politique » du développement territorial…

- C’est-à-dire ?

Je veux parler du rôle des élus, dont je n’avais pas forcément pris toute la mesure. Ici, à l’EPA Paris-Saclay, leur avis est pris en considération. Et pour cause : par définition, un EPA doit être au service du territoire et donc interagir avec ses élus, qui sont d’ailleurs présents dans son conseil d’administration. Mais les interactions avec eux sont régulières. Pas un projet dans lesquels ils n’aient leur mot à dire. Ce qui donne une couleur particulière au travail des chargés de projets, dans la mesure où ceux-ci doivent savoir dialoguer avec d’autres experts, mais aussi des élus.

- Et la suite de votre cursus, comment l’envisagez-vous ?

J’aspire à trouver un premier emploi à l’étranger, dans le cadre d’un VIE ou d’un dispositif de ce genre. Pour autant, je ne ferme pas la porte à l’éventualité de rester travailler en France. Dans un cas comme dans l’autre, je pense que mon passage par l’écosystème de Paris-Saclay, au travers des deux stages que j’y ai effectués, contribuera à booster mon CV car, comme je le disais tout à l’heure, on est tout de même dans l’un des dix premiers clusters au monde.

- A vos yeux, Paris-Saclay est donc une carte de visite attractive dans le CV d’un jeune en quête d’emploi ?

Oui, bien sûr ! D’ailleurs, et comme je l’ai également dit, cela a aussi pesé dans mon choix de me porter candidate à l’offre de stage de l’EPA Paris-Saclay. Quitte à rester en France, j’aimerais bien travailler sur les problématiques de développement de mon propre territoire, la Normandie en l’occurrence.

- Mais au fait, d’où vous vient cet intérêt pour les enjeux d’économie et de développement du territoire ?

Avant de choisir un master orienté dans ce domaine, j’avais fait une licence en sciences économiques. J’ai beaucoup appris durant ces années, mais avec le sentiment d’en rester à une vision encore abstraite, théorique, sans toujours savoir à quoi cela pourrait bien me servir. Sauf à mettre mes connaissances au service des territoires, justement. Un territoire a ceci d’intéressant que c’est quelque chose de vivant, qui ne cesse d’évoluer. Je donc trouve passionnant de voir comment en un laps de temps plus ou moins long, il bouge, change et, avec lui, sa population, qu’il s’agisse des habitants ou des usagers. En observant ainsi ce qui se passe dans un territoire, on peut mieux comprendre des évolutions de la société. De là, donc, le choix du Master Economie et développement du territoire.

- Un choix d’autant plus judicieux que vous l’avez fait à Rouen, qui compte d’éminents géographes spécialistes des enjeux de développement et d’aménagement du territoire (qu’on songe à Yves Guermond, Michel Bussi – celui-là même qui s’est rendu célèbre par la publication de romans – ou encore Arnaud Brennetot !). Cela étant dit, venons-en à la question des transports dont vous avez pu prendre la mesure de l’enjeu qu’elle représentait à Paris-Saclay. Vous qui venez de Rouen, comment avez-vous vécu cet aspect-là de l’écosystème ?

(Rire). J’ai cru en effet comprendre que les transports étaient la question qui fâche ! C’est en tout cas un sujet de discussion quotidien ! Mais je ne suis pas forcément la mieux placée pour en témoigner car j’ai eu la chance de résider à Orsay, durant toute la durée de mon stage. C’est donc à pied que je me rendais à l’établissement [sis à proximité de la gare Orsay Ville de la ligne B du RER].
Cela étant dit, je suis convaincue du fait que c’est l’amélioration des conditions de transport, qui conditionnera la réussite du cluster dans la durée. Même si j’ai aussi pu constater que ce cluster est déjà bien dynamique. Comme nous le disions à propos de Paris-Saclay SPRING, j’ai le sentiment qu’une communauté existe déjà, faite de chercheurs, d’entrepreneurs innovants, de startuppers… qui cultivent un réel sentiment d’appartenance au même territoire. Ce dont témoigne aussi au passage la toute récente labellisation Communauté French Tech de Paris-Saclay. Gageons aussi que les logements en construction ou à venir réduiront les déplacements contraints.
J’ai pu aussi mesurer à quel point Paris-Saclay est un territoire où il fait bon vivre, du fait de la proximité avec la nature, la forêt, les champs de blé… Malgré les problématiques de transport, il a des atouts qui le rendent déjà très attractifs et pas seulement dans la dimension économique du terme.

 Merci à Maud Joëssel pour la photo en illustration de cet article.

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