Un pionnier du cluster Paris-Saclay, Danone Research – Centre Daniel Carasso

DanonePaysage
Danone Research s’est installé sur le Plateau de Saclay, dès 2002, bien avant donc qu’on n’évoque le cluster Paris-Saclay. Depuis, il participe à plusieurs initiatives en vue de faire de ce dernier un véritable lieu de vie. Témoignage de son directeur, Hervé Plessix.

- Si vous deviez présenter Danone Research et le Centre Daniel Carasso?

Vous êtes ici dans un centre de R&D dédié à la recherche internationale pour les divisions Produits Laitiers frais et Eaux (laquelle comprend les eaux minérales et les autres boissons). Une recherche aussi bien scientifique et technologique, que tournée vers les sciences du consommateur. Car Danone s’est positionné sur l’alimentation qui a un lien positif avec la santé et ce, dans une perspective de prévention. Ce qui passe par une meilleure compréhension du contenu de nos assiettes, mais aussi de notre style de vie.

- Ce qui est rappelé dans le hall à travers la citation d’Hippocrate : « De ton alimentation tu feras ta première médecine »…

En effet. Danone ne prétend pas guérir, mais prévenir, en considérant que ce qui est bon pour notre santé d’aujourd’hui peut l’être pour notre santé de demain.

- Quels sont donc les profils des chercheurs travaillant ici ?

Notre Centre R&D réunit des compétences très variées. On y trouve des chercheurs en sciences du vivant, à commencer par des biologistes, qui travaillent sur tout ce qui touche à la fermentation, une des bases de notre métier, mais aussi sur la compréhension du fonctionnement de notre flore intestinale – le microbiote – dont le rôle sur notre santé est désormais reconnu. A quoi s’ajoutent des experts en alimentation : des nutritionnistes, des médecins, des chercheurs en sciences sociales et humaines, capables de comprendre les comportements des consommateurs et les incitations à même de faire adopter un mode de vie alimentaire sain.
Enfin, nous comptons aussi des experts en technologie. Ils travaillent au sein d’un atelier pilote [notre photo] qui permet d’inventer, de tester, de développer des procédés de fabrication du futur.

- Danone Research est installé sur le Plateau de Saclay, à proximité de Polytechnique et ce, depuis 2002, autrement dit bien avant qu’on n’évoque le cluster de Paris-Saclay. Qu’est-ce qui avait présidé à ce choix de localisation ?

D’abord, la volonté de Danone de rassembler en un même lieu ses différents centres de recherche répartis en Région parisienne. Plusieurs sites avaient été envisagés. C’est finalement le Plateau de Saclay qui a été choisi et ce, pour plusieurs raisons, qui sont liées à l’espace disponible, à la proximité de Paris, mais aussi à ce qui se profilait déjà, à savoir l’arrivée à terme de plusieurs grands instituts de recherche. Je pense tout particulièrement à l’Inra et l’AgroParisTech, qui sont des partenaires essentiels pour nous. Autrement dit, la perspective de se retrouver au cœur d’un écosystème de l’innovation a aussi fortement pesé dans notre choix.

- Avec le recul, avez-vous le sentiment que c’était effectivement le bon choix ?

Oui, nous sommes satisfaits de ce choix avec le sentiment d’avoir anticipé sur un projet qui, entretemps, a pris une toute autre ampleur. Si j’ai un regret, c’est que son lancement ait pris plus de temps que prévu. Pour l’heure, si la dynamique est lancée, si un écosystème est à l’évidence en train de se constituer, nous nous sentons encore un peu seuls. Certes, nous comptons désormais à nos côtés l’IOGS, Thales et, depuis peu, EDF. Mais nous attendons avec impatience l’arrivée de l’Inra et d’AgroParisTech !
Nous attendons également avec la même impatience l’amélioration des moyens de transport. Car les conditions d’accessibilité restent encore un frein important à notre développement.

- Dans quelle mesure cette problématique vous a-t-elle incité à vous impliquer dans le territoire et son aménagement ?

Le Centre Daniel Carasso est de fait un acteur du territoire aux côtés des autres entreprises qui y sont installées. Il un des membres fondateurs de l’association Polvi qui, rappelons-le, a vocation à faire entendre la voix des établissements concernés par les aménagements du sud plateau, qui touchent à l’environnement de travail de leurs salariés. Je la préside depuis 2014. A ce titre, nous avons pris part aux discussions autour des infrastructures de transport et des voiries. Nous voulons être une force de propositions auprès de l’EPA Paris-Saclay et des autorités locales, pour faire avancer le plus rapidement possible les projets d’infrastructures dont nous avons absolument besoin. Naturellement, je pense à la ligne 18 du métro automatique, qui lèvera des freins à notre développement, en permettant de rallier le plateau depuis Orly et, plus tard, Versailles-Chantiers.

- Le commun des mortels a souvent la perception d’entreprises hors-sol par rapport à leur environnement. Dans quelle mesure cette implication a-t-elle contribué à vous ancrer encore un peu plus sur ce territoire ?

De fait, nous nous considérons comme acteurs du territoire. Une réalité somme toute naturelle dans le cas de Danone. Dans la culture de l’entreprise, on rencontre en effet la notion de « double projet », suivant laquelle la réussite de l’entreprise doit être à la fois économique et sociale. Ce qui incline à toujours travailler, où que nous soyons, avec les autres acteurs de notre écosystème. En tant que directeur du Centre Daniel Carasso, une de mes fonctions est d’ailleurs d’entretenir les liens avec ces derniers. D’où mon implication au sein de Polvi et de bien d’autres initiatives comme, par exemple, le WAW Lab [pour en savoir plus, cliquer ici].

- … qui a vocation à faire de Paris-Saclay « un laboratoire du bien-être au travail »…

Oui et c’est en cela que c’est intéressant. Tant qu’à faire de Paris-Saclay un cluster de l’innovation, autant qu’il soit innovant y compris au regard de l’environnement de travail. On parle de plus en plus de faire de Paris-Saclay une Smart City sinon une Ville durable. C’est une très bonne chose. Mais celle-ci n’aura de sens que si elle contribue au bien-être des salariés.

- Est-ce aussi dans ce sens-là que vous encouragez des initiatives internes comme celle qui a débouché sur Musique sur un Plateau ? [pour en savoir plus, cliquer ici].

Oui. De manière plus générale, notre site s’inscrit dans la politique volontariste de développement du bien-être au travail du groupe. Cette politique découle d’une conviction : le bien-être des salariés est contagieux ; il engendre un cercle vertueux dont l’entreprise profite directement. Les initiatives que vous évoquez s’inscrivent dans cette vision.
Parce que le comble serait de contraindre des salariés au prétexte que c’est pour leur bien-être, nous avons, pour notre part, privilégié une démarche participative : les initiatives sont portées par des salariés volontaires. C’est le cas de la création d’un potager, une initiative qui fait, notons-le au passage, pleinement sens au regard de la vocation du site et à la mission de l’entreprise autour de l’alimentation. La plupart de ces initiatives suscitent un intérêt en interne, mais aussi en externe. C’est pourquoi nous n’hésitons pas ensuite à communiquer sur elles.

- Travailler ainsi sur le bien-être au travail est-il aussi une manière de compenser les désagréments liés aux conditions de transports que vous évoquiez ?

Oui, bien sûr. Les attentes de nos salariés sont fortes en la matière. Le bien-être au travail passe bien évidemment aussi par les conditions d’accessibilité à son lieu de travail, au temps et aux conditions de transport. Sans compter les travaux liés à l’aménagement de la voirie et de la ligne de bus en site propre, qui nous ont fortement impacté. Vivement que nous puissions enfin profiter du cadre de vie du futur campus !

- Etes-vous confiant ?

Oui. Les choses se mettent en place. C’est d’ailleurs le message que nous portons à l’extérieur. Nous allons enfin profiter du campus, y compris dans sa dimension humaine, à travers toutes ces les initiatives qui voient le jour ici et là. Nous commençons à ressentir une certaine effervescence et c’est le côté agréable de notre présence sur le Plateau de Saclay. A se demander même parfois s’il ne commence pas à y en avoir un peu trop ! Les gens qui travaillent sont loin de savoir tout ce qui se passe ici. Moi-même, malgré mon poste d’observation privilégié, je n’en ai qu’une connaissance partielle. Le temps est venu, me semble-t-il, de songer à mettre en place un portail, qui permettrait d’avoir un aperçu des manifestations – des conférences scientifiques aux festivals en passant par les ateliers et autres séminaires – qui sont programmées ici, ne serait-ce que pour permettre à tout un chacun de les sélectionner en fonction de son emploi du temps et de ses moyens de déplacement. On y revient.

- L’écosystème voit aussi des initiatives participant d’une agriculture urbaine et qui répondent manifestement à de nouvelles aspirations de la population au plan alimentaire, sans compter les startuppers qui investissent le champ de l’alimentation. Qu’est-ce que cela vous inspire-t-il ?

Même si nous n’avons pas de liens directs avec ces initiatives, c’est un mouvement que nous observons avec intérêt. D’autant que le Centre Daniel Carasso a vocation à tester des idées que, demain, nous pourrions développer à une plus grande échelle. A titre d’exemple, je citerai notre programme « Bien dans mon assiette », qui vise à proposer sur le lieu de travail une offre alimentaire et nutritionnelle bénéfique au plan de la santé. Nous nous intéressons donc au contenu de l’assiette mais aussi à tout ce qu’il y a autour, comme les pratiques sportives (nous disposons ici d’une salle de sport). Les salariés qui le souhaitent peuvent solliciter les conseils d’une nutritionniste présente sur place.
De manière générale, nous sommes aussi attachés à contribuer à l’économie locale. Quand c’est possible, nous veillons donc à travailler avec des acteurs locaux. A titre d’exemple, pour les besoins de notre restaurant d’entreprise, nous nous approvisionnons en pain auprès d’une boulangerie essonnienne. Par ailleurs, l’entretien de nos espaces verts a été confié au CAT (Centre d’aide par le travail) La Cardon de Palaiseau.

- Dans quelle mesure l’écosystème favorise-t-il des collaborations plus improbables que celles attendues avec l’Inra et AgroParistech ? Fondez-vous d’ailleurs des espoirs sur le potentiel de rencontres plus fortuites qu’il peut offrir ?

Naturellement, et c’est pour nous une perspective stimulante. En dehors de partenariats formalisés, il y a tout cet informel qui fait le quotidien de nos interactions au sein de l’écosystème. Déjà, nous avons noué des liens avec la chaire de cuisine moléculaire fondée par Thierry Marx et Raphaël Haumont au sein de l’Université Paris-Sud. Voici quelques jours, nous avons rencontré l’équipe du Drahi X-Novation Center de Polytechnique. On pourrait multiplier les exemples. Comme on le sait, c’est de ce genre de rencontres que naissent des idées pouvant déboucher sur de l’innovation. Voici un autre exemple qui illustre cette fois que cette réalité touche tout le monde. Il concerne le réseau des responsables sécurité environnement constitué au sein de Polvi. Désormais, ces responsables se rencontrent régulièrement, dans le cadre d’un club informel. Pas plus tard qu’hier, notre propre responsable sortait enthousiaste de sa réunion, avec, disait-elle, plein d’idées nouvelles. Une illustration du fait que l’écosystème Paris-Saclay est déjà une réalité : il permet d’être plus créatif, plus imaginatif et ce, dans tous les domaines.

- Comme voyez-vous la suite à plus ou moins longue échéance ?

J’accorde beaucoup d’importance au développement de la dimension humaine de l’écosystème. J’attends donc avec impatience le moment où les salariés qui travaillent ici, au Centre Daniel Carasso, iront naturellement à une conférence sur le climat, ici, une conférence sur l’innovation, là, ou tout simplement faire escale à la cafét’ de l’IOGS ou du campus EDF, tout proches. C’est alors qu’on pourra dire que le pari de créer un cluster est gagné. L’écosystème fait déjà ses preuves au plan des partenariats. Mais pour parvenir à cette dimension humaine, il faut des conditions de circulation dignes de ce nom. On y revient encore et toujours !

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