Un binet pour start-uppers polytechniciens

Cabinetstartup2Paysage
Marc et Victor sont en 2e année de Polytechnique. Avec un autre élève de leur promotion, ils ont créé le Cabinet Start-Up, un « binet (association dans la tradition polytechnicienne) dédié aux porteurs de projets de start-up. Ils sont également à l’initiative du premier « Startup Weekend » organisé sur le campus de l’X, les 7-8-9 mars prochains. Témoignages.

Marc Sanselme est natif de Clermont-Ferrand où il a vécu jusqu’à ses années de classe prépa. Victor Schmidt vient, lui, de Paris. Ils ont intégré l’École polytechnique en 2012 et sont actuellement en 2e année. Avec un troisième élève, Nathanaël Romano (parisien également), ils ont fondé le Cabinet Start-up. Cabinet ? Victor : « C’est en référence aux toutes petites pièces dont les associations de l’X disposaient dans les anciens locaux parisiens de l’école » (et dont les associations actuelles ont conservé le souvenir à travers le diminutif « binet »).

La création du Cabinet Start-up, due à Marc, qui en assure en conséquence la présidence, est partie d’un constat : « Aujourd’hui plus que jamais, on constate un vrai engouement pour l’entrepreneuriat. Mais celui-ci est encore trop peu présent dans la vie des élèves de l’X en début de cycle. » Il est vrai qu’il faut attendre la 3e année pour pouvoir suivre un programme d’approfondissement sur ce thème. Résultat : « Les élèves de première et de deuxième années qui ont déjà des interrogations sur les start-up ne savent pas toujours à qui s’adresser. »

De là l’idée, donc, du Cabinet Start-Up dont la vocation est de les orienter vers les bonnes personnes au sein de l’administration comme à l’extérieur de l’école. Mais elle est aussi de servir de relais pour les start-up créées par des anciens, en quête de stagiaires ou de Bêta Testeurs (autrement dit, des testeurs de nouvelles versions de logiciels, d’applications ou de jeux vidéo) ou qui souhaitent tout simplement communiquer auprès des élèves.

Un réseau social en somme ? « Oui, mais au sens propre, corrige Victor : l’idée est de favoriser les rencontres et d’apporter une assistance concrète. Notre valeur ajoutée par rapport à l’existant géré par les élèves (Junior Entreprise ou Forum des entreprises) réside d’ailleurs là, dans la mise à disposition de notre réseau de contacts. »

Pourtant, ni Marc, ni Victor, ni Nathanaël n’ont encore la moindre expérience dans la création d’une start-up. Sauf à considérer, avec Victor, que la constitution du Cabinet participe d’une démarche entrepreneuriale. « Même si nous sommes soutenus, encadrés, nous sommes partis de rien. Comme des start-uppers, nous sommes dans un processus de création ». A quoi s’ajoute l’expérience acquise à travers l’organisation du premier « Startup Weekend » sur le Campus de l’école, les 7-8-9 mars prochains. Pour mémoire, il s’agit d’un concept importé des Etats-Unis dont le but est de proposer à des élèves de tous horizons de se réunir le temps d’un week-end prolongé pour créer un projet de startup en 54 heures chrono ! (voir présentation sur le Média Paris Saclay, en cliquant ici).

A l’origine, les fondateurs du Cabinet Start-Up avaient une tout autre idée en tête : créer un incubateur ! Ni plus ni moins. « Nous avions entendu parler de celui de Stanford. » Très vite, ils comprennent qu’une telle structure, en plus de devoir être externalisée, suppose d’importants moyens pour fonctionner. Victor : « Cette référence ne nous a pas moins encouragés à poursuivre notre démarche associative : après tout, cet incubateur est issu de l’initiative d’une association d’étudiants qui n’avaient encore aucune expérience dans la création de start-up ! ».

« De fil en aiguille, poursuit Marc, nous nous sommes orientés vers le projet actuel : aider les élèves à trouver les bons contacts. » Désormais, les candidats à la création d’une start-up peuvent donc s’adresser à Cabinet Start-Up. Victor : « Même si nous n’avons pas de réponses immédiates à leurs questions, nous saurons les aiguiller au sein de l’administration. Autant il n’est jamais très simple pour un élève d’aller toquer à une porte, sans savoir où il met les pieds, autant nous, nous en avons l’habitude et ne demandons qu’à faire profiter de nos contacts, aussi bien en interne qu’en externe. » A cet égard, l’organisation du Startup Weekend a été une expérience bénéfique. Victor : « Elle nous a permis d’identifier de nombreuses personnes ressources. »

Manifestement, le Cabinet Start-up correspond à un réel besoin. Créé à la rentrée 2013, il a d’ores et déjà suscité la curiosité d’élèves. Marc : « Notre appel à volontaires a été entendu ». Victor : « La Kes, le bureau des élèves de l’X, a déjà pris l’habitude de nous consulter et de nous envoyer des élèves. L’administration soutient aussi totalement notre initiative,  en relayant, par exemple, des informations. »

Reste à l’association à se faire encore connaître et à étoffer son « carnet d’adresses ». Marc : « Il y a tellement d’associations à l’X ! » De là l’idée d’organiser un événement sous la forme du Startup Weekend. Victor : « Il nous offre l’opportunité de nous faire connaître aussi bien en interne qu’en externe et d’enclencher une dynamique à partir des liens noués à cette occasion. » En bons « professionnels », Marc, Victor et Nathanaël ont élaboré un plan de communication en ciblant des écoles d’ingénieurs et d’informatique, où, constatent-t-ils, le concept du Startup Week end est encore méconnu. Victor : « Mais si les élèves des écoles de commerce connaissent bien l’événement, ils peinent, eux, à trouver des compétences pour leur projet de start-up. » Ces écoles ont donc aussi été ciblées : « Notre événement sera l’occasion pour leurs élèves d’identifier des partenaires possibles parmi les ingénieurs. » Au-delà des moyens qu’il met en œuvre, le Cabinet Start-Up peut aussi compter sur les relais au sein de la communauté des Startup Weekend organisés à travers le monde. Et Marc d’insister : « Ce rapprochement entre élèves d’écoles d’ingénieurs et d’élèves de commerce ou de management permet de favoriser la mise en contact de profils différents, ingénieurs et commerciaux. » Le projet de Startup Weekend reçoit de fait un accueil favorable. Le trio a déjà été approché par des élèves d’HEC, mais aussi de l’Essec et quelques autres écoles de commerce et de management de la Région parisienne.

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