Techinnov Events, the place où il fallait être

TechinnovPaysage
La 9e édition de Techinnov se tenait le 12 février dernier à l’aéroport d’Orly. Retour sur le plus important événement européen de l’innovation, où l’on peut croiser de nombreux acteurs de Paris-Saclay.

Des tables, des tables et encore des tables, avec plein de gens attablés autour. C’est peut-être ce qui frappe le plus le visiteur qui se rend pour la première fois à Techinnov, le plus important événement d’Europe dédié à l’innovation, organisé par les CCI de l’Essonne et du Val-de-Marne, à la Terrasse de l’aéroport d’Orly, donnant à celle-ci, le temps d’une journée, une curieuse ambiance de ruche, bien éloignée de celle des salons professionnels habituels.

Des tables, même à l’heure de la « transformation numérique »

Constat d’autant plus surprenant que, cette année, c’est le numérique qui avait été mis à l’honneur à travers une conférence d’ouverture dédiée, sur le thème « Transformation numérique, osons dire oui ! » ainsi qu’une convention sur-mesure : « Techinnov ITMeetings » tandis que Axelle Lemaire, Secrétaire d’Etat en charge du numérique était conviée au titre d’invitée d’honneur.

Mais des tables, après tout, quoi de plus naturel ? L’intérêt de ce rendez-vous est justement de faciliter les rencontres entre porteurs de projets, mais aussi les diverses institutions en charge de la promotion de l’innovation. Et quoi de mieux qu’une planche et quatre pieds, même à l’heure du numérique et des réseaux sociaux, pour négocier ou commencer par déjà faire plus ample connaissance. Table, dont l’équivalent italien banca, notons-le au passage, a donné banque… (a contrario, la banqueroute n’est autre que le moment où la table est renversée, empêchant toute négociation possible dans une relation apaisée et de confiance). C’est dire la charge symbolique de ce mobilier on ne peut plus basique, jusques et y compris dans des univers aussi stratégiques que la banque ou le numérique.

9 500 rendez-vous, 1 600 participants

Des tables donc, recouvertes d’une nappe jaune, avec une petite lampe, deux trois sièges autour, alignées dans le moindre espace et séparées par de sommaires cloisons. Bref, tout sauf un cadre confortable. C’est que le but n’est pas de s’y éterniser encore moins de s’y restaurer (d’autres tables sont prévues à cet effet dans le restaurant et le self-service situés au même étage), mais de rencontrer le maximum de personnes en un minimum de temps. Même pour les professionnels de l’innovation, le temps reste de l’argent. D’ailleurs, toutes les 20 min, un gong retentissait, donnant le signal d’un changement de jeu de chaises musicales. A voir la manière dont les discussions s’engageaient, la pratique est manifestement rodée et appréciée. Comme les années précédentes, c’est pas moins de 9 500 rendez-vous qui avaient été programmés, par quelque 1 600 participants.

Pour l’organisation de ses rdv, Techinnov s’appuie sur une expérience de près de dix ans. Mais au regard de sa vocation – vitrine de l’innovation – et du thème de cette année – le numérique – la manifestation se devait de donner l’exemple, en innovant. Ce qu’elle a fait en proposant cette année :

- une plate-forme Internet permettant aux participants de prendre RDV avec des interlocuteurs pertinents pour leurs projets et de les rencontrer physiquement au cours des conventions d’affaires et de R&D le jour J.

- une convention de financement, les Techinnov Funding Meetings, parrainés par KPMG, au cours de laquelle 29 créateurs sélectionnés étaient présentés à des investisseurs.

- des « présentations flash » d’une vingtaine de sociétés et laboratoires proposant des solutions innovantes, ainsi qu’un programme d’ateliers thématiques proposés par les partenaires de l’événement.

La vitrine des capacités d’innovation franciliennes

On avait beau y discuter business et B to B, participer à des « Industry Meetings » (pour identifier de nouveaux partenaires technologiques et commerciaux), des ITMeetings (entre porteurs de projets et fournisseurs de solutions Web&Apps), des Funding Meetings (pour promouvoir l’émergence d’entreprises innovantes), des R&D Meetings (des rendez-vous programmés autour de projets R&D), des présentations flashs (des entreprises sélectionnées présentent pendant 10 minutes, leur activité et expriment leurs recherches de partenariat et/ou leurs projets de développement) et autres Biotech Meetings (entre les PME et les grands donneurs d’ordre de la filière des biotechnologies et de la santé), la langue officielle restait bien le français. Et pour cause : Techinnov se veut d’abord « la vitrine des capacités d’innovation franciliennes ». Les participants viennent pour l’essentiel des quatre coins de la France. D’où d’ailleurs le choix de localisation de la manifestation : la Terrasse de l’aéroport d’Orly (qui assure notamment les correspondance avec les aéroports régionaux). Le fait est, on s’y rend facilement (par le Val, le métro automatique, qu’on récupère à la station Antony de la ligne du RER B). Autre avantage tout sauf anodin, en ce 12 février frais mais ensoleillé : entre deux rendez-vous, on peut aller contempler le ballet d’avions aux couleurs de leur compagnie aérienne.

Mais, et on peut y avoir un autre signe de l’intérêt suscité par la manifestation, peu de participants s’attardent sur cette terrasse. A l’évidence Techinnov Events est the place to be pour accélérer les recherches de financements des entreprises en croissance, mais aussi favoriser les rencontres, les échanges et la visibilité des acteurs de l’innovation : industriels, grands comptes, PME/PMI, start-up, ou encore acteurs de la recherche publique et privée. Pas de temps, donc, à se laisser aller à la contemplation, fût-ce de beaux objets techniques volants.

De nombreux acteurs de Paris-Saclay

Parmi les territoires franciliens, Paris-Saclay était particulièrement bien représenté avec un stand de l’EPPS à l’entrée et bien d’autres acteurs du territoire, dédiés à la recherche (CEA), à l’entrepreneuriat innovant (IncubAlliance, Finance & Technologie,…), des industriels (Alstom, Safran, Sanofi…) et leurs réseaux (dont Opticsvalley). Sans oublier des start-up et des investisseurs. Personnellement, nous y avons croisé le duo de Spread, François Mériaux (que nous avons eu l’occasion de portraituer ; pour accéder au portraiturer, cliquer ici) et son associé, Jakob Hoydis, plutôt confiants quant aux possibilités de levées de fond.

Entre deux échanges, les participants peuvent aussi assister à des conférences. En ce début d’après midi, c’est Paris-Saclay qui avait les honneurs dans le cadre d’un atelier. En préambule, Halima Mrabti, de la direction du développement économique de l’EPPS, en rappelle en quelques slides le potentiel : le territoire compte pas moins de 5 clusters dans les secteurs stratégiques suivant : Mobilité, TIC, Défense/Sécurité, Santé et Energie, constitués chacun d’au moins une centaine de grandes entreprises de renom et de milliers d’emplois qualifiés. Sans compter bien sûr la valeur ajoutée apportée par la constitution de l’Université Paris-Saclay fédérant aussi bien des universités que de grandes écoles et des organismes de recherche.

Dans le top 8 des clusters d’avenir

Une présentation suivie des témoignages de représentants de trois grandes entreprises présentes sur ce territoire (illustrant chacune un des clusters) : Laurent Schmidt, Vice-Président Smart Grid chez Alstom Grid (pour l’Energie), Fatima Bakhti, directrice du Projet de Transformation « Cité de l’Innovation » d’Alcatel-Lucent (TIC) et Jean-Marc Bourez, responsable e-santé en cardiologie chez Sanofi (Santé).

Loin de profiter de l’opportunité pour se livrer à une communication corporate de leurs entreprises respectives, chacun d’eux s’est appliqué à montrer en quoi son insertion dans l’écosystème de Paris-Saclay était une opportunité compte tenu de la présence de grandes écoles, de laboratoires et de centres R&D sans compter les lieux innovants pour l’entrepreneuriat, qui les amènent à repenser leurs modèles d’innovation, aussi bien en externe (vis-vis des académiques et des start-up) qu’en interne (en incitant, par exemple, leurs ingénieurs à prototyper leurs idées). Emblématique à cet égard est la création du Garage, sur la Cité de l’innovation d’Alcatel-Lucent (et sur lequel nous reviendrons d’ailleurs à travers une interview avec ses fondateurs).

Il faut dire que parmi les diapositives présentées par Halima Mrabti, une a fait particulièrement sensation : celle du classement établi en juillet 2013 par la prestigieuse MIT Review Technology, selon lequel Paris-Saclay figure parmi les 8 clusters mondiaux d’avenir. Chacun de nos trois intervenants avait d’autant moins de scrupule à faire part de sa fierté à participer à l’aventure, quitte à brûler quelque peu les étapes en rangeant, au prix d’un même lapsus, Paris-Saclay « dans le top 5 »…

Voilà pour un aperçu de cet événement qui se prolongeait jusqu’en fin d’après midi avec bien d’autres conférences. D’après nos informations, les tables aux nappes jaunes n’ont cessé de bruisser d’échanges prometteurs jusqu’au cocktail final.

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