StelLab, un viaduc pour valoriser la recherche (2e partie)

Suite de notre rencontre avec le directeur scientifique en charge des technologies futures au sein du Groupe PSA Peugeot Citroën, qui a présidé le jury du Prix de la Valorisation 2012 de l’Université Paris-Sud. Toujours au cœur de StelLab, la toute nouvelle structure d’animation scientifique qu’il a créée, il témoigne de la notoriété de cette dernière, jusqu'à Wuhan, en Chine.

Pour accéder à la première partie, cliquez ici.

- Lors de la remise du prix de la Valorisation, vous aviez évoqué la notoriété de Paris-Sud, jusqu’en Chine…

L’Université Paris-Sud jouit effectivement d’une très bonne notoriété dans les grandes Universités scientifiques chinoises et notamment à Wuhan. Ainsi, l’Université HUST a noué de longue date avec l’Université Paris-Sud des partenariats d’enseignement et de recherche et j’ai été agréablement surpris de découvrir dès mon premier voyage à Wuhan à quel point l’Université de Paris-Sud est connue dans cette Université pour plusieurs domaines scientifiques au nombre desquels l’optique. Cela tient à une tradition relativement ancienne de collaboration. Des chercheurs de l’Université Paris Sud se sont rendus à Wuhan, bien avant que la Chine ne devienne à la mode. Or les Chinois sont très sensibles aux relations de fidélité. De nombreux étudiants chinois de Wuhan sont venus et continuent à venir à Paris-Sud. Nous même venons de recruter comme doctorant CIFRE un jeune ingénieur chinois diplômé de HUST et de Polytech Paris-Sud. Par ailleurs, la chaire d’Optoélectronique que nous créons à Paris-Sud sera connectée à l’OpenLab que nous montons à Wuhan. A notre façon, nous concourons ainsi à approfondir les liens établis de longue date entre les deux universités.

- Un mot sur le lieu où nous sommes…

Vous êtes ici au sein du Hub StelLab 1.0 (pour Science & Technology Exploratory Lean Laboratory), la nouvelle structure d’animation scientifique du Groupe PSA Peugeot Citroën, que mon équipe a conçue après le lancement officiel du réseau StelLab en octobre 2010, en présence d’Albert Fert. Inauguré en novembre dernier, ce hub constitue le point central de rencontre un réseau d’OpenLabs implantés au cœur de campus académiques français et étrangers. A ce jour, il en existe une demi douzaine qui sont opérationnels, sans compter la cellule d’innovation Stellab@EPFL de Lausanne et d’autres OpenLabs en cours de constitution, notamment à Rio de Janeiro (PUC) sur les biocarburants ; à Shanghaï (TongJi University) sur les interfaces homme machine, et à Wuhan (HUST) en optique dans le cadre d’un partenariat avec l’Université Paris-Sud.

Tous visent à identifier des opportunités technologiques pour les mobilités du futur. Une fois des « signaux faibles » détectés, nous  « exfiltrons » les technologies concernées pour les amener , ici au Hub StelLab, à des niveaux de maturité suffisants pour être envisagées dans des applications automobiles, tout en poursuivant notre collaboration avec les chercheurs académiques partenaires, sur un mode plus confidentiel.

Pour la conception des Open Labs, nous nous sommes inspirés des bonnes pratiques de grands groupes industriels français et étrangers qui avaient déjà développé une expérience en matière de laboratoires communs avec les universités et écoles d’ingénieur. A terme, nous envisageons de faire évoluer la structure et la localisation du Hub au sein de notre centre R&D de façon à accueillir plus facilement nos partenaires universitaires et d’y organiser des conférences et séminaires.

- Seriez-vous parvenu à un juste équilibre entre la logique de la propriété industrielle et celle de l’open source ?

Si on veut travailler davantage avec les chercheurs universitaires, on ne peut les soumettre à des contraintes et contrôles trop drastiques, mais on doit être vigilant sur les questions de propriété industrielle et de liberté d’exploitation. Nos OpenLabs doivent être tout sauf des « Fort Knox », sans quoi ils perdraient leur raison d’être. Trop de digicode nuit aux échanges informels ! Au bout d’un certain temps, nos partenaires universitaires finiraient par se lasser. On veille donc à faire de nos OpenLabs de vrais lieux ouverts qui pourraient accueillir, outre des spécialistes des sciences de l’ingénieur, des musiciens, des sociologues, ou des biologistes… Ce n’est qu’une fois les signaux faibles détectés, qu’on passe d’un mode « open » à un mode de collaboration plus confidentiel, avec bien sûr l’accord de nos partenaires universitaires. Si cela se fait naturellement dans certains pays anglo-saxons, en France, en revanche, il y a encore du chemin à faire pour inscrire ce type de collaboration dans les habitudes.

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