Stage en STAPS. Rencontre avec Alphée Dupuis-Mombo

Alphée2019Paysage
Avec ses nombreux établissements de recherche, l’écosystème de Paris-Saclay est un vivier de stages y compris pour les collégiens (qui doivent en faire un en 3e). En voici une illustration avec cette jeune adolescente, au collège Joseph Bara de Palaiseau, qui a effectué le sien en décembre dernier à l’UFR STAPS d’Orsay.

- Pour commencer, pouvez-vous décrire votre semaine passée au sein de l’UFR STAPS du campus d’Orsay ?

Ma semaine de stage s’est déroulée en deux temps : les premiers jours, je les ai passés dans les locaux de l’UFR STAPS, à suivre l’activité de recherche. J’ai assisté à deux soutenances de thèse. L’une sur le rapport force/vitesse du haut du corps durant de l’escalade de vitesse et de l’escalade d’endurance, l’autre sur les bienfaits du yoga et de la méditation sur l’alexithymie [la difficulté à identifier, différencier et exprimer ses émotions] et le stress (là, j’ai un peu moins compris, car elle était en anglais !). En raison des mouvements de grèves, des membres du jury n’avaient pu se déplacer jusqu’à l’UFR et intervenaient donc en visio-conférence.

- Qu’est-ce que ces travaux de thèse et leur soutenance ont inspiré à la collégienne que vous êtes et qui en est donc loin, si tant est d’ailleurs que vous aspiriez à en faire une plus tard…

Ce que j’ai compris, c’est qu’une thèse, c’était beaucoup d’années d’études et beaucoup de travail sur un sujet pointu. J’ai senti aussi que la soutenance était un moment important, solennel : les membres comme les doctorants étaient particulièrement bien habillés ! En dehors de cela, j’ai visité des salles équipées de toutes sortes d’appareils, un tapis roulant par exemple ou un vélo fixe, servant à mesurer le rythme cardio-vasculaire.

- Et l’ambiance générale, correspondait-elle à l’idée que vous vous faisiez d’une UFR STAPS et, de manière générale, du monde de l’enseignement supérieur et de la recherche ?

Oui, même si, hormis les doctorants, qui soutenaient leur thèse, j’ai rencontré peu d’étudiants (la plupart étaient en évaluation). J’ai quand même trouvé l’ambiance agréable, une ambiance à la fois studieuse et conviviale – bien que très occupés, les chercheurs prennent le temps d’échanger autour d’un café ou d’un repas. Durant pratiquement toute la durée du stage, j’ai été accompagnée par Agnès Olivier, qui fait à la fois de la recherche et de l’innovation. Elle travaille actuellement sur l’amélioration des protège-dos. Elle m’a donc impliquée dans ses recherches, d’abord en me confiant un état de l’art sur les normes et réglementations existant en la matière, sur les protège-dos qu’on pouvait trouver dans le commerce, les résultats des tests auxquels ils sont soumis – j’ai pour cela surfé sur internet. Avec Agnès, nous avons pu constater qu’il y avait encore peu de résultats disponibles et qu’il y avait donc bien là un sujet à traiter.

- Voilà pour les premiers jours. Comment s’est déroulée la suite de votre stage ?

Mes derniers jours, je les ai passés au centre équestre. Faisant de l’équitation, j’attendais ce moment avec impatience. Le premier jour, j’ai appris, aux côtés d’une palefrenière, en stage elle aussi, à nettoyer un box copeaux…

- Un box copeaux ?!

Oui, un box où on met des copeaux de bois sur le sol, plutôt que de la paille, afin de prévenir des risques de mauvaise aglutition par le cheval, avec tout ce qui s’en suit en termes de coliques… Je vous passe les détails ! L’usage de copeaux permet d’éviter cela. La contrepartie, c’est que le box doit être rafraîchi tout ou partie chaque jour. Parmi les chevaux, deux étaient blessés. J’ai pu ainsi apprendre certaines choses en matière de soin, de bandage, de pansement ou encore d’exercices de rééducation – avec la palefrenière, nous les avons fait marcher chaque jour, dix minutes le matin, autant le soir. Ce n’est pas tout : j’ai aussi assisté à un cours de handisport, à cheval. Très intéressant ! Enfin, j’ai pu moi-même monter à cheval le temps de tests pour les besoins des recherches d’Agnès sur les protège-dos. Elle m’en a fait porter successivement de trois sortes : l’un articulé ; un autre avec une protection juste dorsale ; enfin, un gilet normal,  dont le port est obligatoire en cross. Il s’agissait d’observer les changements de posture que chacun entraînait. Des morceaux de tissu orange fluo avaient été posés dessus de façon à faire apparaître le mouvement de mon corps, sur la vidéo enregistrée par une caméra lors de mes passages entre deux barres au sol. Je devais passer à différentes allures – trot assis, trot enlevé, en transition et galop…

- Vous avez donc pu faire bénéficier de votre pratique de l’équitation ?

… et tirer des enseignements utiles pour améliorer ma position sur un cheval ! Car en la comparant avec ou sans protège-dos, j’ai pu constater que j’avais tendance à être plus en avant quand j’en portais un. Et puis, avant de faire les tests, j’ai pu découvrir à l’occasion le yoga sur le cheval.

- ?!

C’est du yoga, mais à cheval ! On fait des étirements, des salutations au soleil… C’est très pratique pour s’échauffer, et le cheval aussi, par la même occasion.

- Ce stage aura donc été bénéfique ?

Oui, d’autant que je fais aussi de l’athlétisme. J’ai pu rencontrer le responsable de la section. Si, comme je le disais, j’ai croisé peu d’étudiants, j’ai pu quand même échanger avec certains d’entre eux, qui suivaient un cours de taïchi. Ils m’ont expliqué qu’un étudiant devait pratiquer jusqu’à huit sports, dont trois soumis à évaluation en première année avant de se spécialiser dans l’un d’eux à mesure qu’ils progressent dans leurs études. J’ai été frappée par la diversité des disciplines, qui étaient couvertes par l’UFR.

- Que retenez-vous encore de ce stage ?

La qualité de l’accueil ! Dès ma première démarche pour me renseigner, j’ai été très bien accueillie et encouragée à faire un stage à l’UFR. Toutes les personnes, les chercheurs comme le personnel administratif, se sont montrées très attentionnées. Elles ont pris mon stage au sérieux. Manifestement, elles ont l’habitude de recevoir des stagiaires, y compris de mon âge. Les étudiants que j’ai croisés ont été aussi très sympas. Du fait de ma taille, ils ont cru que j’étais moi-même étudiante. J’ai conscience d’avoir eu beaucoup de chance à être accompagnée par une personne comme Agnès. C’est quelqu’un qui consacre autant de temps à travailler dans un bureau qu’à faire du terrain. Elle avait une riche expérience à partager et elle n’a pas compter son temps pour moi.

- Est-ce que cela vous a confortée dans vos choix d’orientation future ?

J’ai apprécié ce mélange de science et de sport. Cette diversité des disciplines, qui supposent une certaine polyvalence. De là à choisir la filière STAPS, c’est encore trop tôt pour le dire. Je sais juste qu’en lycée, j’aimerais faire une option athlétisme !

En illustration ci-dessus : Alphée à cheval, pour un passage au trot en ligne droite, avec un gilet de protection non-articulé.

 

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