“Sidération”, le rendez-vous des “imaginaires spatiaux”

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Dans l’entretien qu’il nous a accordé, Jacques Fournier, le directeur de la Maison de la Poésie de Saint-Quentin-en-Yveline évoquait “Sidération”, le festival des “imaginaires spatiaux” . L'Observatoire de l'Espace, qui l'organise, nous informe que la Ve édition se déroulera du 19 au 22 mars prochain. La dialogue sciences et arts vous intéresse ? Demandez le programme !

Dans l’entretien qu’il nous a accordé (et mis en ligne en janvier dernier), Jacques Fournier, le directeur de la Maison de la Poésie de Saint-Quentin-en-Yvelines, faisait notamment état de ses initiatives en vue de nouer un dialogue entre les praticiens de cet art et le monde scientifique, notamment dans le cadre du festival “Sidération” (pour accéder à cet entretien, cliquer ici).

L’Observatoire de l’Espace, le laboratoire Arts-Sciences du CNES

A travers Sidération, Nuit Blanche, les spectacles du collectif Les Voyageurs de l’Espace, les résidences d’artistes et d’écrivains, l’Observatoire de l’Espace met en avant la fécondité de l’univers spatial pour la création. En tant que laboratoire Arts-Sciences, il propose au sein du CNES, une démarche originale pour faire émerger savoirs et créations autour de l’Espace en accompagnant sur la durée, artistes de tous horizons et écrivains.

Ce qui n’a pas échappé à l’attention de son organisateur : l’Observatoire de l’Espace, le laboratoire Arts-Sciences du Centre National d’Etudes Spatiales (CNES), qui nous ont aussitôt informé de la tenue de sa prochaine édition (la 5e) sur le theme “Rêves, révoltes, révolutions”. Nous en relayons le programme avec d’autant plus d’empressement que cette manifestation oeuvre à un dialogue entre les sciences et bien d’autres formes d’expression artistique (un enjeu pour le territoire de Paris-Saclay dont nous rendons compte à travers notamment l’actualité de La Diagonale Paris-Saclay ou de S[cube]). Au total, pas moins d’une trentaine d’artistes de tous horizons présenteront au siège du CNES « des créations hybrides inattendues nées d’un processus d’immersion dans le monde spatial ». A l’intention de ceux qui seraient comme nous “sidérés” par tant d’audace, rapportons les propos de Gérard Azoulay, directeur artistique de Sidération, figurant dans le dossier de presse et consistant à renverser (à juste titre) la proposition : « Pourquoi laisser l’Espace aux seuls scientifiques et métaphysiciens ? Sa nuit perpétuelle est aussi tissée de l’étoffe dont sont faits nos rêves, et, de proche en proche, nos révoltes et nos révolutions ».

Et puis, parmi les nombreux rdv de cette manifestation, l’un consistera en une mise en musique de notions en vogue comme, par exemple… la sérendipité, dont les fidèles visiteurs du site Média Paris-Saclay savent combien elle nous est chère tant elle est emblématique d’une des vertus du campus urbain et innovant en cours de “fabrication” à Paris-Saclay.

Voici donc le programme tel qu’il nous a été communiqué :

Des créations pour enrichir l’imaginaire spatial

Dès la soirée du jeudi 19 mars, la Grande Salle du festival proposera des formes courtes inédites puisant dans toute la palette du spectacle vivant : improvisations théâtrales, performances participatives, ciné- concert ou bien encore cabaret dadaïste. Pendant tout le week-end, le Caravansérail de l’Espace ouvrira ses portes en accès libre pour plonger le public au cœur de la révolution spatiale du XXème siècle. Dans ce cadre, le festival accueillera pour la première fois les arts plastiques avec des installations multimédias et une exposition photographique. Le public pourra aussi découvrir dans ce caravansérail des performances artistiques mêlant histoire, littérature, sciences exactes et témoignages historiques qui dévoileront aux spectateurs nombre de rêves, révoltes et révolutions engendrées par l’Espace.

Jeudi 19 mars, de 20h à minuit, dans la Grande Salle du festival

The Lebanese Rocket Society, un film de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, 2013, 95’ Ce film nous fait revivre un événement totalement oublié : le programme spatial libanais initié par un scientifique passionné et rêveur. L’histoire reconstituée grâce à ses archives glisse progressivement vers l’hommage avec la reproduction par les cinéastes plasticiens de la fusée des années soixante. Ils lui font traverser le pays et à travers les réactions suscitées, montrent la distance entre les deux époques. C’est alors que la fiction prend le dessus : et si ce programme scientifique avait abouti ? Si le Liban était aujourd’hui une puissance spatiale ? Si la guerre n’avait pas eu lieu…

Story Musgrave, un film de Dana Ranga, 2003, 87’
Jamais auparavant un astronaute n’avait parlé – des tragédies de sa vie, d’amour et de solitude, de la manière dont l’expérience de l’Espace change un homme et de la réadaptation nécessaire lors du retour sur Terre. Story Musgrave nous embarque dans un voyage mouvementé.

Notre siècle, un film de Artavazd Pelechian, 1982, 50’
Une méditation sur la conquête de l’espace, les mises à feu qui ne vont nulle part, le rêve d’Icare encapsulé par les Russes et les Américains, le visage des cosmonautes déformés par l’accélération, la catastrophe imminente…

Vendredi 20 mars, de 21h à 23h

Xavier Garcia, Qui ne dix mots qu’on sonne
Compositeur et improvisateur, Xavier Garcia mettra en musique les définitions spatiales des dix mots de la langue française 2015. Il nous fera redécouvrir « bravo », « sérendipité » mais aussi « kermesse » et « kitsch » dans une ambiance spatiale recréée par sa musique électro- acoustique.

Brunot Meyssat, Nous croire…
« Nous croire… » est un spectacle court qui réunit, dans un même espace, la lecture de témoignages d’astronautes ayant participé aux missions Apollo (tels qu’Eugène Cernan, Edwin Aldrin ou Neil Armstrong) et des actions minuscules exercées sur quelques objets évoquant cette épopée. Dans une scénographie unique, à travers la lecture, la lumière et les sons, ce spectacle évoque à la fois nos connaissances et nos rêveries au sujet des réalités de l’espace profond. Il invite le public à recevoir une proposition ouverte comme s’il entendait un conte assis au coin du feu.
Conception et mise en scène de Bruno Meyssat, avec Gaël Baron et Elisabeth Doll

Gaël Mevel et Jean-Luc Cappozzo, ciné-concert autour de Sur un air de Charleston, film de Jean Renoir
Ce film court de Jean Renoir (1926) est un film de science-fiction et de danse, qui renverse les rôles entre hommes blancs et hommes noirs. Gaël Mevel au violoncelle explore l’instrument et ses possibles, à travers ses fonctions percussives. Jean-Luc Cappozzo donne à entendre l’étendue de ses recherches sonores. Les deux musiciens invitent les spectateurs à découvrir le film, ils le donnent à entendre, mettent en lumière la vie qui le parcourt, sa beauté et son étrangeté, pour recréer un charleston imaginaire.

Clyde Chabot, Des aveugles, adaptation du texte de Maurice Maeterlinck
Clyde Chabot interprète Les Aveugles comme une métaphore et plonge ainsi le public dans un lieu abstrait, une sorte de milieu extra-terrestre dans lequel évolue une danseuse. C’est toute l’ambiguïté de cette présence dans l’Espace, qui fait la force de cette adaptation.
Mise en scène : Clyde Chabot
Danse : Malika Djardi.

Samedi 21 mars, de 21h à 23h

Compagnie Manie, Petites rêveries
On ne sait pas où l’on est, on ne sait pas qui ils sont, leurs langages se composent de gestes et de sons. Ce spectacle est avant tout poétique et laisse parler l’imagination.
Les chapeaux volent, les tubes métalliques dansent et les balles roulent puis dessinent des arabesques dans le ciel. Des prouesses comme s’il en pleuvait…
L’émotion nait de la manipulation des objets dans un fragile équilibre qu’habille une musique aux influences multiples.
Jongleries, manipulations d’objets : Karen Bourre, Laurent Renaudot et Vincent Regnard
Musiques, percutions : Michaël Santos

Florent Trochel, Le vent reconnaîtra la pointure de mes pieds
Extrait du spectacle « Montagne 42 » de Florent Trochel, cette performance visuelle et poétique montre trois silhouettes d’astronautes qui pénètrent dans le faisceau d’une image faite de « bruit vidéo ». Entre la lenteur des corps et le fourmillement de la lumière, quelque chose s’allège et se dématérialise pour créer une sensation d’apesanteur et convoquer l’imaginaire du premier pas sur la lune.
Conception et mise en scène de Florent Trochel ; musique d’Olivier Mellano ; avec Hugues Dangréaux, Léna Dangréaux et Marie Piemontese. Une production de Hana San Studio avec le soutien de l’Espace 1789 et du Théâtre de la Ville.

Alexis Forestier et Itto Mehdaoui, Volia Panic
« Il faut associer le mot volia au mot qui en russe désigne précisément l’espace, le mot prostor, beaucoup plus chargé de connotations que dans toute autre langue, un mot qui renvoie à une conscience cosmique de la place de l’homme dans le monde. L’attraction de l’espace serait alors pour un Russe la manifestation d’un « esprit libre qu’incarne le monde des pâtures et des clairières », (…) L’utopie cosmique n’est pas seulement issue d’un rêve d’ailleurs, elle émane des strates profondes de la culture populaire et vient réconcilier les deux aspirations opposées qui depuis toujours se partagent l’âme russe entre l’attachement au lieu d’origine et l’expansion dans l’espace. » Gérard Conio, Alexis Forestier et Itto Mehdaoui proposeront une création originale pour Sidération inspirée du cosmisme russe, un mouvement mystique du début du XXe siècle, et de son influence sur les pionniers de l’âge spatial tels Constantin Tsiolkovski et de la révolution spatiale qu’ils appellent de leurs vœux.

D’ de Kabal et Franco Mannara, Soviet suprême
Représentants du slam à travers le Spoke Orchestra, D’ de Kabal, rappeur et écrivain et Franco Mannara, musicien, auteur, compositeur, interprète, proposeront pour Sidération un spectacle original adapté de Soviet suprême, un texte inédit de Philippe Mangano à paraître dans la revue Espace(s) 11.

Dimanche 22 mars, de 16h à 18h

Cheval&Claire, Tout ce qui monte
Lors d’une résidence à l’Observatoire de l’Espace, Claire Rengade s’est immergée quelques semaines dans le monde des lanceurs et a écrit « Tout ce qui monte », un imprécis d’imaginaire où rien n’est réel mais tout est vrai. Attachée au mouvement de la parole et à son adresse au public dans une création qui passe d’abord par les oreilles, c’est naturellement que Claire Rengade propose à Cheval des Trois, fanfare de rue insolente, de traduire sur scène ce texte avec elle.
Cheval&Claire existe depuis maintenant un an et se définit comme « la rencontre entre une comédienne auteure qui joue à être musicienne et des musiciens qui mettent du théâtre dans leur musique ».
Avec Claire Rengade, comédienne, Radoslaw Klukowski, trompettiste, Jérémy Bonnaud, batteur-tromboniste et
Eric Exbrayat, bassiste-tubiste.

Isabelle Bats, Au café de l’univers
« Si nous prenions nos vies et les étalions, les étalonnions au travers d’un univers en expansion ! Pourtant défini, limité par nos os, nos connaissances, nos douleurs, nos joies… Si nous faisions table au café de l’univers, à hauteur d’hommes et de femmes, en expressions qui disent cet espace autour de nous et nos besoins de s’y rendre, de s’y comparer, d’en jouer et de le faire exploser à notre guise. » Installée comme au comptoir, la comédienne Isabelle Bats nous fait voyager aux confins de l’univers à travers la force du texte et l’ardeur de son interprétation. Chaque élément scénographique prend une nouvelle puissance d’évocation. Elle déploie sa collection de billes pour composer au sol une constellation, un univers entier sorti de sa poche, pour raconter des chemins de vies et des histoires d’amour.

Nadège Prugnard, Les exclus de l’Espace
Nadège Prugnard mêle écriture de terrain, écriture du corps de l’acteur et du dire musical. Elle écrit à la fois pour le théâtre, les arts de la rue, la performance, la scène rock. Elle propose une création pour Sidération qui réunira tous ceux qui n’ont pas pu aller dans l’Espace, comme un hommage à celles et ceux qui auraient pu être des héros.

Puce Muse, Méta-vox
Concert multimédia interactif. A écouter, voir et partager…

Kristof Hiriart et Serge de Laubier proposent une performance interactive dirigée autour de Sun Song, un opus de Sun Ra, chantre de la « philosophie cosmique » et père de l’afrofuturisme. Via un dispositif avec micros et écrans totem pour amplifier l’écoute, les voix des participants “spectacteurs” sont capturées et métamorphosées. Publics de tout âge, musiciens ou non, tous se fédèrent pour composer en temps réel une symphonie éphémère unique. Direction artistique : Serge de Laubier
Chant : Kristof Hiriart

Samedi 21 mars – 14h-21h
Dimanche 22 mars – 12h-18h

Sidération inaugure cette année les samedi 21 et dimanche 22 mars, le Caravansérail de l’Espace, un espace au siège du CNES en accès libre et gratuit à la croisée des arts et des sciences, ouvert à tous les champs de la création. Le collectif kom.post, artiste associé au caravansérail, mettra en scène les interventions de ces artistes, écrivains ou acteurs du monde spatial qui évoqueront rêves, révoltes et révolutions liés à l’Espace à travers films, créations sonores, récits scientifiques, ou encore lectures de textes historiques ou littéraires. Seront présents entre autres Michel Viso, exobiologiste au CNES, Hervé Moulin, historien, Christophe Kihm, critique d’art.

Les arts visuels seront également à l’honneur : quatre artistes inviteront le public dans » leur atelier  » à découvrir leur travail en cours avec l’Observatoire de l’Espace.

David Blair, vidéaste – Il travaille actuellement à une fiction expérimentale centrée sur un personnage mystérieux, spécialiste de l’imagerie à distance au sein du CNES dans les années 1980.

Marie Quéau, photographe, présentera son projet en cours Odds & Ends. Il forme un corpus d’images disparates – prises de vues sur le terrain et réalisation de collages et montages en atelier – sur le thème du vivant dans l’Espace.

Romaric Tisserand, plasticien – Dans son projet photographique Apollo 21 réalisé sur la base de photographies vintages de la NASA, il crée plusieurs séries d’archives fictives de la mission Apollo 21 (initialement prévue mais jamais réalisée par la NASA). L’une des séries titrée Fallen Object donne à voir la découverte, lors de cette mission, d’un objet dont la forme est inspirée d’un escalier, une sorte de monolithe qui se veut symbole d’une vérité universelle. Il présentera une série d’archives fictives de ce mystérieux objet.

Anaïs Tondeur, plasticienne – Elle présentera les premiers dessins de sa série « Une mutation du visible », un récit graphique de l’évolution des connaissances sur la Lune au fil des âges. Dans ses dessins, Anaïs Tondeur représente les découvertes successives de l’Homme sur notre satellite et retrace ainsi de manière esthétique les temps majeurs de l’histoire de notre perception.

Informations pratiques

Sidération se déroule au Centre national d’études spatiales
2, place Maurice Quentin / 75001 Paris
Métro – RER : Châtelet-Les Halles (Sortie Place Carrée – Escalier Pont Neuf)
Tarifs
Grande Salle du festival
Pass 1 jour : 10 euros
Pass festival (valable les 4 jours) : 20 euros

Caravansérail de l’Espace : Gratuit

Pour plus d’information, cliquer ici.

Légende photo : une “conférence” de Dr Michel Viso, exobiologiste au CNES, lors de la précédente édition.

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