Retour sur l’exposition « Université Paris-sud : les campus de demain »

EXPOBUPaysage
Jusqu’au 13 juin 2015, la Bibliothèque Universitaire d'Orsay accueille l’exposition « Université Paris-sud : les campus de demain ». Tout ce que vous vouliez savoir sur les futurs bâtiments de cette université, programmés dans le cadre du projet Paris-Saclay, à travers des maquettes et des fiches pédagogiques. Le vernissage a eu lieu le 13 mai dernier. Nous y étions !

L’automne dernier (du 28 novembre au 20 décembre 2014), l’Établissement public Paris-Saclay (EPPS) avait organisé à la Maison de l’Architecture en Ile-de-France « Paris-Saclay, le futur en chantier(s) », une exposition des grands projets architecturaux programmés dans le cadre du Campus de Paris-Saclay. Un grand succès à en juger par l’affluence et l’appréciation des professionnels.
Pour les malchanceux qui n’ont pu y assister, voici des séances de rattrapage à travers l’exposition organisée à la Bibliothèque Universitaire d’Orsay avec le soutien de l’EPPS, la Communauté d’agglomération du Plateau de Saclay (CAPS) et la Fondation de coopération scientifique (FCS) Campus Paris-Saclay (pour les plus malchanceux qui ne pourront pas se rendre non plus à celle-ci, nous renvoyons à notre dossier consacré à la précédente). Certes, seuls y sont exposés les projets concernant directement l’Université Paris-Sud ou connexes, mais ils donnent une idée de l’ampleur du projet Paris-Saclay. Qu’on en juge : un institut dédié aux sciences moléculaires (ISMO) conçu par Claus en Kaan ; un tout nouveau bâtiment pour le Laboratoires Fluides Automatique et Systèmes Thermiques (FAST), le Laboratoire de Physique Théorique et Modèles Statistiques (LPTMS) et l’Institut Pascal (IPa), conçu, lui, par Brenac & Gonzalez ; un autre pour l’Institut de mathématiques, dessiné par Jean Guervilly, etc. sans oublier la Maison des étudiants, d’Air architecture, dont nous avions interviewer l’un des architectes, Olivier Leclercq (pour accéder à cet interview, cliquer ici). Soit près d’une dizaine de projets (rénovations comprises) présentés à travers des maquettes (celles qui étaient exposés à la Maison de l’Architecture) et des fiches pédagogiques. A défaut de la fresque murale qui fit sensation, on peut y voir la grande maquette du campus urbain (12m² !) réalisée par l’EPPS représentant l’ensemble du sud plateau (attention, les ultimes modifications apportées au trajet du futur métro n’y ont pas été apportées, mais au moins le visiteur peut se faire une idée de la physionomie de cette portion de l’OIN, avec ses grands établissements et équipements, ses espaces verts et agricoles, son relief). Bref, de quoi permettre aux habitants, mais aussi aux étudiants, enseignants, chercheurs, etc. de se faire une idée précise des transformations du campus à venir d’ici 5 ans (échéance d’ici laquelle les maquettes s’incarneront dans de vrais bâtiments).
Organisé la veille du long week-end de l’Ascension, le vernissage n’a pas attiré tout le public que l’événement méritait. Plusieurs personnalités avaient cependant fait le déplacement pour en souligner l’importance.
A commencer par Jacques Bittoun, le Président de l’Université Paris-Sud (au centre, sur la photo), qui a pris soin de rappeler le nombre importants de projets (« Peu de campus peuvent prétendre en mener autant ») et le montant tout aussi exceptionnel des investissements consentis dans le contexte de restriction budgétaire que l’on connait. Soit pas moins de 400 millions d’euros. Une somme tout sauf injustifiée. « L’Université Paris-Sud a vieilli », comme il devait le dire, un simple coup d’œil sur les alentours de la BU suffisant à lui donner raison. Pour autant ces investissements permettront bien plus qu’une rénovation. « Ils donneront un autre visage au campus non sans en faire un véritable lieu de vie. »
Réflexe d’universitaire privilégiant la science sur tout autre considération ? Toujours est-il que le même s’est enorgueilli de proposer une exposition « plus intéressante » que la précédente au prétexte qu’elle soulignerait davantage la finalité des bâtiments que leur dimension architecturale…

L’architecture, facteur d’attractivité

Pourtant, le parti pris de « Paris-Saclay, le futur en chantier(s) » se justifiait et pas seulement par le cadre où elle se déroulait (une Maison de l’Architecture, donc), mais, comme prit soin de le rappeler dans son propre discours, Pierre Veltz, Pdg de l’EPPS (à gauche sur la photo), parce que cela conditionne l’attractivité même d’un campus moderne. « Désormais nos campus sont en compétition avec les campus d’Amérique du Nord mais aussi du Sud, et d’Asie. Si nombre d’entre eux ont su attirer les meilleurs étudiants, enseignants ou chercheurs en offrant de meilleures conditions de travail, ils ont su le faire aussi en accordant toute son importance à la qualité architecturale de leurs bâtiments. Paris-Saclay ne pourra donc prétendre être un campus de class mondial s’il ne soigne pas son look.» Et le même Pierre Veltz d’évoquer le quartier de Moulon dont le moins qu’on puisse dire est qu’il est loin d’évoquer un campus de classe mondiale… « Les étudiants, enseignants et chercheurs étrangers qui s’y rendent la première fois ne manquent pas d’être surpris. » Certes, il ne s’agit pas de tomber dans le travers de ces campus qui ont privilégié le geste architectural sur la fonctionnalité des lieux, mais il importe d’attirer les regards en sachant s’entourer de grands noms de l’architecture contemporaine. De ce point de vue, Paris-Saclay n’a pas à rougir. Plusieurs de ces grands noms ont dessiné les bâtiments de grandes écoles appelées à rejoindre le plateau : Rem Koolhaas (Ecole Centrale), Renzo Piano (ENS Cachan),… Mais le monde académique a-t-il seulement conscience de la renommée de ces derniers ?

Tout sauf un puching ball

Le même Pierre Veltz en a profité pour rappeler la difficulté de la mission d’un aménageur en général et de l’EPPS en particulier. « Paris-saclay est le royaume de la complexité au regard du fonctionnement universitaire mais aussi de son aménagement, en raison du poids des réglementations, du code de l’urbanisme, des modalités de la maîtrise d’ouvrage. Tout puissant qu’il puisse paraître, l’aménageur n’a pas le dernier mot. Celui-ci revient aux collectivités au titre de leur prérogative en matière de PLU. Rien que de plus normal. J’ai beau parfois aspirer à se qu’on construise ici ou là plus en hauteur, cela n’est en rien acquis. » Et le même de conclure : « Cette complexité ne serait pas problématique si elle n’incitait des acteurs à transformer l’EPPS en punching ball… ». Ce qu’il n’a pas vocation à être, la loi étant claire sur les missions qui lui incombent.
Last but not least, Dominique Vernay (à droite sur la photo), également invité à dire quelques mots au nom de la FCS Campus Paris-Saclay qu’il préside, a souligné l’importance d’une telle exposition pour permettre à tout un chacun d’ « habiter » le projet de Paris-Saclay, à travers des représentations en trois dimensions d’un futur pas si lointain. Et d’en tirer des motifs de fierté au vu des réactions que les chantiers en cours ou à venir – ceux de l’Université Paris-Sud comme du reste de Paris-Saclay – suscitent auprès des visiteurs d’autres pays : comme ces directeurs de la recherche de l’Europe, ce ministre japonais ou encore ce président d’université coréen qu’il eut l’occasion d’accueillir récemment. « De fait, le Campus Paris-Saclay n’a pas d’équivalent dans le monde. » Ce qu’on se gardera bien de démentir. Et le même d’observer non sans malice le changement d’attitude de ses interlocuteurs. « Je me souviens qu’au début, il y avait de l’incrédulité de leur part. Désormais, je vois leurs yeux briller en découvrant l’ampleur des projets et chantiers. »
En écho aux propos de Pierre Veltz, il a souligné l’importance de soigner la qualité des logements et bâtiments destinés aux étudiants, aux chercheurs et aux enseignants. « On dit beaucoup de l’estime que l’on porte à l’enseignement et la recherche à travers le soin qu’on porte à la qualité des campus. » Pour terminer, il a saisi l’occasion de rappeler des avancées, plus symboliques mais tout aussi significatives, comme l’arrivée, à la prochaine rentrée universitaire, de la première promotion « co-accueillie » par la nouvelle Université Paris-Saclay et ses établissements membres.
Suite à quoi, les quelques dizaines de participants étaient invités à échanger leurs impressions autour d’un buffet. Au vu de la qualité des projets, gageons que l’exposition rencontre très vite son public. Lequel pourra également apprécier par la même occasion le charme suranné de la BU d’Orsay, avec sa salle de consultation tout en profondeur, son hall d’entrée décoré de fresques murales… En attendant la création d’un lieux d’exposition permanente de l’ensemble des projets ? C’est en tout cas le vœu exprimé par Pierre Veltz.

Informations pratiques :

Exposition du 13 mai au 13 juin 2015
Du lundi au jeudi de 8h30 à 20h
Le vendredi de 8h30 à 19h
Le samedi de 10h à 17h

A la Bibliothèque Universitaire d’Orsay Bât. 407, rue du Doyen Georges Poitou Campus universitaire d’Orsay-Bures.

Précisons qu’en parallèle à l’exposition, quatre conférences thématiques étaient programmées, chaque mardi :

- le 19 mai: Promenade sur les (futurs) campus de Paris-Sud ;
– le 26 mai : Paris-Saclay: pédagogie, recherche et projets mutualisés ;
– le 2 juin: Mobilités de Paris à Saclay ;
– le 9 juin: Devenir de la vallée d’Orsay-Bures.

Crédit photo : Université Paris-Sud/Lecompt

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