Retour sur les 24 h de la natation et des records. Entretien avec Pauline Denis

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Le 14 février dernier se poursuivait la 23e édition des « 24 h de la natation » dans les bassins de l’École polytechnique. Bien que tout occupé à suivre l’événement qui se déroulait le même jour dans l’amphithéâtre Poincaré autour du prix Nobel de physique Gérard Mourou, nous avons pu y faire un saut. En voici un écho à travers le témoignage recueilli auprès de la présidente de la section natation en charge de son organisation, dans une ambiance tout à la fois sportive et festive.

- Si vous deviez, pour commencer, pitcher « les 24 h de la natation » ?

C’est un événement sportif à but caritatif organisé par la section natation de l’École polytechnique. Cette édition 2020 est la 23e. C’est dire si c’est quelque chose de « tradi » comme on dit chez nous. Quiconque le souhaite, qu’il soit de Polytechnique ou pas, peut venir nager, même le temps d’une longueur. Le but est de soutenir une association ou institution en lui remettant des dons dont le montant est fonction du nombre de km parcourus par l’ensemble des participants. Chaque année, l’association bénéficiaire change. Cette année, c’est l’Institut Curie. Pour motiver les nageurs, plusieurs classements sont établis (les trois premiers de chacun de ces classements étant récompensés) : un classement individuel masculin ; un classement individuel féminin ; enfin, un classement des sections sportives de l’École.

- D’où vient l’argent que vous remettrez à l’Institut Curie ?

Des partenaires de l’association, de dons des participants et de l’argent collecté lors de la tombola que nous organisons. La participation à l’événement est cependant gratuite.

- L’ambiance, qui règne ici, est incroyable !

Oui, ici, les gens s’éclatent et c’est aussi le but du jeu. L’événement se veut tout à la fois sportif et festif. Il vise aussi à promouvoir la natation sous toutes ses formes. A défaut de nager soi-même, on peut venir pour soutenir les nageurs ou participer aux diverses activités organisées en parallèle par des étudiants ou des prestataires : un spectacle de natation synchronisée (avec notamment une ancienne championne de France solo), un tournoi de water-polo, un autre de hockey-subaquatique, des challenges et autres activités ludiques, des massages, des séances d’ostéopathie,… Nous disposons de deux bassins, l’un pour y effectuer les longueurs, l’autre pour les autres activités.

- Et tout cela durant 24 h ?

Oui. Nous avons commencé hier (jeudi 13 février à midi) et poursuivons jusqu’à midi ce vendredi. Il ne reste plus qu’une heure et demie… Naturellement, et comme vous pouvez le voir, il y a de quoi se restaurer sur place.

- Il est donc encore trop tôt pour dresser un bilan. Quelle est cependant la tendance générale ?

L’année dernière 751 km avaient été parcourus. A cette heure, nous en sommes déjà à 300 km de plus. Le nombre de participants (nageurs ou pas) est de plus de 500, soit plus que l’an passé. Les flux de fréquentation ont été continus, de sorte qu’il n’y a pas eu un moment où les bassins ont été vides, de jour comme de nuit.

- Comment faites-vous pour comptabiliser les longueurs ?

Nous utilisons une application codée par les élèves de la section natation. Elle nous a changé la vie. Avant, les organisateurs enregistraient les noms des participants sur des feuilles de papier, et ils y reportaient le nombre de longueurs. Il fallait ensuite faire le total avec une calculette. L’application permet d’entrer nom, prénom, section, ou tout autre caractéristique pour les non polytechniciens. Une fois inscrits, les participants se placent devant leur ligne d’eau ; à chaque fois qu’elles font un aller-retour supplémentaire, les personnes postées devant n’ont qu’a appuyer sur une touche « n+1 ». La distance parcourue est établie en temps réel.

- Vous-même êtes donc sur le pont depuis hier…

Oui, depuis 8 h du matin soit déjà plus de 24 h…

- … Seriez-vous dopée ?

(Sourire) Oui, mais juste à l’enthousiasme ! L’organisation mobilise pas moins de 27 personnes, très impliquées six mois durant dans la préparation de l’événement. Alors le jour J, on est plus que motivés. Et puis cela fait plaisir de voir des gens heureux. Ça procure de la belle énergie !

Post-scriptum

Quelques heures plus tard, Ulysse Coulon, qui participe à l’organisation de l’événement, nous communiquait les résultats suivants, avec plusieurs records battus à la clé : plus de 500 personnes auront assisté à l’édition 2020 des « 24 h de la natation », que ce soit pour nager (377, soit nettement plus que lors des précédentes éditions) et/ou participer aux autres activités. Au total, plus de 1 140 km (1 143 et 350 m précisément) ont été parcourus, soit plus que la distance qui sépare Paris de… Vienne (la capitale autrichienne) et 351 de plus par rapport à l’édition précédente. Le meilleur nageur a parcouru 40 km à lui tout seul (il appartient au programme Bachelor de l’École), la meilleure nageuse, 23 km (elle appartient à la section natation du cycle ingénieur polytechnicien). En totalisant 201 km, la section raid a battu le record dans la catégorie sections (précédemment de 156 km). Grâce à tous ces kilomètres, aux dons et à la tombola, l’Institut Curie recevra de l’association un chèque d’un montant de 1 900 euros. « En bref, cette édition des 24 h aura été un franc succès ». Dixit Ulysse Coulon. On ne saurait le contredire !

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