Retour sur l’édition 2019 de Startup For Kids. Entretien avec Sharon Sofer

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Les 30-31 mars et 1er avril se déroulait la 2e édition de Startup For Kids dans le bâtiment Gustave Eiffel de l’Ecole CentraleSupélec, une grande école investie pour l’occasion par des centaines de jeunes, leurs parents et/ou leurs enseignants. En voici un écho à travers l’entretien que la fondatrice de la structure organisatrice a bien voulu nous accorder entre les multiples sollicitations dont elle faisait l’objet.

- Si vous deviez pour commencer par pitcher Startup For Kids ?

On dit souvent que les enfants qui entrent à l’école aujourd’hui exerceront pour plus des deux tiers d’entre eux un métier qui n’existe pas encore. L’idée est donc de préparer les 6-20 ans au monde de demain, à travers l’innovation qui existe déjà, que ce soit dans les nouvelles manières d’apprendre et plus généralement en matière de développement durable. Nous leur offrons la possibilité de toucher du doigt cette innovation, à travers plusieurs dizaines de stands où ils peuvent tester, expérimenter, sur un mode participatif et ludique.

StartupForKids19IMG_2969- A quoi s’ajoutent des tables rondes, qui drainent aussi les parents…

Nous partons de l’idée que pour préparer les jeunes, il faut aussi préparer les adultes ! Leurs parents, donc, aussi bien que ceux censés les former, les enseignants. Des adultes qui n’en savent pas forcément plus sur ce que recouvrent les innovations en train d’émerger. C’est donc important de les aider à se repérer. Les enseignants, en particulier, sont très friands de découvrir de nouvelles façons d’enseigner, des applications et outils numériques à même de les aider aussi dans leur travail de pédagogue.

- Précisons qu’il ne s’agit pas tant de faire des enfants de futurs startuppers que de mobiliser le savoir-faire des start-up dans la conception d’applications ou de solutions à même de rendre le monde de demain plus durable.

Oui, c’est tout à fait cela. Pour peu qu’on s’intéresse aux start-up, on ne peut qu’être admiratif de la profusion d’idées neuves, de solutions innovantes qu’elles sont capables de proposer. Pour autant nos partenariats ne se limitent pas à elles. Comme vous avez pu le voir en déambulant au premier étage, des ateliers et animations sont assurés par des industriels, des associations et même des écoles alternatives. Sans oublier l’Université Paris-Saclay qui proposait une maison avec plusieurs démonstrations et expérimentations.

- Pour autant Startup For Kids s’adresse-t-il aussi à des enfants qui se destineraient à des études littéraires, si tant est que leur parcours puisse être déterminé si tôt…

Oui, bien sûr, car quels que soient les études auxquelles ils se destinent, le monde de demain, celui de la 5G, du véhicule autonome et de bien d’autres innovations, les concerne tout autant. Plusieurs applications visent d’ailleurs à aider à l’apprentissage de l’écriture et de la lecture. Le support numérique dont on parle ici, n’est qu’un outil, qui ne préjuge pas des usages qu’on en fera. Raison de plus pour initier les enfants très tôt et en faire des usagers exigeants et inventifs.

StartupForKids19IMG_6412Je peux témoigner du fait qu’il y en a pour tous les goûts – je pense à cette association qui propose de correspondre avec des personnages historiques, y compris de grands scientifiques… Comment en êtes-vous venue à créer Startup For Kids qui en est ici à sa 2e édition ?

C’est le fruit, comme souvent, de rencontres fortuites. Pour ma part, j’avais conçu un premier projet dans le domaine de l’éducation de la science en partant d’un constat : les enseignements dispensés à l’école n’étaient guère ludiques… Ma proposition s’appelait Scientibox. Le principe : l’enfant s’abonnait et, chaque mois, il recevait un coffret sur un thème scientifique et contenant un magazine et des expériences à mener autour de ce thème. J’avais aussi pour projet de proposer un atelier en classe. En en discutant avec des startuppers, je me suis rendu compte que l’idée les séduisait, qu’ils étaient même partant pour réaliser l’atelier avec moi, en faisant profiter de leur innovation en matière de médiation scientifique. C’est ainsi que j’ai fait un atelier avec deux start-up, puis un second avec trois et ainsi de suite jusqu’au jour où nous nous sommes retrouvés à une trentaine. Cet atelier répondait à une problématique que nous avions tous en communs : pouvoir tester des projets innovants auprès de jeunes, de leurs parents et de leurs enseignants, leur montrer l’intérêt de travailler avec des start-up, y compris dans l’enceinte d’établissements scolaires.
En 2015, j’ai donc organisé un premier événement, à Paris. Il s’appelait déjà Startup For Kids. Mais dans mon esprit, il n’avait pas vocation à être pérennisé. Sauf que cela s’est bien passé, au-delà de nos espérances. Nous avons donc entrepris de proposer une seconde édition qui, à son tour, a drainé encore davantage de monde. Ce qui m’a décidé, en 2017, à abandonner mon projet Scientibox pour me consacrer à temps plein à l’organisation de Startup For Kids.

StartupForKids19IMG_9038- Entre-temps, l’événement a été décliné à Paris-Saclay…

Oui. Déjà, nous travaillons à une édition lilloise pour la rentrée prochaine, notre objectif étant de décliner Startup For Kids à travers la France.

- Comment s’est fait le lien avec Paris-Saclay ?

J’ai été sollicitée par la Communauté Pari-Saclay, qui souhaitait faire mieux connaître à la population, la richesse de son territoire au plan de l’innovation, en lui permettant d’aller à la rencontre de start-up, mais aussi de grands groupes qui y sont implantés. Pour cela, elle souhaitait solliciter les compétences d’une structure comme la nôtre pour assurer une médiation aussi pédagogique et ludique que possible.

- Est-ce que cette déclinaison à Paris-Saclay a donné un cachet particulier à votre concept initial ?

Oui. Jusqu’alors nous ne mobilisions que des start-up ou associations du secteur éducatif. En travaillant avec la Communauté Paris-Saclay et l’Université Paris-Saclay, nous avons ajouté le principe du village innovation et développement durable. Principe que nous avons bien l’intention de conserver dans nos déclinaisons futures.

- Connaissiez-vous Paris-Saclay avant d’y intervenir ?

Oui, bien sûr. Etant maman, je me préoccupe de l’avenir de mes enfants ! Je regarde donc du côté de ce territoire dont je sais qu’il concentre de nombreux établissements d’enseignement supérieur. Cela étant dit, j’ai découvert ce que recouvrait exactement le concept de Communauté d’agglomération – des communes qui ont vocation à travailler ensemble, à mutualiser leurs ressources – et pris la mesure du fait, à travers celle de Paris-Saclay, qu’elle pouvait impulser une vraie dynamique de projets, à partir d’une bonne connaissance de son écosystème et de ses acteurs, à commencer par l’Université Paris-Saclay. C’est dire si je suis heureuse d’avoir pu expérimenter une déclinaison du format parisien dans un territoire comme celui-ci.

- Précisons que cette édition se déroule dans un endroit particulièrement privilégié puisqu’il s’agit de CentraleSupélec…

Nous avons effectivement beaucoup de chance ! Voyez comment les enfants et leurs parents ont littéralement investi le lieu.

- Il dispose pour cela de tout un week-end…

Oui, les deux premières journées – le samedi et le dimanche – leur sont consacrées, la 3e étant destinée aux professionnels et aux classes scolaires – nous devrions en recevoir une trentaine cette année.

- Me trompé-je si je conclus en disant : à l’année prochaine ?

C’est bien sûr à la Communauté Paris-Saclay et à l’Université Paris-Saclay d’en décider. Mais cela semble bien parti pour que nous puissions nous retrouver ici, à l’occasion d’une 3e édition.

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