Retour sur l’édition 2015 du Rallye Entrepreneuriat Etudiant. Entretien avec Halima Mrabti

rallye HalimaPaysage
Chargée de projets Attractivité et Entrepreneuriat à la direction de la Stratégie de l’EPPS, elle participait à la 3e édition du Rallye Entrepreneuriat Etudiant Paris-Saclay. Elle a bien voulu livrer ses premières impressions à mi-parcours.

- Quelle est la principale nouveauté de l’édition 2015 ?

Les précédentes éditions étaient de vrais rallyes au sens où les participants étaient invités à se rendre dans différents lieux de Paris-Saclay pour y recueillir des informations et des conseils : IncubAlliance, le 503, le PROTO204, les pépinières de la CAPS, etc. L’occasion pour eux de découvrir les acteurs de l’entrepreneuriat innovant dans leur diversité, leur vocation, les services qu’ils apportent aux porteurs de projets… Cette année, tout se déroule dans le même endroit, à CentraleSupélec, en l’occurrence.

- Mais cette découverte du territoire et de ses ressources à travers ses lieux dédiés à l’entrepreneuriat innovant, n’est-ce pas ce qui en faisait précisément l’intérêt ?

Sans doute. Mais cela ne correspondait pas forcément aux attentes des étudiants eux-mêmes. De l’enquête de satisfaction, il ressortait clairement qu’ils trouvaient ces visites trop rapides pour en tirer quelque chose d’intéressant. De fait, ce n’est pas en ne faisant que passer dans un lieu et en posant quelques questions à leurs responsables respectifs, qu’on en saisit la vocation et l’utilité pour son propre projet. Sans compter tout le temps de transport nécessaire pour se rendre d’un endroit à l’autre. Or, des étudiants viennent déjà d’assez loin. Cette année, nous en avons de l’IUT de Rambouillet.
Bref, la formule ne permettait pas forcément de mieux attendre le véritable objectif qu’on s’était fixé à travers l’organisation de cet événement. PEIPS, qui en est à l’origine, a donc naturellement jugé utile de changer le format. Après tout, les principes de l’entrepreneuriat innovant – savoir s’adapter, faire évoluer son projet,… – valent aussi pour un événement comme le Rallye Entrepreneuriat Innovant Paris-Saclay !
L’avantage de la nouvelle formule est de permettre aux étudiants de se concentrer sur leur projet sans perdre de temps à aller à droite et à gauche. Le simple fait de pouvoir échanger avec des étudiants d’autres écoles et universités que la sienne, est en soi une source de richesse. Inutile donc de démultiplier les objectifs en cherchant à faire connaître également l’écosystème Paris-Saclay dans sa diversité.

- Reste que cette année, l’édition se déroule à CentraleSupélec, particulièrement difficile d’accès en ce moment…

Effectivement. Mais au moins cela a le mérite d’introduire ma présentation de l’EPPS. Tous ces chantiers, toutes ces grues que les étudiants ont pu voir en arrivant jusqu’ici, eh bien, c’est nous, l’EPPS. Paris-Saclay, ce n’est plus qu’un projet, c’est une réalité qui est en train de sortir de terre avec tout ce que cela implique en termes de chantiers et donc de dérangements. Il me suffit de projeter des plans masses et quelques photos de projets architecturaux, et les candidats ont une vision globale de ce qui se joue ici. Naturellement, beaucoup d’entre eux – ceux de Polytechnique, de l’ENSTA ParisTech, de l’IOGS, de Paris-Sud… – connaissent déjà le Plateau de Saclay, pour y faire actuellement leurs études. Mais d’autres ne le découvrent qu’à l’occasion du Rallye. C’est le cas des étudiants de l’Université Versailles Paris-Saclay (dont ceux de l’IUT de Rambouillet que j’évoquais tout à l’heure) ou d’établissements de Paris-Sud (IUT de Sceaux). Au moins, sont-ils plongés dans le vif du sujet ! Inutile de m’attarder sur les problématiques de transport ou d’accessibilité ; ils ont pu les vérifier par eux-mêmes en venant jusqu’ici par leurs propres moyens ! Ils comprennent d’emblée la nécessité d’un métro automatique. Reste cependant à souligner la vocation de l’EPPS qui, en plus d’aménager le territoire, est aussi d’en accompagner le développement économique.

- Comment ?

En participant, par exemple, à des manifestations comme celles-ci en faveur de l’entrepreneuriat étudiant ou d’autres, plus orienter vers l’entrepreneuriat innovant (Paris-Saclay Invest, par exemple). En facilitant aussi les démarches collaboratives entre les acteurs du territoire autour de ses problématiques, comme celle des mobilités, par exemple. L’EPPS ne prétend pas avoir réponse à tout. Bien des solutions sont portées par des acteurs du territoire, y compris des start-up. D’où l’attention que nous portons à celles-ci en favorisant les conditions de leur émergence. A bien des égards, Paris-Saclay peut donc s’apparenter à une sorte de Living Lab. Quoi de plus naturel ? C’est un territoire en cours d’aménagement et donc particulièrement propice aux expérimentations.

- Vous participez aussi en tant que coach. Quels sont les conseils que vous prodiguez aux candidats ?

Forcément, ce sont des conseils assez généraux. La plupart des candidats sont encore en licence, soit de sciences, soit de gestion, marketing, etc. Rares sont ceux qui ont une spécialisation en entrepreneuriat proprement dit. Il s’agit donc de s’en tenir à une démarche de sensibilisation en en rappelant les principes de base. Cette année, ils étaient invités à imaginer un produit ou un service innovant autour de deux mots clés : arbre, d’une part (en référence à la COP21) et lumière, d’autre part (dont 2015 est l’année internationale). Un produit ou un service, original si possible, mais qui puisse aussi rencontrer son marché, autrement dit répondre aux attentes de clients, et être viable économiquement. Ce qui passe par la conception d’un business model et un plan de communication, mais aussi une aptitude à conjuguer des compétences très différentes.

- Et donc avoir un esprit d’équipe ?

Oui et on touche-là sans doute au challenge le plus important pour les candidats qui, faut-il le rappeler, concourent par équipes, avec des personnes qu’ils ne connaissent pas forcément (ces équipes sont déjà constituées par les organisateurs en fonction des profils, pour assurer le plus de complémentarité possible entre les membres). Chacun doit donc trouver sa place, pour faire profiter au mieux de ses compétences. Comment apporter sa pierre à l’édifice tout en laissant un espace aux autres ? Comment prendre le lead sans froisser les autres ? Comment mettre en valeurs ses compétences tout en tenant compte de celles des autres ? Autant de questions qu’ils sont amenés à devoir se poser et qui ne sont d’ailleurs pas différentes de celles que se pose tout entrepreneur.

Nicolas Reynier (IncubAlliance) a également témoigné sur l’événement auquel il participait au double titre de partenaire et de coach. Pour y accéder, cliquer ici.

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