Retour sur l’édition 2014 de Paris-Saclay Invest

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Le 3 juillet dernier s’est déroulée la 4e édition de Paris-Saclay Invest, qui s’impose plus que jamais comme le rendez-vous annuel des investisseurs dans les start-up technologiques.

A quoi mesure-t-on le succès d’une manifestation ? Au nombre d’inscrits qui s’y rendent effectivement, bien sûr. Mais aussi au temps qu’ils restent malgré des emplois du temps qu’on devine contraints. Au regard de ces deux critères, la 4e édition de Paris-Saclay Invest a bien été un nouveau succès. Plus de 200 participants ont répondu présent en n’hésitant pas à crapahuter depuis Paris jusqu’à l’ENSTA ParisTech dès 8 h 30 du matin, pour certains, et assisté à l’ensemble du programme.

Lequel débuta par le discours de bienvenue d’Elisabeth Crépon, la directrice l’ENSTA ParisTech : discours très apprécié par son enthousiasme communicatif quant à l’engouement des étudiants pour l’entrepreneuriat, et le témoignage de Stéphane Olevier confondateur de V-Motech, la start-up lauréate de l’édition précédente. Puis vint le temps fort, la séance des pitches des fondateurs de la dizaine de start-up sélectionnées (sur la cinquantaine de dossiers reçus), couvrant un large spectre d’innovations technologiques, de NanoDiamants fluorescents (Diamlite) à des solutions robotisées (Fybots), en passant par un dagnostic du cancer de la vessie (Fluodiagnosis), une plate-forme intelligente et personnalisée de shopping en ligne (Fitle), des coques pour smartphones permettant une impression façon Polaroid (Prynt)…

Au total une 1 heure et demie que le public n’a manifestement pas vu passer. Il faut dire qu’au-delà de la performance de nos entrepreneurs, l’animatrice de ce rendez-vous annuel, Eve Chegaray, de BMF Académie, a le don pour encourager les candidats et le public avec, tout en veillant à faire respecter, avec doigté et humour, le timing (qu’ils soient seuls ou deux à présenter leur concept, les candidats disposaient en principe de 5 minutes top chrono, consigne qu’ils ont été peu nombreux à respecter, mais comment le leur reprocher tant leur concept est – souvent – passionnant ?). Outre l’applaudimètre, l’intérêt des investisseurs et autres Business Angels se mesurait au nombre de questions posées. A propos de ces Business Angels, notre animatrice rapporta utilement ce qu’elle avait entendu dire de l’un d’eux, à savoir que nos cousins québécois, dans leur souci de pourchasser les anglicismes, les appelle « investisseurs providentiels ». De quoi effectivement flatter l’égo d’un entrepreneur, comme le fit remarquer judicieusement notre animatrice.

Combien d’argent nos candidats ont-ils convaincu les investisseurs de placer dans leurs projets respectifs, pour certains déjà bien au-delà de le preuve du concept ? Il est trop tôt pour le dire. Mais à en juger par le nombre d’échanges en tête à tête, dans des stands aménagés à cet effet dans le hall de l’ENSTA ParisTech, les contacts ont dû être plus que fructueux sinon prometteurs. La moindre influence enregistrée dans ce même hall à ce même moment était trompeuse : plus d’un cinquantaine des participants s’étaient rendus au deuxième étage pour assister à deux tables rondes.

L’une sur les financements alternatifs, qui fut l’occasion d’une amicale passe d’armes entre Christian Van Gysel (vice-président de Finance & technologie), et Benoît Bazzocchi (président de SmartAngels, une plateforme de crowdfunding), le premier considérant que ce mode de levée de fonds se rémunère en prélevant une commission, là où les premiers – les Business Angels – interviennent à titre bénévole. Rien de bien problématique, dira-t-on, sauf quand le porteur de projet recourt aux deux options : dans ce cas, les prêts d’honneur servent alors pour partie à couvrir la commission à verser à la plateforme de crowdfunding…

L’autre table ronde portait sur le potentiel d’entrepreneuriat étudiant de Paris-Saclay. Le visiteur qui découvrait par la même occasion ce territoire, ne pouvait qu’être impressionné par la capacité des différents intervenants – Patrick Cheenne, directeur du développement économique de l’EPPS ; Pierre Gohar, Directeur délégué à l’innovation et aux relations avec les entreprises de la Fondation de coopération scientifique (FCS) Campus Paris-Saclay ; Philippe Moreau, directeur d’IncubAlliance et Thibaut Mercey , CEO de la start-up Prestodiag – à partager une même vision. La plupart, il est vrai, se connaissent et se fréquentent régulièrement. Pierre Gohar, qui dut quitter la table ronde avant l’heure, pouvait d’ailleurs partir l’esprit tranquille, assuré que ses interlocuteurs du jour ne feraient qu’abonder dans le sens de ses propos.

Aux alentours de midi, retour en salle plénière pour assister à la remise des deux prix : l’un du public, décerné à Prynt, l’autre du Jury, décerné, lui, à Fitle. Puis vinrent les discours de clôture des organisateurs : Bruno Duval, président de Finance & Technologie et des élus des deux CCI co-corganisatrices (jusqu’ici simple partenaires) : Jean-Louis Flamand (CCI Essonne) et Alain Gosset (CCI Versailles-Yvelines), avec une mention spéciale pour ce dernier, qui, renonçant à ses notes, sut dans un discours plein d’humour, vendre aussi bien Paris-Saclay… Versailles !

La 4e édition n’était pas pour autant finie. Comme on l’a indiqué, les participants prirent le temps de s’attarder sur le site de l’ENSTA ParisTech. Et, à l’évidence, pas seulement en raison du coktail. L’occasion était trop belle pour eux de continuer à parler affaires, mais aussi de l’état d’avancement des projets de Paris-Saclay.

Voilà pour un bref aperçu de cette journée dont nous rapporterons d’autres échos à travers les entretiens réalisés avec divers participants rencontrés à cette occasion :

- Charles Nouboue, fondateur de Fitle et lauréat de l’édition 2014 du Prix Paris-Saclay Invest (cliquer ici) ;

- Stéphane et Sébastien Olevier, cofondateurs de V-Motech, lauréats de l’édition précédente, que nous avions eu l’occasion d’interviewer (cliquer ici) et qui ont bien voulu nous donner des nouvelles de leur start-up (cliquer ici) ;

- Jean-Louis Frechin, fondateur de Nodesign.net et par ailleurs Commissaire général de Futur en Seine dont l’édition 2014 a été déclinée au PROTO204 (cliquer ici).

- Ian Lipinski, entrepreneur et skipper, qui a su fédérer avec Jean-Louis Frechin de la célèbre agence Nodesign.net, des entreprises innovantes autour d’un projet de courses au large et en solitaire à bord d’un bateau de 6,50 mètres, véritable concentré de technologies (cliquer ici).

Sylvain Allemand avec le précieux concours de Manon Perret (lycéenne à la Carl – Schurz – Schule de Francfort, en stage à l’EPPS) pour l’illustration de cet article.

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