Retour sur le Rallye Entrepreneuriat Etudiant 2015. Entretien avec Nicolas Reynier

Rallye2015Paysage
La 3e édition du Rallye Entrepreneuriat Etudiant Paris-Saclay, organisée par PEIPS s’est déroulée le jeudi 22 octobre dernier à CentraleSupélec. Nicolas Reynier, conseil de dirigeants de start-up technologiques à IncubAlliance, y participait au double titre de partenaire et de coach. Il a bien voulu nous livrer ses impressions à mi-parcours de l’événement.

- Quelles sont les nouveautés de cette 3e édition 2015 du Rallye Entrepreneuriat Etudiant par rapport aux précédentes ?

Les précédentes éditions se déroulaient dans différents lieux – aux sièges d’IncubAlliance, de la CAPS, etc. ou encore au 503, au PROTO204,… – où les équipes d’étudiants pouvaient recueillir des informations et des conseils. Une manière aussi pour elles de découvrir l’écosystème de Paris-Saclay à travers des personnes variées dans des environnements différents. De là, d’ailleurs, la référence au principe du rallye : les équipes allaient d’un endroit à l’autre par leurs propres moyens. Paris-Saclay, ce n’est pas Paris et justement, c’est ce qui en fait l’intérêt : c’est un vaste territoire où on trouve des ressources multiples pour peu qu’on prenne le temps de l’explorer.

- Alors pourquoi avoir renoncé à cette formule ? N’est-ce pas ce qui en faisait l’intérêt ?

C’est vrai. Les étudiants ont moins d’opportunités de rencontrer des entrepreneurs et des startuppers comme ceux qu’on leur présentait lors de leur passage à IncubAlliance, par exemple. Mais, ils perdent aussi moins de temps dans les transports ! Et nous autres coachs, nous gagnons en qualité d’échange avec eux. Le fait de se retrouver tous dans le même endroit et d’y rester pratiquement toute l’après-midi facilite les choses. On est dans une plus grande proximité et on a plus de temps pour discuter du fonds et comprendre les besoins des candidats, et donc les aider à avancer dans l’élaboration de leur projet.

- Sauf que Centrale-Supélec – le lieu où se déroule cette 3e édition – n’est pas des plus commodes d’accès actuellement : la route pour s’y rendre est en chantier !

En effet. Il y a plein de travaux aux alentours et, en plus, il pleut, ce qui rend la route encore moins praticable à pied. J’ai d’ailleurs croisé des étudiants qui étaient un peu perdus. Moi-même, j’ai cru m’être trompé de chemin ! Mais, le Plateau de Saclay, c’est aussi cela en ce moment, un chantier, avec de la boue par temps de pluie, comme aujourd’hui. Manifestement, cela ne décourage pas les candidats. Cette année, ils étaient même beaucoup plus nombreux que les années précédentes : on a en compté plus de 160 contre une moyenne de 70-80. La quasi-totalité des inscrits a bel et bien répondu présent.

- Sans doute est-ce encore trop tôt pour le savoir – nous ne sommes qu’à mi-parcours du Rallye – mais quelles sont les qualités de cette promotion-ci ?

Ce sont à l’évidence des étudiants très intéressés et impliqués. Au-delà de leur intérêt pour l’entrepreneuriat, ils font montre de beaucoup de curiosité. Mais rien de nouveau, en réalité, de ce point de vue là. Les étudiants précédents l’étaient aussi. Et comme les années passées, ceux de cette 3e édition viennent d’horizons très variés et de différentes écoles du Plateau de Saclay, bien sûr, mais pas seulement : j’ai rencontré des étudiants qui venaient de Rambouillet, d’un IUT de l’Université Versailles Saint-Quentin. Ils ont fait plus d’une heure de trajet pour venir jusqu’ici.

- Par quel moyen ?

En voiture sinon en transports en commun, je suppose. Mais Paris-Saclay, c’est aussi le sens de la débrouille. Et puis, pour entreprendre, a fortiori lors d’un Rallye dédié à l’entrepreneuriat, il faut savoir faire preuve d’ingéniosité, même pour venir jusqu’ici !

- Un mot sur le thème de cette année, l’arbre et la lumière…

La lumière, parce que 2015 en est, comme vous le savez, l’année internationale. Quant à l’arbre, c’est, en plus d’être un clin d’œil au campus de Paris-Saclay particulièrement boisé, une manière de croiser la problématique du réchauffement climatique dans la perspective de la COP21. Une problématique à laquelle les candidats au Rallye 2015 sont particulièrement sensibles.

- Quel intérêt tirez-vous de ce genre de manifestation ?

Celui, d’abord, de pouvoir aller à la rencontre des étudiants et de mieux prendre la mesure de leur appétence pour l’entrepreneuriat. A IncubAlliance, j’ai affaire à des startuppers déjà bien avancés dans leur projet entrepreneurial et qui ont d’ailleurs pour la plupart fini leurs études. Même si le Rallye ne dure qu’une demi journée, il offre l’occasion de premiers échanges de qualité avec des étudiants qui seront peut-être un jour entrepreneurs. Et puis, encore une fois, les candidats font preuve de beaucoup de curiosité. Ce qui est revigorant !

- Vous intervenez comme partenaire institutionnel, mais aussi comme coach. Quels conseils leur prodiguez-vous en l’occurrence ? Et d’ailleurs, comment vous y prenez-vous ? Ces étudiants ne sont pas encore entrepreneurs à la différence des personnes que vous côtoyez au quotidien à IncubAlliance…

Certes, au quotidien, j’ai, encore une fois, plus affaire à des startuppers. Le Rallye relève plus de l’amusement que du projet réel avec tous les risques auxquels l’entrepreneuriat expose dans la vraie vie. Mais si on joue vraiment le jeu, alors on apprend à se poser les bonnes questions qui détermineront la possibilité de réaliser un bon projet entrepreneurial. En matière d’entrepreneuriat innovant, il ne suffit pas, en effet, d’avoir une bonne idée de produit ou de service. Il faut aussi s’assurer d’avoir le modèle économique qui va avec, de s’entourer des compétences en matière technologique, mais aussi commerciale, de marketing, de communication. Sans aller jusqu’à l’élaboration d’un business plan, encore moins à la preuve de concept, un événement comme celui-ci permet de sensibiliser à la complexité d’un projet d’entrepreneuriat innovant, en ayant bien en tête le marché qu’on veut adresser, les clients qu’on veut toucher, les services qu’on pourra apporter au-delà du produit. Sans compter les enjeux de la propriété intellectuelle auxquels on ne pense pas spontanément, y compris quand on est startupper. Bref, au terme du Rallye, les candidats repartiront au moins avec la conviction que pour faire de l’entrepreneuriat innovant, il ne suffit pas d’inventer une solution technologique, encore faut-il s’assurer qu’un marché existe bel et bien et…

-… et apprendre à travailler en équipe…

J’allais le dire ! C’est à mon sens la chose la plus importante. Une seule personne ne peut réunir toutes les compétences – technologique, commerciale, marketing, etc. – requises pour entreprendre. Elle doit donc savoir s’entourer des bons partenaires et associés. D’ailleurs, les start-up que nous hébergeons à IncubAlliance sont le plus souvent fondées par des personnes venant d’horizons disciplinaires et professionnels très différents et néanmoins complémentaires. Et l’intérêt du Rallye est justement de mettre en compétition des équipes composées de personnes qui ne se connaissent pas encore le matin même. Un élève en école d’ingénieur peut ainsi très bien se retrouver avec un autre qui, lui, fait des études en gestion ou en marketing. Force est de constater qu’à chaque fois la magie opère : une complicité s’instaure instantanément. Des équipes en viennent même très vite à adopter des stratégies comme, par exemple, répartir les partenaires à contacter, entre leurs membres et selon leurs domaines de spécialisation. Ce qui suppose d’avoir pris le temps de bien se connaître.

- Une équipe vous paraît-elle déjà sortir du lot ?

C’est naturellement trop tôt pour le dire. D’autant que je n’en coache qu’une partie. Mais j’en ai déjà repéré une qui propose un projet particulièrement intéressant. Au point que je me dis que, si elle allait au bout de son idée, on pourrait même envisager, à IncubAlliance, de l’accompagner.

Voir aussi le témoignage d’Halima Mrabti, Chargée de projets Attractivité et Entrepreneuriat à la direction de la stratégie de l’EPPS (pour y accéder, cliquer ici).

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