Retour sur le lancement d’Hello Tomorrow au PROTO204

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Le 17 février dernier, était lancé au PROTO204, le challenge Hello Tomorrow, un concours mondial dédié à l’entrepreneuriat technologique. Une nouvelle occasion de prendre le pouls de la très active communauté de l’innovation de Paris-Saclay.

Paris-Saclay est décidément riche d’une vraie communauté d’entrepreneurs innovants. Ceux qui en douteraient encore n’avaient qu’à se rendre ce mardi 17 février au PROTO204. Ce soir-là, y était lancé Hello Tomorrow, un concours mondial (vous avez bien lu), dédié à l’entrepreneuriat technologique et qui récompense les meilleurs projets dans les six champs majeurs de l’économie de demain : l’agriculture et l’alimentation ; les matériaux et la production industrielle ; les transports et la mobilité ; la santé ; l’énergie et l’environnement ; enfin, les technologies de l’information. Pour y participer, les candidats doivent être porteurs de projets ayant développé une technologie innovante ou avoir créé une start-up depuis moins de deux ans et levé moins de 250 k€. Les lauréats de chaque catégorie reçoivent un chèque de 15 000 euros, auquel s’en ajoutera un autre de 100 000 euros pour le meilleur d’entre eux. Indépendamment de ces prix, participer à Hello Tomorrow, c’est intégrer une communauté qui vit au rythme de conférences et d’ateliers, et bénéficier des conseils avisés de bénévoles entrepreneurs répartis à travers le monde.

Un riche panel

Pour encourager les éventuels candidats de Paris-Saclay, un panel très varié d’acteurs de cet écosystème, chacun y allant de son témoignage et de ses conseils :

- Guillaume Pasquier, Directeur général délégué de l’EPPS, à l’initiative de la création du PROTO204 et qui a tenu à rappeler à quel point un établissement dédié à l’aménagement du territoire et donc censé construire des routes et des bâtiments, pouvait aussi contribuer aux dynamiques d’innovation par la création de lieux comme celui-ci, qui, en moins d’un an, sous la houlette de Ronan James, a fait la preuve de son succès (150 événements organisés, drainant pas moins de 3 000 personnes…).

- Thierry Taboy, Vice-Président de la Responsabilité Sociale d’Entreprise du Groupe Orange, qui a rendu compte d’initiatives menées par le célèbre opérateur de téléphonie, notamment, en direction de publics défavorisés, non sans mettre l’accent sur le changement de culture que la démarche d’innovation collaborative implique pour les ingénieurs (en l’occurrence, ne plus chercher à tout faire, mais accompagner les autres pour les amener à faire).

- Vincent Gourlaouen, Manager du Groupe de Mathématiques Appliquées au Centre de Recherche Air Liquide, qui a, lui, témoigné des possibilités concrètes de la coopération entre scientifiques et entrepreneurs, autour des nouvelles technologies.

- Pierre Gohar, Directeur de l’Innovation et des Relations avec les Entreprises de l’Université Paris-Saclay, que nous avons déjà eu l’occasion d’interviewer (pour accéder à l’interview, cliquer ici). Avec son brio habituel, il a rappelé comment le contexte de Paris-Saclay remettait en cause le schéma classique de l’innovation. D’un schéma linéaire, menant de l’invention à la maturation en passant par la prématuration, nous sommes passés à un schéma plus itératif, obligeant à s’ajuster à chaque étape en fonction des contraintes, mais aussi des opportunités nouvelles qui se présentent. Et le même de rappeler l’objectif pour la nouvelle Université Paris-Saclay, à savoir déboucher sur « 3 à 4 success stories dans les dix ans », à même de faire gagner le campus en visibilité au plan mondial. Outre la mise en place de la filière entrepreneuriat étudiant, elle est aidée en cela par tout l’écosystème particulièrement dynamique dans lequel elle s’inscrit et qui s’est récemment enrichi de la création de la Société d’Accélération de Transfert Technologique (SATT) Paris-Saclay, dont nous avons rendu compte de la matinée de lancement (pour y accéder, cliquer ici) et dont le président, Xavier Apolinarski, était également convié à intervenir.

Prolongeant le propos de Pierre Gohar, il a saisi l’occasion de rappeler les moyens substantiels dont disposait cette structure (55 millions d’euros) pour contribuer à la valorisation de la recherche académique à travers le dépôt de brevets et/ou l’accompagnement de start-up (à savoir de 150 à 500 kilo d’euros par projet).

- Etienne Krieger, entrepreneur et Professeur à HEC, très impliqué dans la promotion de l’entrepreneuriat à Paris-Saclay et qui a déjà eu l’occasion de nous livrer sa vision de la création d’entreprise (pour accéder à l’entretien, cliquer ici). Il a de nouveau insisté sur la dimension à la fois collective et humaine de l’entrepreneuriat innovant. Les grands succès, s’est-il plu à rappeler, sont le fait de gens complémentaires qui savent allier leurs compétences, à la manière d’un « jazz band ». Autrement dit, adeptes du one man show, passez votre chemin. Et le même d’inviter les candidats à « mouiller leur chemise pour convaincre les investisseurs en évitant l’usage abusif de l’Excel pour présenter leur business plan ». En verve, il les a encore invités à investir l’écosystème de Paris-Saclay, lequel « ne s’use que si on ne s’en sert pas ». On ne saura mieux dire. Curieusement, il n’a pas saisi l’occasion d’annoncer la création avec son collègue Romain Beaume (Ecole polytechnique), d’un MOOC sur le thème «  Créer et développer une startup technologique ». Programmé le 1er avril prochain (ce n’est pas un poisson…), il sera accessible sur la plateforme Coursera. On répare donc cet oubli en profitant à notre tour de cette occasion pour annoncer un prochain entretien avec lui sur la genèse de ce projet et son contenu (en attendant, vous pouvez en savoir plus, en cliquant ici).

- Philippe Moreau, Directeur Incuballiance (l’incubateur technologique installé à quelques encablures du PROTO204), qui n’a pas, lui, manqué l’occasion de rappeler la nécessité d’une mutualisation accrue entre les lieux innovants et, au-delà, de créer une vraie communauté d’entrepreneurs innovants, les « vrais acteurs de Paris-Saclay », pour faire profiter de leurs expériences aux jeunes startuppers et étudiants entrepreneurs.

- Enfin, Rémi Dangla, Président de Stilla Technologies, une spin-off de l’Ecole polytechnique, que nous avions eu l’occasion d’interviewer avec un cofondateur (pour accéder à l’article, cliquer ici) et auquel revient immanquablement la palme de la meilleure formule de la soirée : «  C’est sur la ligne du RER B, qu’a été conçue notre start-up ! » Manière de dire que les longs moments d’attente pour cause de retards, mais aussi de difficultés à téléphoner dans le long tunnel entre Denfert-Rochereau et Gare du Nord, ont été propices à de vrais temps de réflexion et d’échanges avec ses partenaires. Une idée qui n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd, en l’occurrence celle de Jakob Hoydis, de Spread – une start-up à l’origine d’une application mobile qui se propose de redonner à chacun sa maîtrise de son réseau social, et dont nous avons interviewé le cofondateur, François Mériaux (pour accéder à l’article, cliquer ici). En aparté, Jakob Hoydis nous faisait part d’une idée, celle d’une nouvelle application, permettant aux usagers du RER B de se retrouver par affinités et le temps d’un trajet, pour discuter d’un projet. On ne saurait trop l’encourager à la creuser.

Un écosystème dynamique

Parmi le public venu nombreux (de mémoire de journaliste, nous n’avons pas souvenir d’avoir vu autant de personnes au PROTO204), bien d’autres acteurs de Paris-Saclay, qui auraient pu tout aussi bien intervenir, dont des étudiants porteurs de projets innovants. On aura reconnu en particulier les lauréats des prix Kite de la très dynamique ENSTA ParisTech, manifestement heureux de participer à un écosystème aussi dynamique (lauréats auxquels nous avions consacré un article ; pour y accéder, cliquer ici). Tout ce beau monde était convié à un cocktail pour échanger de manière informelle. Une heure après, beaucoup s’attardaient encore au PROTO204. Une illustration de ce que ces mêmes élèves de l’ENSTA ParisTech nous avait confié, à savoir que l’apparente difficulté d’accéder au Plateau de Saclay pouvait aussi avoir pour avantage d’inciter à y rester suffisamment de temps pour maturer, avec des camarades de promo, un projet de start-up.

Quand on sait que cette soirée a été montée en moins de trois semaines – ainsi que devait le révéler Ronan James – on se dit que non seulement la communauté des entrepreneurs innovants de Paris-Saclay existe bel et bien, mais encore qu’elle sait faire preuve d’une étonnante capacité de mobilisation.

 

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