Retour sur le Challenge étudiant Paris-Saclay 2015. Rencontre avec Halima Mrabti

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Un bon millésime, c’est le sentiment qui dominait ce vendredi 5 juin 2015, à l’issue de la finale de la deuxième édition du Challenge étudiant Paris-Saclay, qui invitait cette année les candidats à réfléchir au campus du futur. Témoignage d’Halima Mrabti (au centre dans la photo illustrant cet article), qui porte ce concours au sein de l’Etablissement public Paris-Saclay.

- La seconde édition du Challenge étudiant Paris-Saclay s’est achevée le vendredi 5 juin dernier avec la finale. Aura-t-elle été un bon millésime ?

Oui, si j’en juge d’abord par le nombre d’équipes inscrites : plus de 140 pour, au final, 114 dossiers déposés, totalisant plus de 300 étudiants, aussi bien d’universités que d’écoles d’ingénieur, de commerce, de design, d’architecture, etc. La plupart ont formulé des propositions en prenant en compte le contexte spécifique du campus de Paris-Saclay. A l’évidence, celui-ci intéresse et bien au-delà de ses limites : beaucoup de candidats venaient d’autres établissements membres de l’Université Paris-Saclay, et même de l’étranger. Je pense en particulier à cette équipe de Bulgares qui figurait d’ailleurs parmi les finalistes.
Un bon millésime donc, y compris au regard des thématiques traitées. Le développement durable figure toujours en bonne place parmi les préoccupations de nos étudiants, et tout particulièrement les enjeux de mobilité (avec une prédilection pour le vélo, mais aussi les véhicules électriques). A quoi s’ajoute cette année un intérêt pour l’entrepreneuriat (deux équipes finalistes avaient des projets d’incubateur, l’un tourné vers la valorisation des expériences d’échec, l’autre géré par les étudiants eux-mêmes). Preuve s’il en était besoin que le Campus Paris-Saclay est désormais bien reconnu comme un haut lieu de l’entrepreneuriat innovant et pas seulement technologique, mais aussi social. Last but not least, beaucoup de propositions ont porté sur des services.
Bien sûr, les étudiants ont pleinement intégré les possibilités du numérique, des applications mobiles, du crowdfunding ou encore de la géolocalisation. Pour autant, ils ne misent pas tout sur la techno. Ils sont aussi soucieux du lien social. Beaucoup des propositions visent d’ailleurs à faciliter les rencontres, entre étudiants, mais aussi avec des professionnels. Le concept n’est alors bien souvent qu’un prétexte pour ce faire. Je pense par exemple à celui consistant à produire du miel sur le Campus, au moyen de ruches de nouvelle génération ; elles sont clairement conçues pour favoriser la rencontre entre les étudiants autour d’un projet commun.
Certes, nous-mêmes avions mis en avant les enjeux de lien social, de qualité de vie et de services innovants dans nos recommandations. Le Challenge n’en est pas moins l’occasion de prendre la température quant aux attentes des étudiants, en faisant remonter leurs préoccupations à travers des projets concrets. C’est dire s’il peut aussi intéresser les diverses parties prenantes du Campus : l’Université Paris-Saclay ; l’EPPS, à l’initiative de cet événement, mais aussi les acteurs économiques, etc.

- De fait, le Challenge a plusieurs entreprises pour partenaires…

Et non des moindres puisqu’il s’agit de la Sodexo, d’EDF, de Renault, du Crédit Agricole et de la Sodearif. Je tiens d’ailleurs au passage à remercier leurs représentants respectifs qui ont pris à cœur leur participation au jury en prenant le temps d’examiner chaque dossier. Tous ont pour particularité de relever de la direction de l’innovation de leurs entreprises respectives, ou de son équivalent*. La table ronde qui a précédé la remise des prix a été l’occasion pour eux de souligner leur intérêt pour Paris-Saclay. Tous le voient comme un laboratoire à grande échelle, propice non seulement à de l’innovation, mais aussi à l’invention de nouvelles modalités pour celle-ci (à travers la création de lieux innovants, de FabLab, etc.), que ce soit dans le domaine de la mobilité durable (Renault), la gestion intelligente de l’énergie (EDF), le bâtiment de demain (Sodearif), l’innovation IT (le Crédit agricole), ou la gestion de campus universitaires (Sodexo).

- Venons-en donc à la finale et à l’identité du gagnant…

Quitte à faire durer encore le suspens (rire), je rappelle que cette finale mettait en lice six équipes : les cinq premières parmi les 25 présélectionnées par le jury auquel en a été ajoutée une 6e retenue par le public via les réseaux sociaux. Soit, en partant du 6e au premier :
- « Pari’nnovation » : l’Incubateur innovant de la seconde chance, dédié aux échecs entrepreneuriaux et porté par trois étudiants de CentraleSupélec ;
- « The Blue Sky », une application numérique de gestion intelligente de son agenda et de mise en visibilité des événements du campus. Un projet porté par trois étudiants, l’un de Supélec/Politecnico di Milano, un autre de l’IOGS et de la Novossibirsk State University, enfin, un troisième de l’Istituto Marangoni ;
- « Je suis Saclay », le réseau de communication interne au campus Paris-Saclay imaginé par deux étudiants de Télécom ParisTech et d’un étudiant de l’ENS Cachan ;
- « Yo Soy », l’incubateur auto-géré par les étudiants proposés par deux élèves de Télécom ParisTech ;
- « Quantum », l’outil de géolocalisation sur le campus, à l’extérieur et à l’intérieur des bâtiments, dû, comme je l’ai dit, à trois étudiants bulgares, l’un de la Technical University of Sofia, un autre de l’University of Architecture, Civil Engineering and Geodesy, enfin, le troisième, de l’University of national and economy.

- Le gagnant étant…

« L’Arbre », un projet porté par Hanaé Lépine, Alexis Bartouilh de Taillac et Henri Aubin, tous trois étudiants de CentraleSupélec. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un arbre, mais à palabres et 2.0, numérique et interactif, composé d’écrans tactiles de racines lumineuses, qui permettrait de communiquer, de prendre connaissance des événements qui se déroulent sur le campus, etc. L’équipe a proposé de le « planter » dans le « . F », objet d’un appel à projets innovant en vue d’en faire, toute proportion gardée, une sorte de PROTO204 du côté du Quartier de Moulon. Preuve au passage que les candidats avaient bien pris connaissance du contexte et compris que ce bâtiment est appelé à devenir un lieu emblématique de ce quartier. Il est vrai que le futur bâtiment de CentraleSupélec jouxtera le « . F »

- Quelle chance un tel projet a-t-il de voir le jour ?

L’équipe lauréate a commencé à réfléchir à un modèle économique, dans une logique partenariale avec des acteurs aussi bien privés que publics. Il reste qu’un tel projet, de par sa monumentalité même, ne sera pas forcément facile à concrétiser. Mais rien n’empêche de le retravailler pour le faire tenir dans un cahier des charges plus réaliste. Déjà, à ce stade, la proposition a le mérite d’ouvrir des pistes qui pourront inspirer, qui sait, d’autres projets plus facilement réalisables. Et puis, n’oublions pas les autres projets imaginés au cours de cette édition 2015 du Challenge étudiant. Pour s’en tenir aux autres finalistes, plusieurs pourraient voir le jour, sans engager des moyens importants. Je pense en particulier à Quantum, de l’équipe bulgare : avec un minimum de bonne volonté, son système de géolocalisation pourrait être mis en oeuvre au moindre coût, non sans contribuer à améliorer sensiblement la qualité de vie des étudiants. Car trouver une salle sur un campus n’est déjà pas toujours simple en l’absence de signalétique. Je peux en témoigner personnellement : du temps de mes études, je perdais pas mal de temps à trouver la bonne. Et pourtant je n’étais pas sur un campus aussi vaste que celui de Paris-Saclay !
Nous pourrions citer bien d’autres exemples, qui pourraient trouver une application facile et rapide à mettre en œuvre, avec un minimum de volonté des étudiants ou des sponsors. La prochaine étape consistera d’ailleurs pour moi à revenir vers eux pour voir dans quelle mesure ils pourraient s’impliquer dans leur développement et concrétisation.

- En attendant, le Challenge étudiant n’aura-t-il pas apporté de nouveau la démonstration que Paris-Saclay est un lieu inspirant pour des solutions innovantes, facilitant la vie des étudiants ?

Si, et c’est que je disais au début de notre entretien : cette édition apporte la démonstration que Paris-Saclay intéresse et est de plus en plus perçu comme un laboratoire d’idées, qui offre l’opportunité de réunir des acteurs très divers : publics et privés : écoles, universités entreprises, laboratoires, start-up, etc. qui n’ont pas autant l’occasion que cela de se rencontrer.

* Sodexo : Jean-Louis Juge ; EDF: Bernard Declerck ; Sodearif : Rémi Bouttin ; Crédit Agricole : Jacques Baume ; Renault : François Pistre.

Merci à Hugo Noulin, pour les photos qui illustrent cet article. Nous ne saurions trop d’ailleurs vous inviter à visiter son site personnel (pour y accéder, cliquer ici). Magnifique !

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