Retour sur la 8e rencontre du CSIS

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Le 20 mars dernier se déroulait la 8e Rencontre du Collège des Sciences de l’Ingénierie et des Systèmes (CSIS). Laurent Michard, son directeur exécutif a bien voulu nous en dresser un premier bilan au terme de la journée.

Pour sa 8e Rencontre, organisée le 20 mars dernier, le CSIS revenait à l’ENS Cachan (qui avait accueilli la première édition), pour une visite des laboratoires de l’un de ses trois instituts : l’Institut Farman, lequel en regroupe 5 dans le domaine de la modélisation, la simulation et la validation des systèmes complexes (voir encadré). Près d’une centaine de personnes avaient répondu présent, des chercheurs confirmés comme des doctorants, venus des établissements membres du CSIS ou d’autres laboratoires, témoignant ainsi du succès grandissant de cette manifestation. 

Les laboratoires de l’Institut Farman

L’Institut Farman compte 5 laboratoires (tous unités mixtes de recherche du CNRS, hormis le Lurpa) : le Centre de Mathématiques et de Leurs Applications (CMLA) ; le Laboratoire de Mécanique et de Technologie de Cachan (LMT) ; le Laboratoire Spécification et Vérification (LSV) ; le Laboratoire Universitaire de Recherche en Production Automatisée (LURPA) et le Laboratoire des Systèmes et Applications des Technologies de l’Information et de l’Energie (SATIE).

En cette veille de printemps, le soleil était au rendez-vous ajoutant ainsi à la convivialité de la journée dont l’après midi était consacré à la visite de laboratoires répartis entre plusieurs bâtiments de l’actuel campus de l’ENS Cachan (appelé à rejoindre celui de Paris Saclay à l’horizon 2018). Parmi les nouveautés : un concours du meilleur poster de thèse, destiné à permettre aux doctorants de mieux faire connaître leurs travaux. Directeur exécutif du CSIS, Laurent Michard, que nous avons déjà eu l’occasion d’interviewer (cliquer ici), a bien voulu dresser un premier bilan de la journée.

- Pouvez-vous rappeler le principe des rencontres du CSIS ?

Une des principales missions du CSIS est de fédérer la communauté des sciences pour l’ingénieur et des sciences de l’information et de la communication de Paris-Saclay. Les rencontres sont un des principaux outils pour y parvenir. Cette 8e édition n’a pas été fondamentalement différente des précédentes ni dans son format ni dans ses objectifs. Cependant, elle a été marquée par un temps fort : la première présentation du mur d’images de l’Institut Farman, désormais disponible. Ce tout nouvel équipement fait partie du réseau DIGISCOPE, une infrastructure de visualisation haute performance pour l’interaction collaborative avec des données et des calculs massifs. Le réseau DIGISCOPE permettra de travailler sur les problématiques des interactions à distance.

- De faire en somme un cluster virtuel ?!

(Sourire) Oui, en quelque sorte. Précisons encore que cette 8e Rencontre a été une manière de boucler une boucle, au sens où la première édition s’était déroulée à l’ENS Cachan (elle avait été accueillie par un autre de ses instituts, l’Institut d’Alembert). Entre-temps, nous aurons pratiquement fait le tour des autres établissements partenaires du CSIS (l’ECP, Supélec et l’Université Paris-Sud), sans compter des escapades comme à l’Ecole polytechnique, en juillet 2013, et au DHU Hépatinov, en novembre de la même année.

- Quel regard l’ancien cadre de l’industrie que vous êtes, pose-t-il sur cet établissement d’enseignement supérieur ?

Pour moi, qui viens effectivement du monde de l’industrie, l’organisation de l’ENS autour d’instituts (elle en compte trois ; en plus des deux cités : l’Institut fédératif des sciences humaines et sociales) est particulièrement intéressante : elle est propice à une approche pluridisciplinaire de problèmes scientifiques, définis de surcroît à partir des problématiques des acteurs industriels (sans exclure cependant la poursuite de projets relevant de la recherche fondamentale). Et manifestement, elle n’envisage pas d’y renoncer, malgré son intégration au sein de l’Université Paris Saclay. On le perçoit clairement à travers la maquette de ses futurs locaux, qui a été présentée au cours de la matinée. Sa recherche sera répartie en trois pôles, dédiés chacun à un des instituts. Non seulement l’ENS de Cachan a été à travers eux pionnière dans la promotion de l’interdisciplinarité, mais encore elle persiste et signe en l’inscrivant au cœur de l’architecture de son futur bâtiment. Cette structuration en instituts a fait ses preuves. Nul doute qu’elle va faire école au sein de l’Université Paris-Saclay.

- « Boucler la boucle » avez-vous dit. Est-ce à dire que c’était la dernière rencontre ?

Non et je suis déjà en mesure de vous dire qu’il y aura une 9e rencontre : elle se déroulera le 24 juin prochain, à l’Ecole Centrale Paris, dans le cadre des Assises européennes de la « fabrication additive » (le terme scientifique pour désigner l’impression 3D). Elle sera l’occasion de nourrir le projet de plateforme, que nous comptons créer sur Paris Saclay pour assembler les compétences dans ce domaine. Une chose est sûre : les laboratoires ayant participé aux précédentes éditions sont loin d’avoir montré toute la richesse qu’ils recèlent. Nous pourrions donc largement justifier d’un deuxième tour, sans exclure de sortir du cercle des quatre établissements fondateurs.

- Quels sont les effets de ces journées dans la durée : des chercheurs prennent-ils d’eux-mêmes l’initiative de se voir après les rencontres du CSIS ?

A défaut d’indicateurs précis, j’ai plusieurs exemples, qui me donnent à penser que des prises de contact ont été la conséquence directe de nos rencontres. Par ailleurs, pratiquant depuis maintenant deux ans et demi la communauté scientifique de Paris Saclay, je mesure le chemin parcouru dans la communication entre les chercheurs. Les Rencontres ont contribué à ce progrès, sans nul doute.

- En revanche, vous avez un indicateur objectif : le nombre d’inscrits et de présents. Qu’en est-il à cet égard ?

Vous pouvez en juger par vous-même : les chercheurs viennent nombreux assister aux conférences et aux visites. Nous en sommes désormais systématiquement à plus d’une centaine d’inscrits, y compris pour cette rencontre-ci. Dès que les inscriptions ont été lancées, les demandes ont afflué au point que nous avons dû les limiter pour accueillir les participants dans de bonnes conditions. J’ajoute que plusieurs inscrits sont extérieurs aux établissements membres du CSIS, par exemple des chercheurs du CEA et de l’École Polytechnique, mais nous considérons que cette école fait désormais partie de la famille (elle avait accueilli la 6e édition) ! Manifestement, le bouche-à-oreille fonctionne bien. Les Rencontres du CSIS sont désormais connues pour être des moments d’échanges conviviaux, pour les chercheurs comme pour les doctorants, auxquels elles s’adressent aussi. De ce point de vue, la 8e édition a aussi donné pleinement satisfaction. Elle fut d’ailleurs l’occasion d’une innovation : la remise de prix pour les deux meilleurs posters scientifiques présentés par de jeunes chercheurs (Mickaël Danancher (LURPA, ENS de Cachan) et Wenlong Wang (MSSMat, Ecole Centrale Paris).

- Dans le précédent entretien que vous nous aviez accordé, vous faisiez état d’un travail d’inventaire des ressources, des compétences et des équipements dont disposent les laboratoires partenaires du CSIS pour une valorisation auprès d’industriels. Où en êtes-vous ?

Ce projet, qui prend la forme d’une base de données, a bien avancé, en passant néanmoins par une phase assez longue de mise en ligne. Cette phase est pratiquement terminée.

- Pourquoi ce retard ? Vous êtes-vous heurté aux réticences de chercheurs ?

Des réticences, il y en eut assez peu, et elles se sont depuis dissipées : les chercheurs sont désormais convaincus de l’intérêt du projet. Si retard il y eut, il tient davantage à des problèmes techniques. Mettre en ligne une base de données comme celle-ci ne s’improvise pas. Il nous faut être attentifs aux problèmes de sécurité et de gestion des droits d’accès (la nôtre aura jusqu’à six niveaux d’autorisation…). Cette base comporte en outre un thésaurus de quelque 850 mots clés français et autant en anglais, qu’il a bien fallu constituer. Précisons encore que cette base de données propose un double recensement : celui des équipements, d’une part, celui des compétences scientifiques, d’autre part. Le premier recensement sera disponible prochainement. Le second le sera d’ici quelques mois. Je précise que, comme tous les projets du CSIS, celui-ci a vocation à s’étendre à l’ensemble de l’Université Paris-Saclay. Nous sommes actuellement en discussion avec la Fondation de Coopération Scientifique (FCS) pour mettre cet outil à disposition de tous les autres établissements qui en sont membres. Nous sommes donc bien dans la vocation du CSIS qui est de lancer des projets, en laissant le soin aux acteurs de Paris Saclay, s’ils le jugent utile, de se les approprier.

Légendes des photos : en Une, grand format : démonstration du mur d’images de l’Institut Farman ; en Une, petit format : Laurent Michard, en conclusion de la journée ; photo illustrant l’article : Pierre-Paul Zalio, président de l’ENS Cachan lors de son intervention. Crédit : ENS Cachan.

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