Innovation Summer Camp… innove. Rencontre avec Alexandre Hamroun

ISC2016Paysage
Du 27 juin au 1er juillet se déroulera la 3e édition de l’Innovation Summer Camp, à l’ESTACA, sur la base d’une nouvelle organisation. Son chef de projet, Alexandre Hamroun, nous en dit plus.

- Si vous deviez vous présenter en quelques mots…

Je suis diplômé de la Kedge Business School de Marseille. J’ai débuté ma carrière au sein de grands groupes, mais me suis rapidement aperçu que cela ne me convenait pas. J’ai déjà l’expérience de l’organisation d’un concours autour de l’entrepreneuriat qui a d’ailleurs conforté ma fibre entrepreneuriale.

- Comment vous-êtes-vous retrouvé à participer à l’organisation de cette nouvelle édition de l’ISC ?

J’ai répondu à une annonce de Ghislain Delabie, en charge du pilotage, par ailleurs expert en mobilité et intervenant à l’ESTACA. Il recherchait un « Chief Participant Happiness Officer » [un chef de projet, mais qui a aussi la responsabilité de faire travailler ses collaborateurs dans la bonne humeur ! ]. Nous avons commencé à réfléchir ensemble en avril de cette année, en partant de pratiquement rien… En quelques semaines, nous avons pu mettre en place une organisation et un programme. Je tiens d’ailleurs à remercier au passage toute l’équipe car, comme vous l’imaginez, nous ne sommes pas seuls. Début mai, nous avons recruté une dizaine de coaches pour accompagner les participants. Nous nous sommes réunis tout récemment, en nous appliquant à nous-mêmes, mais en deux jours, la méthode proposée aux candidats de manière à passer en revue tous les aspects du programme.

- Vous êtes « partis de rien », dites-vous. Il y a avait pourtant l’expérience des précédentes éditions…

Oui, mais elles avaient été organisées à l’initiative de l’Institut d’Optique en collaboration avec d’autres partenaires. A compter de cette 3e édition, l’Innovation Summer Camp sera organisée par l’Université Paris-Saclay et l’ESTACA, en partenariat avec des entreprises (Renault, Nokia,…) ou encore Start in Saclay. L’ISC s’adresse toujours aux étudiants de Bac + 3 à niveau thèse, et l’esprit reste le même : il s’agit toujours de traiter d’une problématique intéressant le territoire de Paris-Saclay, en l’occurrence, cette année, les mobilités [pour mémoire, les deux précédentes éditions avaient eu pour thème : « Les robots et nous » et la « Ville de demain »]. De là, également, le partenariat avec La Fabrique des Mobilités. Mais le changement au plan de l’organisation s’est traduit par l’adoption d’une nouvelle méthode.

- Comment interprétez-vous le fait de pouvoir ainsi perpétuer un événement, même avec une toute nouvelle organisation ? N’est-ce pas une illustration du fait que Paris-Saclay présente un terreau suffisamment favorable aux initiatives en faveur de l’entrepreneuriat innovant ?

Si, effectivement. Cela montre aussi que l’événement est en train de se pérenniser. Cette année, il sera donc accueilli par l’ESTACA. Cela répond au souhait de l’Université Paris-Saclay d’associer l’événement à l’ensemble du campus et pas à une école en particulier.

- Sans exclure la possibilité pour celle qui accueille l’événement d’ajouter sa touche ?

Non, bien sûr. D’ailleurs, cette année, l’ESTACA nous permettra, du fait de ses spécialisations et ses ressources, de traiter de problématiques touchant aux mobilités et de pousser encore plus loin le recours au prototypage numérique. Reste que c’est bien l’Université Paris-Saclay qui porte l’événement.

- Quels sont les changements majeurs par rapport aux deux précédentes éditions ?

Le principal porte sur la méthode, ainsi que je l’indiquais. Les précédentes éditions en avaient adopté une mise au point par les organisateurs eux-mêmes, sans être formalisée à proprement parler. Cette nouvelle édition reposera sur une méthode bien définie, en l’occurrence, Design Sprint de Google. Elle a l’avantage de bien cadrer les choses : le premier jour, chaque participant sera invité à traiter d’une problématique touchant aux mobilités ; charge à lui de trouver des solutions en s’associant à d’autres, d’en concrétiser une en la prototypant, enfin de la pitcher de façon à emporter des dotations au cas où elle souhaiterait aller au-delà, en créant une start-up. Par bien des aspects, nous ne sommes donc pas loin du principe de l’Hackathon ou du Startup Weekend à ceci près que nous poussons la logique plus loin en donnant aux participants les moyens de concrétiser leurs solutions. J’ajoute que l’Innovation Summer Camp met également l’accent sur l’utilisation de plateformes et de communs avec l’idée de ne pas partir de zéro, mais d’utiliser les ressources et outils existants, pour gagner du temps, mais aussi faire plus avec moins.

- Quels sont les premiers échos auprès des étudiants ? Comment les étudiants réagissent-ils à cette édition ?

Le retour est plutôt positif. Ceux qui ont déjà l’expérience d’un Startup Weekend ou d’un Hackathon nous disent apprécier le fait de travailler un peu plus dans la durée, de pouvoir aller plus loin dans la démarche créative. Le seul bémol concerne les dates qui correspondent à des périodes de stage, pour certains élèves ingénieurs.
Plusieurs étudiants se sont néanmoins déjà inscrits. J’en profite pour préciser à ceux qui ne l’auraient pas encore fait que les droits d’inscription sont progressifs à mesure qu’on avance dans le temps : ils sont de 30 euros pour ceux qui répondent avant le 1er juin minuit ; de 60 euros d’ici le 8 juin minuit ; enfin, de 100 euros au-delà.

- Que dites-vous à ceux qui objectent le fait que la création d’une start-up ne se fait pas du jour au lendemain, pas le temps d’un événement, fût-il de 5 jours ?

Qu’ils ont bien évidemment raison. Encore une fois, Innovation Summer Camp n’a pas d’autre prétention que de donner les moyens à ceux qui ont déjà le désir d’entreprendre de concrétiser leurs idées. Ce n’est évidemment pas en cinq jours qu’ils finaliseront leur projet. Le prototypage lui-même pourra se imiter au recours à des matériaux très sommaires : juste quelques feuilles, de la colle et du carton, même si nous avons envie d’aller plus loin en dans le prototypage numérique.
Au cours du programme, toutes sortes d’activités initieront les participants à différents aspects de l’entrepreneuriat innovant comme la réalisation d’un business plan, par exemple. Charge à chacun d’approfondir s’il veut passer à la création d’une start-up. Le dernier jour, les candidats pourront au moins faire valider leur concept par des professionnels.

- Y a-t-il aussi le projet de sensibiliser ces startuppers en herbe au fait qu’une start-up est une aventure collective, qu’elle suppose une aptitude à combiner des compétences ?

Oui et c’est important de le répéter. Aujourd’hui, un investisseur est d’autant plus convaincu par la qualité d’un projet qu’il est justement porté par plusieurs associés. C’est ce qu’il prendra d’ailleurs en considération avant même d’examiner l’idée. A priori, une personne qui prétendrait défendre seule son idée a moins de chance de le convaincre qu’une autre qui saura trouver des associés. Ce n’est pas tout : une équipe séduira d’autant plus qu’elle combinera des compétences complémentaires. De fait, les start-up qui marchent sont celles qui ont su associer des profils commerciaux, ingénieurs ou encore design.
Innovation Summer Camp donne l’exemple en veillant à diversifier les profils des participants. De ce point de vue, les premières inscriptions donnent satisfaction : nous comptons des élèves d’écoles de commerce et des élèves ingénieurs, des informaticiens, qui maîtrisent bien le codage, ainsi que des graphistes et designers. L’enjeu sera donc pour chacun d’eux de savoir s’associer à des profils différents.

- Revenons-en à vous, pour conclure : vous n’êtes donc pas un « enfant » de Paris-Saclay…

Non, en effet, si ce n’est d’adoption !

- Et alors, qu’elles sont vos impressions ?

C’est à l’évidence un territoire à fort potentiel. Nous avons évoqué son université et les différents établissements d’enseignement supérieur et de recherce qui la composent. Mais Paris-Saclay, ce sont aussi des entreprises et des centres de R&D : des acteurs clés qui sont autant de leviers au développement de l’écosystème. Une autre chose me frappe : c’est l’étendue de ce territoire. D’un côté, on peut y voir un handicap : un vaste territoire rend a priori plus difficile la convergence des acteurs vers une vision partagée, sans compter les possibilités mêmes de rencontres. Non pas que ce soit mission impossible, mais disons que cela prend nécessairement plus de temps. D’un autre côté, on peut y voir un défi intéressant à relever à travers, justement, l’organisation d’événements propices aux rencontres. Comme Innovation Summer Camp, par exemple !

Pour en savoir plus et s’inscrire, cliquer ici.

 

 

 

 

 

 

2 commentaires à cet article
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