RDV à Paris-Saclay Invest. Trois questions à Alain Gosset

Le 3 juillet prochain, se déroulera la quatrième édition de Paris-Saclay Invest. Présentation à travers des témoignages de partenaires de l'événement. Aujourd'hui : Alain Gosset, membre associé de la CCI de Versailles-Yvelines, en charge du Financement et de la création d¹entreprise, qui se consacre depuis plusieurs années au bénévolat pour l'appui aux créateurs et repreneurs d'entreprise.

Pour en savoir plus sur Paris-Saclay Invest, cliquer ici.

- Quelle est l’ambition de cette nouvelle édition de Paris-Saclay Invest ?

L’ambition de cette nouvelle édition est triple : 1) donner à de jeunes entrepreneurs l’opportunité de présenter leur dossier de levée de fonds. Qu’il soit retenu pour la présentation finale ou non : présenter un dossier devant un jury de sélection est un apprentissage obligatoire pour une réussite future ; 2) offrir pour les 10 meilleurs dossiers sélectionnés par le jury une exposition à un panel d’investisseurs afin de réaliser avec succès leur levée de fonds. Je rappelle que 3 dossiers sur 10 de l’édition 2013 ont trouvé un investisseur, soit 30% de réussite. Là aussi même s’il n’y a pas de concrétisation immédiate, l’expérience par le contact réel avec les investisseurs est enrichissante et permettra dans le futur d’améliorer leur présentation, d’éviter certaines erreurs ; 3) enfin, valoriser l’offre de Paris-Saclay qui nous parait un atout pour ces jeunes start-up.

- En quoi le cluster de Paris-Saclay vous paraît-il propice aux start-up ?

Les projets présentés devant le jury montrent déjà l’intérêt suscité par notre cluster. Il suffit d’entendre ces jeunes ingénieurs d’école de notre territoire, ces chercheurs et entrepreneurs pour comprendre la nécessité de rapprocher les grandes écoles, les universités celles qui sont déjà implantées et celles qui vont venir, les centres de recherches et les entreprises afin de créer des synergies, dynamiser les projets de création suite à des programmes de recherche. Rien ne sert d’investir dans la recherche, si nous n’arrivons pas à sortir des projets industriels et commerciaux qui demain créeront de la richesse et des emplois. Pour moi l’atout principal de Paris-Saclay, c’est la proximité entre la recherche fondamentale, la recherche appliquée, le partenariat avec de grandes entreprises permettant une réalisation de projets industriels de taille humaine. C’est également un atout humain.

Au service des entrepreneurs innovants

Alain Gosset a débuté sa carrière comme commercial chez IBM puis ITT. Il a ensuite créé ou restructuré des entreprises pour son propre compte ou celui de grandes entreprises ou de fonds d'investissement, en particulier dans le monde de l'internet et du marketing direct. Il a été durant plusieurs années Président du Syndicat National de la Communication Directe. Aujourd'hui agent d'assurance spécialisé dans la protection sociale et patrimoniale, il se consacre à temps partiel au bénévolat pour l'appui aux créateurs et repreneurs d'entreprise. Secrétaire de la CGPME 78, Membre associé de la CCIV en charge du Financement et de la création d'entreprise, Président de Initiative Aface Yvelines (la plateforme départementale de prêt d'honneur pour les projets à potentiel du réseau Initiative et enfin Vice président d'Initiative Ile-de-France. En 2013, il a accompagné plus de 50 créateurs /repreneurs.

Le capital humain est la richesse durable d’une entreprise. Beaucoup de start-up, pour rechercher de jeunes ingénieurs ne pensent qu’à s’installer au centre de Paris où ils vivent. Je pense au contraire que c’est une vue à court terme et que ce qu’il faut offrir aujourd’hui aux jeunes mais aussi à leur encadrement et leurs collaborateurs, c’est, d’une part, un lieu qui facilite les échanges, les confrontations d’idées, met en relation les acteurs de la création au service du développement économique ; et, d’autre part, un cadre de vie déconcentré qui évite un trop grand turnover. Paris-Saclay offre pour moi l’avantage d’être proche du monde de la recherche et des grandes entreprises industrielles ou de services, l’avantage également de la proximité de Paris et de ses centres de décision, mais aussi celui d’offrir un cadre de vie agréable : soit le cadre rural propice à une idée de bien être environnemental, soit celui d¹une ville comme Versailles qui permet un épanouissement des familles avec ses commerces de proximité, ses restaurants, et enfin son enseignement réputé dont certains créateurs ont bénéficié. Pour toute start-up, il faut non seulement séduire de jeunes ingénieurs, mais aussi des cadres expérimentés dans la finance, dans le marketing, le commercial, l’export… Notre bassin est exceptionnel pour la richesse et la diversité de ses talents jeunes ou moins jeunes. Enfin, les ressources des CCI et en particulier celle de Versailles sont des atouts supplémentaires. On ne peut être expert dans tous les domaines. La CCI est là pour aider au développement des ambitions sur notre territoire.

- En tant qu’entrepreneur, quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui entreprennent sur ce territoire ?

Ne pas se couper des centres de recherche car c¹est aussi leur avenir. Ils ont aujourd’hui créé un produit, une offre souvent issus de ces centres. Demain, il faudra obligatoirement renouveler l’offre, faire évoluer les produits, rebondir, se diversifier,… Sinon, les conseils que je donne généralement à tout entrepreneur : rester humble dans sa démarche et se concentrer sur sa réussite, son projet. Un entrepreneur doit avant tout anticiper. Le business plan qu’il présente aujourd’hui n’est qu’une boussole. Surtout, il doit éviter de confondre subvention, prêt d’honneur, levée de fonds avec un véritable chiffre d’affaires. Ces produits sont simplement et uniquement de la trésorerie afin qu’ils réalisent le plus vite possible un vrai CA avec de vrai produits de qualité et des clients.

Avoir un apport financier de l’extérieur est important pour sa trésorerie, mais il faut rester les pieds sur terre et ne pas dépenser sans compter. Il faut toujours garder l’esprit de la création « faire plus avec moins ». Rester fidèle à ses valeurs, fidèle à ses objectifs, fidèle à ses partenaires. A partir du moment où ils sollicitent des financiers, qu’ils soient privés comme les business angels ou institutionnels comme les fonds, l’entrepreneur va passer d’une entreprise patrimoniale où il était seul, à une entreprise ouverte au monde extérieur. Il a fait des promesses d’une valorisation future de l’entreprise et une valorisation n’est pas qu’une valorisation virtuelle : elle doit être obligatoirement suivi d’une sortie entre 5 et 15 ans selon les secteurs. Il faut absolument que le jeune créateur comprenne que faire entrer des investisseurs dans son capital ne consiste pas seulement à obtenir un prêt à taux zéro sans risque de remboursement en cas d’échec. C’est surtout une double promesse : celle d’une sortie et d’un partage d’information transparent, tout au long de la vie de l’entreprise.

Beaucoup trop de chefs d’entreprise cherchent à rester totalement indépendant sans vouloir réellement partager leur stratégie future avec les investisseurs. C’est une grave erreur : si tout ce passe comme prévu, pas de problème et encore ! Mais si les promesses ne sont pas au rendez vous, la confiance n’existe plus et c’est souvent une cause de changement de gouvernance.

A suivre, le témoignage de Christian Van Gysel, Vice-président de Finance & Technologie.

3 commentaires à cet article
  1. Ping : Trois questions à Christian Van Gysel | Paris-Saclay

  2. Ping : Rendez-vous à Paris-Saclay Invest | Paris-Saclay

  3. Ping : Retour sur l’édition 2014 de Paris-Saclay Invest | Paris-Saclay

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>