Quandela, une spin-tech incubcélébrée. Entretien avec Valérian Giesz

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Chaque année, le RDV est désormais pris avec IncubAlliance pour sa fête des entrepreneurs, Incubcelebration. Nous étions à la nouvelle édition, organisée le 12 décembre, à la Terrasse Discovery +x. En voici un premier écho à travers le témoignage que le cofondateur de Quandela (ici aux côtés de Corinne Borel, présidente de l'incubateur), lauréat du Grand Prix IncubAlliance remis à cette occasion, a bien voulu nous livrer sur le vif.

- Que ressentez-vous en cet instant alors que vient de vous être remis le Grand Prix IncubAlliance 2019 ?

C’est forcément beaucoup de fierté et de plaisir : quand on est entrepreneur, on se pose beaucoup de questions. Pas une semaine qui débute sans qu’on doute quant à savoir si on va réussir. Alors, finir avec un prix, de surcroît le Grand Prix IncubAlliance, cela ne peut que faire du bien et donner envie d’aller de l’avant. On se dit que ce qu’on fait suscite de l’intérêt et même de la reconnaissance. Quandela a beau se développer bien et même très bien, on est toujours à la merci de complications, d’un retournement de la conjoncture. Un prix comme celui-ci me redonne un peu de l’énergie dont j’ai besoin pour poursuivre l’aventure avec mes deux associés – Pascale Senellart et Niccolo Somaschi – et nos équipes, avec lesquels, bien sûr, je le partage.

- Rappelons qu’avec Quandela vous avez investi un champ particulièrement complexe, puisque votre start-up est spécialisée dans la conception et fabrication de solutions performantes et compactes pour le développement des technologies quantiques. On imagine que les encouragements, sous la forme d’un prix comme celui-ci, sont d’autant plus les bienvenus…

En investissant la mécanique quantique, nous avons fait le choix d’un marché où il n’est pas encore envisageable de faire des ventes massives dans un avenir immédiat. C’est dire s’il faut savoir se projeter à long terme. Mais, avec mes associés et nos équipes, nous nous accrochons. Parfois, nos intuitions se révèlent justes, parfois non. Notre parcours est fait aussi d’échecs. Mais comme chacun sait, c’est aussi comme cela qu’on apprend, qu’on progresse. Le prix reçu ce soir, j’y reviens, ne peut que nous encourager à persévérer. J’y vois une reconnaissance de nos efforts, de la confiance que d’autres, des professionnels de l’innovation et des investisseurs, placent dans notre concept.

- D’autant que ce n’est pas le premier prix que vous recevez…

Non, en effet. Quandela a été lauréat du Grand Prix i-Lab en 2018, pour ne citer que l’un des derniers en date. Nous jouissons d’une reconnaissance internationale. Cela nous conforte dans l’idée que nous sommes sur la bonne voie. Nous nous gardons pour autant de crier victoire. Il nous faut encore nous accrocher. Et, encore une fois, c’est que nous encourage à faire le Grand Prix d’IncubAlliance.

- Où en êtes-vous justement dans votre développement ? Nous avons cru comprendre que vous aviez procédé à de nouveaux recrutements.

En effet, en plus de nos recrues scientifiques, nous avons recruté une personne pour renforcer la communication. Car, il ne suffit pas de faire les choses bien, il faut encore le faire savoir ! Pour l’entrepreneur que je suis, pouvoir augmenter ses effectifs et ainsi créer des emplois, c’est une vraie satisfaction. Et ce n’est pas fini. Nous comptons procéder à une nouvelle vague de recrutements. Ce qui est un vrai challenge car il faut non seulement trouver les personnes ayant les compétences dont on a besoin, mais aussi qu’elles s’intègrent bien au sein de l’équipe. De ce point de vue, je ne peux que me réjouir de la manière dont les choses se passent.

- Est-ce à dire que votre volume d’activité progresse ?

Oui, nous avons contractualisé avec de nouveaux clients et sommes sur le point de livrer de nouveaux produits. Nous sommes par ailleurs en quête d’investisseurs pour financer les futurs projets que nous souhaitons décliner à partir de notre technologie. Ces projets sont ambitieux, mais nous y croyons parce que nous avons confiance en cette dernière.

- Dans quelle mesure l’écosystème de Paris-Saclay se révèle-t-il favorable ?

Cet écosystème a pour lui l’avantage de pouvoir bénéficier de la richesse des laboratoires, qui y sont implantés. Quandela est elle-même une spin-tech, issue de l’un d’eux – le Centre des Nanosciences et des Nanotechnologies (C2N). Deux ans après sa création, en 2017, nous continuons à bénéficier de la possibilité de collaborer avec le monde académique – actuellement, pas moins de quatre contrats de collaboration nous lient à des laboratoires. Bref, on vit étroitement avec l’écosystème du Plateau de Saclay. Et pour nous, c’est très important. D’ailleurs, et comme j’ai eu l’occasion de vous le dire dans le précédent entretien [pour y accéder, cliquer ici], c’est en reconnaissance de la confiance que nous fait cet écosystème, que je me suis personnellement engagé dans l’animation de la Communauté French Tech Paris-Saclay…

- Communauté French Tech Paris-Saclay sinon de Paris-Saclay tout court, dont on ressent une nouvelle fois la réalité à travers l’ambiance qui règne au cours de cette soirée…

Vous prêchez un convaincu ! Les hommes et les femmes qui font Paris-Saclay font vraiment une communauté. On le voit effectivement encore ce soir, où beaucoup de monde – entrepreneurs, partenaires (à commencer par Banque populaire Val de France, qui nous accueille ce soir), investisseurs – ont tenu à répondre présent malgré les difficultés à venir jusqu’ici du fait des mouvements sociaux. On avait tout simplement envie d’y être, pour le plaisir de se revoir, pour s’informer sur la manière dont vont les affaires, mais aussi pour rencontrer de nouvelles personnes. Car Paris-Saclay, ce n’est pas de l’entre-soi, c’est une grande famille, qui ne cesse de s’élargir au gré des projets qui y sont lancés, des nouvelles implantations d’établissements d’enseignement supérieur et de recherche, d’entreprises, de centres de R&D. Bref, Paris-Saclay, c’est une communauté ouverte et c’est pour cela aussi qu’on s’y sent bien. Elle dispose pour cela de lieux propices comme cette Terrasse Discovery +x que, personnellement, j’aime beaucoup. C’est d’ailleurs ici, souvenez-vous, que nous avions lancer officiellement la Communauté French Tech Paris-Saclay.

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L’Incubcelebration a été l’occasion de remettre pas moins de cinq autres prix :
- le prix de la Meilleure valorisation de la recherche publique, remis par Sylvie Retailleau, présidente de l’Université Paris-Saclay, à Agriodor.
- le prix du Meilleur développement à l’international, remis par Pierre Alexandre Mouret, maire de Saint-Aubin et vice-président de la communauté Paris-Saclay, à Geolith.
- le prix du Meilleur partenariat avec un grand groupe ou une institution publique, remis par Yvan Baumann, Président du comité de certification d’IncubAlliance, à Data For you.
- le prix du Meilleur Design, remis par Vincent Créance, directeur du Design Spot de l’Université Paris-Saclay, à Gironac.
- le prix du Meilleur projet en économie locale et solidaire, remis par Jean-Luc Mairot, directeur du SQYCUB, à Yaspeez.

Nos remerciements à Angélique Gilson pour les photos illustrant cet article.

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