PROTOBUS : point de vue d’un connecteur. Entretien avec Bertrand Marquet

MarquetPaysage
Suite de nos échos au premier workshop autour du PROTOBUS avec Bertrand Marquet qu’on ne présente plus sauf à l’attention de ceux qui découvriraient Paris-Saclay : outre la création du « Garage », un lieu en forme de FabLab, au sein de la Cité de l’Innovation de Nokia, il participe à l’organisation du TEDxSaclay. Il nous livre ses impressions à chaud sur l’atelier de créativité auquel il a participé.

Pour accéder au premier écho du workshop « PROTOBUS », cliquer ici.

- Si vous deviez vous présenter en quelques mots ?

En quelques mots ? Au sein de la direction de l’innovation de Nokia, mon rôle est notamment de favoriser l’insertion de la compagnie dans les écosystèmes liés à l’innovation, dont celui de Paris-Saclay. Mais peut-être que le plus simple serait de dire que je suis un amoureux de Paris-Saclay…

- Un amoureux, mais aussi un acteur…

Oui, en effet, au sens où j’aime bâtir des projets, traduire des idées dans des réalisations concrètes et ce, dans un esprit collaboratif. Au sein de la Cité de l’Innovation de Nokia, à Villarceaux, j’ai cofondé avec deux autres collègues une structure qui s’appelle Le Garage, en misant sur la passion des gens et la possibilité de la transformer en de l’innovation. En cela, je me retrouve tout à fait dans les propos d’Idriss Aberkane pour qui il n’y a pas meilleur moteur de l’innovation que la passion [pour en savoir plus, voir la conférence qu’il a donnée au TEDxRennes, sous le titre « Love can do » ; pour y accéder, cliquer ici]. De fait, les vrais innovateurs sont ceux qui vont mettre toute leur énergie dans un projet, sans toujours compter leur temps. La passion joue un rôle d’autant plus moteur que, comme chacun sait, elle est contagieuse. Une personne passionnée va en entrainer d’autres et ainsi de suite.

- Qu’est-ce qui vous a amené à participer à ce workshop ?

Toutes les occasions sont bonnes de venir ici, au PROTO204, qui s’est imposé comme un vrai lieu de connexion des communautés de l’innovation de Paris-Saclay et d’ailleurs. A fortiori quand il s’agit de réfléchir, comme aujourd’hui, à la manière de le doter d’un relais mobile sur le territoire, de façon à y tester des prototypes et promouvoir les projets d’entrepreneurs innovants.

- Un tel PROTOBUS répondrait-il à de vrais besoins ?

Oui, car, comme vous le savez, Paris-Saclay est un vaste territoire où il n’est pas forcément simple de se rendre d’un point à un autre. Le fait d’aller à la rencontre d’autres publics que ceux qui fréquentent le PROTO204 ne peut être qu’une bonne chose. Et puis, rien ne devrait empêcher le PROTOBUS d’aller au-delà de l’écosystème pour le faire mieux connaître à l’extérieur. Paris-Saclay, ce n’est pas qu’un territoire borné géographiquement, c’est aussi toutes ces initiatives portées par des entreprises ou d’autres acteurs qui veulent bien prendre part à la dynamique du cluster. Dès lors, le PROTOBUS pourrait justement avoir pour rôle de favoriser les connexions à l’intérieur comme à l’extérieur. C’est en tout cas ce qu’Antoine de Souich [Directeur général adjoint à la Stratégie, à la Performance et aux Nouveaux Services de l’Etablissement public d’aménagement (EPA) Paris-Saclay] a suggéré. Et cela me paraît effectivement une très bonne idée.

- A vous entendre, l’étendue de l’écosystème est moins sinon autant une contrainte qu’une opportunité en incitant à se mettre en mode exploration…

Oui, j’aime bien cette idée d’aller explorer, en quête de ce que j’appelle les signaux faibles. C’est ce que nous essayons d’ailleurs de faire à travers « Le Garage » : aller chercher les idées partout où elles se trouvent. Il n’y a pas de territoire qui serait condamné à ne faire que suivre les autres. Il y en a juste où une dynamique a été impulsée et d’autres où elle ne demande qu’à l’être.

- De votre point de vue, le PROTOBUS est-il aussi un élément de réponse à la problématique des transports au sein de l’écosystème ou d’abord un moyen d’améliorer les possibilités d’exploration et de connexion ?

J’opterai pour la seconde proposition de la question. Si, pour moi, le PROTOBUS a un sens, c’est dans la possibilité qu’il offre de diffuser la dynamique d’innovation, de créer un Living Lab à une plus grande échelle.

- Vous avez participé à un atelier, dans quel état d’esprit en ressortez-vous ?

Très enthousiaste ! Il y a eu beaucoup de belles idées dont certaines d’ailleurs applicables rapidement, d’autres à plus long terme.  Autrement dit, pas besoin d’attendre d’avoir un scénario bien ficelé pour commencer à passer à l’acte.

- Et quid de la méthodologie ?

La créativité, cela ne s’improvise pas. Un minimum de méthode est indispensable, ne serait-ce que pour canaliser l’énergie des uns et des autres. Dans un premier temps, il est nécessaire  de laisser libre cours à son imagination sans se soucier des contraintes. Mais, ensuite, il faut cadrer les échanges, sans quoi on n’avance pas. Loin d’être un obstacle, la prise en compte des contraintes permet de déboucher sur des projets applicables sous réserve de vérifier leur viabilité économique. Mais ça, c’est l’objet d’un prochain workshop. Pour l’heure, nous avons travaillé à définir les usages en partant de trois scénarios : un scénario Fab Lab, un scénario Living Lab et un scénario Busines. Et ce, à travers des profils d’utilisateurs potentiels. J’ajoute que nous sommes une huitaine par groupe ; je ne connaissais pas tous ceux qui étaient dans le mien. Ce qui n’a pas empêché de manifester une vraie intelligence collective, les uns rebondissant sur les idées des autres.

- La pause est semble-t-il terminée.

Oui, en effet. Il faut que j’y retourne.

3 commentaires à cet article
  1. Ping : Retour sur le premier workshop autour d’un PROTOBUS | Paris-Saclay

  2. Ping : Passion et introversion, moteurs de l’innovation. Rencontre avec Bertrand Marquet | Paris-Saclay

  3. Ping : Une commune passion pour le Japon. Rencontre avec Bertrand Marquet | Paris-Saclay

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>