« Pousser les entrepreneurs à utiliser les savoirs des chercheurs »

BachPaysage
Suite de la série sur le premier Forum Incuballiance qui s'est déroulé le 18 septembre dernier au ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, avec, cette fois, le témoignage de Francis Bach, responsable du projet Sierra (INRIA).

Francis Bach, responsable du projet Sierra, INRIA, prouve par ses recherches que les mathématiques trouvent des applications dans de nombreux domaines. Fort de son expérience, il est revenu à l’occasion de son intervention au premier Forum IncubAlliance sur la nécessité d’encourager la formidable aventure de la création d’entreprise.

- Vous avez accepté de participer à la première édition du Forum IncubAlliance consacré au lien entre « Mathématiques et entrepreneuriat ». Un thème, surprenant au premier abord, mais qui ne vous est pas du tout étranger…

Effectivement. En tant que chercheur, depuis une dizaine d’années, je vois beaucoup de mes collègues en mathématiques franchir le pas de la création d’entreprise. Si ce pas est en soi naturel tant sont nombreuses les créations de start-up s’inscrivant dans des domaines liés aux mathématiques, je ne peux m’empêcher d’admirer ceux qui aujourd’hui n’hésitent pas à s’engager dans cette voie. C’est d’ailleurs pourquoi j’ai accepté de participer à cette journée. Je suis en effet convaincu que nous devons encourager toute initiative contribuant à pousser les entrepreneurs à utiliser les savoirs des chercheurs français et les chercheurs français à se lancer dans l’aventure de la création.

- Avec l’équipe Sierra que vous dirigez, votre travail se situe à l’interface de plusieurs disciplines. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

Depuis le début de mes recherches et aujourd’hui dans le cadre de l’équipe Sierra, je m’intéresse à l’apprentissage statistique plus communément connu aujourd’hui sous le nom de « machine learning ». Sur cette problématique du traitement de données parfois massives et complexes, notre objectif est de parvenir à modéliser et à établir des prédictions à très grande échelle. Notre travail se situe donc à l’interface entre l’informatique – comment gère-t-on la complexité ? – et les mathématiques appliquées et statistiques – comment s’assure-t-on de la pertinence d’une prédiction ?

- Vos résultats trouvent donc des applications dans des domaines très variés ?

Dans la mesure où notre travail consiste à abstraire des problèmes pour obtenir un cœur algorithmique applicable à différents domaines, il n’est pas étonnant que nos recherches trouvent des applications dans des champs aussi divers que la vision, la traitement du langage ou encore la bioinformatique. C’est d’ailleurs dans cette abstraction que réside à mes yeux la beauté des mathématiques !

- Que retenez-vous de cette journée ?

La qualité de son programme et du public. J’ai notamment trouvé très intéressants les propos de Cédric Villani. A travers son évocation du pendule, j’ai d’ailleurs redécouvert des choses que je connaissais mais dont je n’avais pas vu la portée !

Propos recueillis par IncubAlliance.

Voir aussi les entretiens avec :

- Benoit Desjardins, Fondation Mathématiques Jacques Hadamard – cliquer ici ;

- Fabrice Derepas, CEO TrustInSoft – cliquer ici ;

- David Bessis, fondateur de TinyClues – cliquer ici.

Pour accéder au premier écho au Forum IncubAlliance, cliquer ici.

3 commentaires à cet article
  1. Ping : Le premier forum IncubAlliance, vu de l’amphi Poincaré ! | Paris-Saclay

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  3. Ping : « Notre société met les mathématiques au service de tous en sécurisant les logiciels » | Paris-Saclay

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