Petit glossaire de la société mobile

Eco-mobilité, info-mobilité, innova-mobilité… tour d’horizon des concepts éprouvés ou en cours d’émergence sur le thème de la mobilité à l’heure du numérique

Si la portée révolutionnaire d’un phénomène se mesure au nombre de néologismes qu’il suscite, alors plus de doute : la mobilité est bien en train d’en connaître une, à la faveur des innovations dans les transports, mais aussi des nouvelles perspectives offertes par internet et le smartphone. Tour d’horizon à la lumière d’une contribution du futurologue Joël de Rosnay, dans un ouvrage publié à l’occasion des 30 ans du Groupement des autorités responsables des transports (GART).

Une vision du futur par Joël de Rosnay : la Smart Grid, un réseau micro-grilles intégrées pouvant se réguler et se réparer elles-mêmes.

  • Auto-mobilité

Le tiret a son importance : il souligne qu’on parle de bien autre chose que le fait de se déplacer en automobile. C’est la possibilité d’être autonome et indépendant dans sa mobilité, de se déplacer où, quand et comme on veut. Du moins dans certaines limites. Même à l’heure du numérique, on reste soumis à des contraintes : les embouteillages, la sécurité, la consommation, la pollution. Une piste pour les réduire (les bouchons en particulier) : la « conduite collaborative » consistant pour les voitures à se suivre « les unes les autres à une distance prédéterminée ».

  • Info-mobilité

L’information relative aux déplacements (horaire de train, état du trafic) via son ordinateur ou son smartphone.

  • Innova-mobilité

 L’innovation fondée sur la mobilité des hommes mais aussi des idées. Elle passe par des moyens de télécommunications, mais aussi des milieux. Joël de Rosnay cite la Silicon Valley et emprunte à Jacques Monod, de l’Institut Pasteur, l’image du virus : « Il faut infecter les gens avec des idées, parce que l’on crée une sorte d’épidémie des idées.» Pour ceux que cette image inquiéterait plutôt, on parlera alors de pollinisation, autre métaphore à la mode pour rendre compte de processus d’innovation et de diffusion sur un territoire.

  • Eco-mobilité

L’ensemble des solutions techniques, mais aussi des comportements visant à réduire la consommation de carburant : bio-carburants (on parle désormais de 3e génération), voiture électrique, hydrogène des piles à combustibles. Mais aussi les législations incitatives, les taxes et autre modus malus.

  • Co-mobilité

Des moyens de transport nés du mariage avec internet, qui permettent de personnaliser son voyage. Les exemples les plus connus : le covoiturage et ses sites spécialisés ; Vélo’v, Vélib’ et leurs déclinaisons. Autre exemple : le Cyberbus, un bus sans stations fixes : il repère ses passagers au moyen des outils de géolocalisation en se rendant dans des endroits convenus par eux au moyen de leur smarphone. Un taxi collectif, en somme.

Pour souligner la démarche transversale, on peut aussi parler de  transmobilité.

  • Mobilnet

La combinaison de la mobilité réelle et de la mobilité virtuelle qui permet, par exemple, de faire ses courses sur un site de e-commerce et de les retirer auprès d’un magasin, ou de préparer son voyage en amont avant de le vivre physiquement. Ou encore d’échanger avec ses amis avant de les retrouver dans une exposition ou au restaurant (principe de Facebook). Preuve s’il en était besoin que mobilité réelle et mobilité virtuelle ne s’opposent pas. Si internet évite des déplacements, il en suscite aussi de nombreux. Avec cependant de nouveaux risques liés à la confidentialité des données mais aussi des coûts non négligeables (pour être virtuelle, la mobilité via internet suppose un abonnement…).

  • Mobilité virtuelle

Au sens où l’entend Joël de Rosnay, elle recouvre l’une et/ou l’autre des trois formes d’intelligence suivantes, renforcées au moyen des technologies du numérique :

-  l’intelligence connective (entrer en contact avec l’autre) : au moyen d’un badge (comme cela se fait dans certains congrès où caractéristiques personnelles, carte de viste et même goûts et préférences sont diffusées pour permettre d’identifier les bons interlocuteurs). Variante : Spot Me, un boîtier que le porte à la ceinture qui va jusqu’à préciser la distance qui vous sépare de telle ou telle personne !

- l’intelligence collaborative (créer avec lui ou d’autres encore) : le principe de wikipedia. En termes de lieu, elle prend la forme des smart work centers.

- l’intelligence collective (résoudre un problème avec d’autres) : le principe des FabLab.

  • L’i-mobilité

Les solutions du numérique appliquées à la mobilité pour résoudre les problèmes liés à la dépendance ou à l’handicap. Entre autres exemples : « SOS Urgences » l’application développée par le groupe de protection sociale Malakoff Médéric pour aider à la localisation des lieux utiles à sa santé (pharmacie, centres de secours…)

Ajoutons : la mobilité augmentée en référence à la réalité du même non, soit le fait d’enrichir en continu ses déplacements d’informations accessibles via son smartphone.

Ce glossaire est tiré de la contribution de Jöelle de Rosnay à l’ouvrage publié par le Gart, à l’occasion de ses 30 ans : Mobilités 2030, pensons l’avenir.

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