Passer de la théorie à la pratique, en faisant de la moto. Rencontre avec Jérémy, Lucas, Ludovic et Martin

Mototech2018Paysage
Suite de nos échos à l’après-midi de présentation et de tests des véhicules restaurés et/ou développés par des associations d’élèves de l’ESTACA organisés le 7 novembre dernier sur le circuit historique de Linas Montlhéry, avec, cette fois, le témoignage de membres de Mototech (ESTACA de Laval), qui a vocation à initier à la mécanique et au pilotage de motos de compétition.

- Si vous deviez pitcher pour commencer l’objet de votre association ?

Martin (le président de l’association) : Mototech a été créée il y a trois ans. Comme les autres associations de l’ESTACA, elle a vocation à permettre aux élèves de passer de la théorie à la pratique.

Ludovic : Elle le fait en se proposant d’initier des élèves au monde de la moto, tant du point de vue de la mécanique que du pilotage sur piste ou sur terrain de cross et ce, au contact d’autres élèves plus aguerris. Nous disposons pour cela de deux motos que je laisse à mes camarades le soin de présenter.

Lucas : La première est une Suzuki GSX-R 750 de 1991. Un modèle phare de la marque, bien connu dans le monde des motards et qui a eu son heure de gloire dans les années 90. Nous l’avons acquise il y a deux ans.

Icono Mototech 1- Pourquoi ce modèle ?

Lucas : Depuis quelques années, on assiste à un regain d’intérêt pour les modèles vintage. Regain d’intérêt qui se traduit par un essor de compétitions à base de véhicules classiques. L’association s’est donc constituée dans l’idée d’en acquérir un avant que les prix de l’occasion ne repartent à la hausse. Notre choix s’est donc porté sur cette moto-ci, car c’est un modèle reconnu pour sa fiabilité. Or, plus on évite de gros problèmes, mieux on peut se concentrer sur les détails qui font la différence.

- Etait-ce déjà dans l’idée de faire de la compétition ?

Lucas : Il s’agissait d’abord de restaurer une vieille moto pour, ensuite, la préparer dans la perspective d’une compétition, le Bol d’Or Classique en l’occurrence, organisé sur le circuit du Castelet. Concrètement, cela nous impose de concevoir un carénage et une carrosserie adaptés, c’est-à-dire facilement réparables – sur une piste, les risques d’accident sont plus importants que sur la route…. Nous avons entrepris aussi d’en améliorer les qualités de freinage – c’est essentiel car, sur ce circuit, la ligne droite est très grande, ce qui oblige de pouvoir freiner fort avant d’amorcer le virage.

- La participation à la compétition fait-elle partie intégrante du projet ?

Lucas : Oui. C’est une course d’endurance de deux fois deux heures, avec deux pilotes par équipe. Au sein de l’association, des membres ont déjà eu l’occasion de faire de la piste – ils disposent donc déjà d’une licence et de l’équipement nécessaire pour participer au Bol d’Or.

- A quelle échéance comptez-vous concourir ?

Lucas : Nous souhaitions le faire dès cette année. La moto était pratiquement prête. Seulement, nous sommes un peu victimes du regain d’intérêt pour les compétitions sur des motos classiques, que j’évoquais tout à l’heure. Cette année, il y a eu bien plus d’équipes candidates (de l’ordre de 80) que de places disponibles (60). Les organisateurs ont donc privilégié les pilotes qui avaient un palmarès – en l’occurrence des pilotes professionnels aujourd’hui à la retraite, et qui se sont reconvertis dans les courses classiques. C’est dire si nous autres étudiants, dépourvus d’expérience, sommes un peu handicapés. Mais nous ne renonçons pas. Nous comptons bien nous construire un palmarès en participant à d’autres compétitions, de façon à gagner en notoriété auprès de la Fédération Française de Motocyclisme. L’important est d’entretenir la dynamique, de façon à ce que les promotions futures puissent poursuivre le projet dans les meilleures conditions, étant entendu qu’il y aura toujours de la marge pour améliorer encore les performances du véhicule, en tirant profit de nos enseignements.

- Un mot sur la seconde moto ?

Jérémy : C’est une moto cross – une Yamaha 250 YZF – que l’association a acquise cette année et que nous transformons en super moto de façon à pouvoir faire de la piste. Nous concevons pour cela des pièces spéciales comme nous seront amenés à en faire plus tard, dans le cadre de notre métier d’ingénieur. Malléable et de petite cylindrée, elle peut être pilotée par des débutants moyennant un minimum d’apprentissage.

- Combien de membres compte votre association ?

Ludovic : Mototech compte environ 25 membres à ce jour, dont une vingtaine qui s’y impliquent activement. Elle compte aussi plusieurs partenaires : une auto-école, qui offre la possibilité à nos membres de suivre le permis auto à un coût réduit ; des entreprises, qui nous fournissent en pièces détachées ou en matériels, à des prix avantageux et/ou qui nous prodiguent des conseils. Nous sommes également soutenus financièrement par l’ESTACA.

- Comment se passe le relais d’une promotion à l’autre ?

Ludovic : Bien, et c’est tout l’intérêt de ce genre d’association que de pouvoir poursuivre un projet sur plusieurs années. Les élèves diplômés transmettent le relais aux élèves encore scolarisés et ce faisant, l’expérience accumlée au fil du temps.

- Cet entretien est réalisé sur l’autodrome de Linas Montlhéry. Quelles sont vos impressions ?

Martin : Nous mesurons notre chance ! L’autodrome de Linas Montlhéry est un circuit mythique. Pouvoir y exposer nos modèles et de les faire rouler, comme nous le ferons tout à l’heure, sur la ligne de départ et de retour des stands, c’est un privilège, qui n’est pas donné à tout le monde.

A lire aussi l’entretien avec Antoine Delahaye, président de PV3e, une association d’élèves de l’ESTACA, qui développe Calypso : un véhicule à moteur à combustion interne en fibre carbone à haut rendement énergétique, qui a vocation à participer au Shell Eco-marathon, en parcourant la plus longue distance possible avec un simple litre de carburant… (pour y accéder, cliquer ici).

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