Paris-Sud et l’X, bien placées dans le classement de Shanghai

Le siège de l'Université Paris-Sud, à Orsay.
univ-paris-xi
L'Université Paris-Sud arrive en 39e position dans la dernière édition du classement de Shanghaï tandis que l'Ecole polytechnique fait son entrée dans le Top 200.

Sur les quelque 500 universités évaluées chaque année par l’Université chinoise de Jiaotong (parmi les 17 000 recensées dans le monde), l’Université Paris-Sud se hisse au 39e rang (pour accéder au classement, cliquer ici).  En perdant deux places, par rapport à l’an passé, elle n’est plus la première université française  (l’Université Pierre-et-Marie-Curie lui a ravi la place), mais elle fait preuve d’une grande stabilité dans un classement dans lequel les établissements asiatiques accentuent leur présence (42 contre 30 dans le précédent). Rappelons qu’il y a dix ans, dans la toute première édition de ce classement, elle ne figurait « qu’en » 72e position. Elle arrive en 17e position parmi les universités à dominante science physique.

Autre établissement du Plateau de Saclay présent dans ce classement : l’Ecole polytechnique qui entre même dans le top 200 (contre le top 400 l’an passé). Une autre école polytechnique (l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich ) fait bien mieux  (20e rang). Ce que le nouveau président exécutif de l’X, Jacques Biot, interprète, dans un entretien accordé au Figaro, de manière positive comme la preuve d’une marge de progression possible. De fait, l’école française est manifestement pénalisée par une insuffisante valorisation de ses publications scientifiques, souvent conjointes avec des organismes de recherche, comme le CNRS et le CEA, mais sans que son nom n’apparaisse toujours. Signalons également la présence d’HEC (une grande école de commerce, preuve au passage que  la notion d’université est à prendre au sens large !) parmi les 101-150 premiers, dans la catégorie « science économique ».

Ces résultats sont de bon augure pour la future Université Paris-Saclay qui verra le jour l’an prochain, en coiffant plus d’une vingtaine d’établissements dont les trois précités…

Pour mémoire, le classement conçu en 2003 par l’Université de Jiotong s’appuie sur 6 critères, qui sont ensuite pondérés : le nombre de lauréats Nobel et Fields parmi les enseignants (20% de la note) et les anciens diplômés (10%) ; le nombre de publications au cours de l’année écoulée (20%) ; le nombre de citations de ces articles (20%) ; le nombre de chercheurs cités au cours des cinq années précédentes (20%), le tout rapporté au nombre d’enseignants-chercheurs (10%).

D’où les critiques récurrentes dont le classement de Shanghai fait l’objet, en France du moins. D’abord, il favorise le système de recherche et d’enseignement supérieur anglo-saxon, organisé autour d’établissements universitaires, là où le système français compte des écoles d’ingénieurs et des organismes de recherche (CNRS, Inserm, CEA…), lesquels n’en jouent pas moins un rôle important dans la recherche universitaire à travers notamment les UMR (Unité Mixte de Recherche). Les publications scientifiques sont bien prises en compte, mais à condition de l’être dans l’une ou l’autre des deux revues anglo-saxonnes suivantes : Nature et Science. Au plan disciplinaire,  les critères reviennent à privilégier les universités spécialisées dans les sciences exactes et du vivant au détriment de celles à dominante sciences sociales et humaines (hormis l’économie, mais en tant que science fondée sur la modélisation mathématique). Ils sur-valorisent la recherche par rapport à l’enseignement. Enfin, un établissement peut fortement progresser ou apparaître dans le classement par le simple fait qu’un prix Nobel et/ou une Médaille Fields a été décerné à un de ses chercheurs.

Plus fondamentalement, ce classement encourage un esprit de compétition au détriment de la coopération. A contrario, le projet alternatif de Europe (baptisé U-Multibank), accessible sur internet, en principe, à compter de février 2014, aura vocation plus à cartographier qu’à classer les universités européennes, à partir d’une batterie de 13 critères incluant notamment l’insertion professionnelle des diplômés, les rapports entretenu avec son environnement économique, les capacités d’innovation, etc.

Il y a cependant peu de doute que le prochain millésime du classement de Shanghaï ne soit pas attendu avec la même fébrilité. Tout en reconnaissant les limites du classement, des directeurs d’établissements d’enseignement supérieur français reconnaissent devoir le prendre en compte car il concourt à leur visibilité internationale. Même si chercheurs et étudiants ne sont pas dupes, il peut les influencer dans leur propre choix.

 

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