Parcours d’une jeune architecte… « européenne ». Rencontre avec Maria João Pita

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Nous l’avions rencontrée lors de la journée organisée le 11 décembre 2014 au PROTO204, sur le thème de l’innovation sociale et de l’économie collaborative. Avec une collègue, elle avait alors présenté l’Atelier Da Rua, une plateforme qui propose une méthodologie de projets de dessin urbain participatifs (elle, dit « participés ») autour de problématiques touchant à la rue. Nous avons voulu en savoir plus aussi bien sur cette structure que sur son parcours à elle, d’Européenne convaincue, l’ayant conduit de Lisbonne à Paris en passant par l’Allemagne, les Pays-Bas…

En toute modestie, elle se présente spontanément comme une « jeune » architecte. Jeune, elle l’est effectivement. Elle a d’ailleurs passé à deux reprises le concours Europan, destiné aux architectes de « moins de quarante ans ». La première fois en 2009, la seconde en 2011 (dont elle sera lauréate avec le Collectif Etc.). Jeune architecte, en revanche, elle ne l’est pas au sens où elle débuterait dans le métier. Ainsi qu’en témoigne son CV, elle a déjà un beau parcours derrière elle avec plusieurs expériences professionnelles, de surcroît à l’échelle de l’Europe : chez S333 Architecture + Urbanism (à Amsterdam), puis Dietmar Feichtinger Architectes (une agence autrichienne, installée à Paris), Reichen et Robert & Associés (à Paris, également), sans oublier le Collectif Etc. (avec lequel elle a mené un projet à Guimarães, au Portugal).

Un parcours européen

D’entrée, également, elle se présente comme portugaise, mais pour mieux afficher une identité européenne. Portugaise, elle ne saurait le récuser et pas seulement en raison de l’accent qu’elle a conservé. Mais parce que l’Atelier Da Rua, dont elle nous entretient a justement été finaliste du concours lancé par la Fondation Calouste Gulbenkian, en direction de la « diaspora portugaise ». Le principe : concevoir un projet d’entrepreneuriat social répondant à des besoins de la population restée au pays.
Quant au statut d’Européenne qu’elle revendique, il ne saurait être non plus contesté, au vu des séjours prolongés qu’elle a effectués dans d’autres pays du Vieux continent. Et ce, dès ses années d’études : « J’ai découvert l’Europe à travers des InterRails, mais surtout des programmes universitaires qui incitent à la construction européenne. » A commencer, bien sûr, par Erasmus dont elle bénéficie de la bourse. C’était il y a une dizaine d’années, en 2003-04. « Je poursuivais mes études à ISCTE (Instituto Superior das Ciências do Trabalho e da Empresa), aujourd’hui ISCTE – IUL (Institut Universitaire de Lisbonne). » Elle aurait pu aller en Italie ou en Grèce. Elle opte d’emblée pour l’Allemagne. « Je voulais profiter de cette année pour parfaire mon allemand appris au lycée. » Mais ce pragmatisme n’explique pas tout. « Je voulais aussi découvrir un tout autre mode de pensée que celui des pays du Sud européen, une autre méthode de travail aussi. » La voilà donc inscrite à l’Université Technique de Darmstadt, près de Francfort. « C’était extraordinaire ! Je découvrais enfin ce qui se passait bien au-delà des Pyrénées ! »
Elle fait par la même occasion l’expérience du caractère relatif de certaines idées reçues comme celle qui oppose la rigueur germanique à une tout aussi prétendue légèreté latine. « Les choses ne sont jamais aussi simples ! » Et la même de préciser : « C’est vrai qu’il y a chez les Allemands, une volonté de plus grande maîtrise dans l’organisation des choses, et jusque dans la manière de se comporter dans l’espace public. Mais, dit-elle, cette différence est moins imputable à la culture qu’à la densité de la population et au besoin de bien organiser l’espace. » Une conviction dans laquelle on reconnaîtra aussi le regard de l’architecte intéressée par l’urbanisme.

Au terme de cette première expérience, retour à Lisbonne pour la réalisation du « projet final » prévu dans le cadre de son diplôme. La voilà ainsi à travailler sur un programme conçu par deux architectes portugais : Nuno Portas, alors professeur invité, et l’architecte Pedro Viana Botelho. « Nous nous sommes bien entendus. » Le programme en question portait sur une ville portugaise de taille moyenne, Santarém. « A travers une infrastructure lourde (une ligne ferroviaire nouvelle, censée remplacer une autre plus ancienne, menacée par les inondations des rives du Tage), nous avons réfléchi au tracé et repensé en conséquence l’aménagement de la ville. Un programme qu’ils avaient très bien pensé. » Avec le recul, elle considère ce projet final comme la matrice de ce qu’elle a entrepris depuis. Le fait est, comme le lecteur pourra en juger plus loin.
Une fois diplômée architecte, en 2005, il faut encore à Maria, pour pouvoir intégrer l’ordre des architectes portugais, faire un stage professionnel. Seulement, le Portugal n’offrait guère d’opportunités hormis des stages peu ou prou rémunérés. « Or, moi, j’avais 23-24 ans et j’aspirais naturellement à mon indépendance en gagnant de quoi payer mon loyer. » Qu’à cela ne tienne, elle se tourne vers… Leonardo Da Vinci, un autre programme européen dispensant des bourses, mais pour des stages professionnels à travers l’Europe. Elle en décrochera une, pour l’année 2006-2007.
Plutôt que de retourner en Allemagne, elle opte pour un autre pays, mais toujours du nord de l’Europe : les Pays-Bas où elle intègre donc l’agence S333 Architecture + Urbanism, située à Amsterdam. Elle y restera un an et demi, bien plus que la durée du stage requise, le temps de participer à la conception d’îlots de bâtiments et de maisons individuelles et à la rénovation de quais portuaires, entre autres.
Une nouvelle expérience dont elle garde un très bon souvenir. « L’équipe était très internationale, à dominante anglo-saxonne (en plus d’Européens, elle comptait des Canadiens, des Néo-Zélandais, des Indiens, etc.) et menait des projets à travers le monde. La méthode de travail était bien différente de celle apprise au Portugal et plus proche de celle découverte en Allemagne. Elle consistait en l’occurrence à se garder chercher à tout prix « la » solution idéale, du premier coup mais, au contraire, à s’ajuster en ménageant l’avenir par un processus aussi réversible que possible. On ne cherchait pas à rivaliser dans l’excellence, mais au contraire à avancer pas à pas. » Une méthode qui devait durablement l’inspirer. De fait, elle imprègne très largement l’Atelier Da Rua.
Et la même d’esquisser le profil d’architecte dont elle se réclame désormais : « Un architecte qui ne cherche pas à imposer un geste architectural, mais qui aide à co-construire une solution avec les diverses parties prenantes dont les habitants et les utilisateurs, les privés et les publics, etc., en s’appuyant sur une dynamique collective, qui accorde autant d’importance au processus de conception qu’à la réalisation des travaux. »

La découverte de la France

Aujourd’hui, Maria vit en France. A l’occasion de la découverte du pays, nul programme européen, mais une rencontre. Celle avec son futur mari. « Un Français qui avait aussi une expérience de l’international (il avait notamment séjourné aux Etats-Unis et en Allemagne). Naturellement, nous avons éprouvé le besoin de vivre sous le même toit. » Lui, finissait sa thèse à Supélec et vivait à Palaiseau, précise-t-elle dans un éclat de rire en constatant notre surprise. En toute franchise, elle reconnaît cependant que la perspective de vivre « si loin de Paris » (!) ne l’enchantait pas plus que cela. Ils habiteront donc à Paris. Nous sommes à la fin de 2007.
« A l’époque, je parlais encore mal français. Il me fallait presque tout découvrir de ce pays. » Et, aujourd’hui, comment le juge-t-elle ? « J’ai l’impression qu’il se situe quelque part entre ceux du nord et ceux du sud de l’Europe. Un contexte ni blanc ni noir, donc, mais plutôt gris [sans que dans son esprit, cette couleur ne soit dépréciative]. Au début, je n’en saisissais pas toutes les subtilités. D’ailleurs, aujourd’hui non plus ! ». Que ce soit dans son domaine professionnel ou dans la vie quotidienne. Aujourd’hui encore, elle dit découvrir d’autres facettes de notre système d’enseignement supérieur. « Un système particulièrement complexe pour un/e étranger/ère. »
Depuis, elle a cumulé les expériences professionnelles, fut-ce, du moins pour la première d’entre elles, avec un architecte autrichien installé à Paris, et non des moindres : Dietmar Feichtinger, donc, auquel on doit notamment la passerelle Simone de Beauvoir qui enjambe la Seine au niveau de la Bibliothèque François Mitterrand. « C’est un architecte très impressionnant au plan du savoir-faire technique. » Elle participera elle-même à la conception d’équipements publics : le « groupe scolaire Lucie-Aubrac », à Nanterre, un marché, à Fontenay-aux-Roses. Mais l’agence ne lui paraît pas adaptée au regard de ses ambitions légitimes d’architecte « européenne ». « Et, ajoute-t-elle, de ma volonté de m’inscrire dans la veine de l’Economie Sociale et Solidaire. »
En 2008, une agence lui propose un CDD : Reichen et Robert & Associés. « Ma première expérience professionnelle dans une “vraie“ agence française, au sens où elle est francophone et très tournée vers les marchés publics de l’Hexagone. Cela me correspondait : j’étais particulièrement intéressée de découvrir cet univers plus francophone et focalisé sur les enjeux urbanistiques des projets architecturaux ». Elle y travaillera à deux reprises.
Une première fois, d’avril 2008 à août 2009. Elle participe notamment à des projets d’aménagement de ligne de tramway pour le Grand Besançon et Paris (le tronçon du T3 reliant les Portes des Lilas et de la Chapelle)… Des problématiques à travers lesquelles elle appréhende le contexte français, ses villes et ses banlieues.
La seconde fois, elle y restera plus longuement, travaillant sur d’autres projets urbanistiques liés aux enjeux de mobilité. Entre les deux épisodes, elle décroche une mission à la direction de l’ingénierie et de l’architecture des Aéroports de Paris. Elle élaborera un plan pour la qualification du front urbain de l’aéroport du Bourget, sur la base de plusieurs études réalisées en amont. « Je les avais passées en revue de façon à définir une stratégie globale et de long terme. » Une expérience qu’elle dit riche, même si elle fut aussi l’occasion pour elle de découvrir « une grosse machine administrative française, douée d’une tout aussi grande force d’inertie ! »

Le tournant Europan

En 2010, un heureux événement (la naissance de son premier enfant), l’incite à écourter l’expérience. « J’avais envie de retourner au Portugal. » Son mari n’y voit aucune objection – il parvient à décrocher un contrat de travail, à Porto. Elle-même met à profit sa présence dans cette ville pour nouer une collaboration avec le Collectif Etc., autour d’un rond-point géant à Guimarães (Capitale de la Culture). « Un site magnifique, complétement insolite qui a probablement été identifié par Nuno Portas (le professeur qui avait encadré durant mon projet final) et son équipe. » Intitulé « 270° landscape », le projet sera présenté dans le cadre du célèbre concours Europan auquel Maria avait déjà candidaté en 2009. Cette fois sera la bonne : le projet est lauréat, en décembre 2011.
Entretemps, elle et son conjoint ont regagné Paris. C’est que le séjour au Portugal se révèle plus compliqué que prévu. La crise de 2008 a laissé des cicatrices profondes. « La plupart des projets de construction avaient été stoppés. J’ai démultiplié les contacts, avec l’espoir qu’il en résulterait quelque chose. » Espoir déçu.
Maria songe donc à quitter de nouveau le Portugal. Rien ne s’y oppose : son mari est sur le point de terminer son contrat avec l’opportunité de réintégrer Supélec pour y enseigner (finalement, il intègrera EDF dans la perspective de son futur campus R&D, en cours de construction sur le Plateau de Saclay). Un détail qu’elle ne manque pas de relever dans un sourire comme pour faire observer les liens décidément durables qui les unissent à ce territoire. En août 2011, Maria décroche son téléphone. L’agence Reichen et Robert & Associés est prête à la reprendre.
Elle y restera cette fois plus de trois ans, d’octobre 2011 jusqu’en décembre 2014, avec un CDI. Parmi les projets auxquels elle participe : les lignes T3 et T6 du réseau de tramway parisien et déjà du Grand Paris. « Je multipliais les visites de chantiers et les rencontres et échanges avec les diverses parties prenantes, non sans me heurter aux inévitables difficultés de tels chantiers ! »
Reste que ce qui l’intéresse au premier chef, c’est de participer activement au développement de projets, le plus en amont possible pour s’imprégner de leur sens. « J’avais aussi besoin d’avoir l’assurance d’évoluer. Ne pas rester isolée dans une île bizarre.»

Et le prix Europan ? Il l’aura mobilisé plusieurs mois : après une rencontre avec la MOA à Guimarães, elle participe à un Forum à Vienne, puis à un workshop pour cette même ville, à une exposition à Graz, etc. Cependant, malgré les échos qu’il a au niveau européen, « 270° landscape » ne débouche sur aucune réalisation concrète. « La mairie n’en avait tout simplement pas les moyens financiers. »

Redécouvrir les vertus de la rue

Elle ne se laisse pas décourager. Les contacts entretenus avec toutes sortes de personnes rencontrées au fil de ses expériences, stimule son imagination et ses désirs. En vrac, elle cite : le Français Pascal Amphoux, rencontré à l’occasion d’un débat Europan, auquel elle est convié avec d’autres lauréats ; Kaye Geipel, rédacteur en chef de la revue Bauwelt, « qui milite pour le dialogue Nord Sud » ; mais aussi des Autrichiens, sans oublier des collègues portugais. Début 2014, elle franchit un premier pas en adoptant le statut d’auto-entrepreneur pour mener à bien un workshop pour la ville de Paris, propice à de nouvelles rencontres : Contrepoint, Bazar Urbain, Chronos,… « des collectifs liés au monde de la recherche ». Une caractéristique qu’on retrouvera précisément dans la démarche de l’Atelier Da Rua.
« Bref, j’étais en contact avec différentes personnes, qui m’entretenaient dans l’idée de mener à bien un projet plus en accord avec moi-même ». Quoi exactement ? « Je n’en avais pas d’idée précise. » Jusqu’à ce jour de mars 2014, où la Fondation Calouste Gulbenkian lance son appel à concours en direction des Portugais de la diaspora. Lequel a donc vocation à récompenser un projet d’entrepreneuriat social. « Il s’agissait de la 3e édition. J’avais eu vent de la précédente, mais trop tard. Cette fois, je m’y suis prise à temps, en répondant avec plusieurs amis et collègues. » En l’occurrence : trois architectes (Pedro Marques Alves, Pedro Aguiar Mendes, et Pedro Viana Botelho). « Ensemble, on monte le dossier, on réalise une vidéo. » (Laquelle est accessible, en cliquant ici). Leur proposition : « reconnaître dans la rue un support de récréation de lien social et d’implication des riverains autour d’un projet commun d’aménagement. »
Soit, mais en quoi est-ce un projet d’entrepreneuriat social ? En réponse à cette question, elle précise : « d’un côté, il a vocation à tisser des liens entre des membres de la migration portugaise. De l’autre, il est une réponse à l’horizon bouché du marché de travail portugais pour les architectes du pays. » Et la même de témoigner : « Les architectes de ma génération ont été particulièrement touchés. Confrontés à la précarité, nous ne trouvons pas de perspectives au moment même où nous sommes en pleine possession de nos moyens. Plus d’un tiers des architectes du Portugal disent songer à émigrer. Beaucoup ont franchi le pas. » Comme elle.
De là donc la naissance de l’Atelier Da Rua, dans lequel elle voit une solution à une problématique sociale et spatiale, mais aussi l’aboutissement d’une longue gestation poursuivie au fil de ses expériences professionnelles et séjours à l’étranger. En plus d’être lauréat, le projet reçoit un bon accueil. « Nous avons rencontré de nombreux acteurs de la ville, qui, nous poussent, nous encouragent. » Reste à le faire connaître davantage encore. Depuis fin septembre 2014 et jusqu’à février 2015, l’équipe s’employait à communiquer davantage à travers son site et des présentations au Portugal, en France, en Italie… Comme celle de ce 11 décembre 2014, dans le cadre d’une journée consacrée à « l’innovation sociale et l’économie collaborative » organisée au PROTO204, à l’initiative de la direction du développement économique de l’EPPS.
Depuis, où en est-il ? « Nous avons plusieurs pistes sérieuses.» Déjà constituée, l’équipe compte désormais cinq personnes, dont une sociologue, Ana Roseira Rodrigues. Quant au statut de l’entité, rien n’était encore arrêté au moment de notre entretien. « Selon les résultats de nos démarches, nous créerons une agence traditionnelle, ou adopterons un statut associatif voire coopératif. Nous tenons aussi à nous ancrer dans le monde de la recherche, avec l’idée de tester notre méthodologie. » Atelier Da Rua travaille en particulier avec le centre de recherche de ISCTE-IUL.
Bref, on le voit, l’Atelier Da Rua se cherche encore. De ce point de vue, fait-on observer, il s’inscrit bien dans la logique de l’entrepreneuriat social dont la particularité est de répondre à des besoins sociaux auxquels ni l’Etat ni le marché ne répondent, en inventant des formes renouvelées de collectifs et d’organisations. Non sans devoir assumer une certaine fragilité. Même si l’Atelier Da Rua est d’ores déjà en mesure de proposer ses services à des municipalités, des entreprises et des associations d’habitants, Maria se veut lucide : « Si les projets tardent à se concrétiser, il faudra très sérieusement se poser la question de savoir si nous continuons l’aventure. » Au vu des enjeux dont traite l’Atelier Da Rua et de l’originalité de sa méthode, nous ne doutons pas, pour notre part, qu’elle ne fait que commencer.

Pour accéder à la suite de la rencontre avec Maria João Pita à travers l’entretien qu’elle nous a accordé sur l’Atelier Da Rua et sa vocation, cliquer ici.

Pour entrer en contact avec l’Atelier Da Rua : atelier.da.rua@gmail.com

Pour une présentation video des lignes directrices du projet et de l’équipe actuelle, cliquer ici.

 

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