Nouvelles cerisyennes de « Nouvelles Avancées »

EntretienDecreau2Paysage
Nous l’avions interviewée au sujet de l’édition 2015 de Nouvelles Avancées, le concours qu’elle a créé au sein de l’ENSTA ParisTech. Nous l’avons de nouveau croisée à l’occasion du colloque « Le format court : récits d’aujourd’hui », qui s’est tenu du 14 au 21 août 2015, au Centre Culturel International de Cerisy, haut lieu, s’il en est, de la vie culturelle et intellectuelle, situé au cœur du Cotentin, dans la Manche. Laurence Decréau (au centre de la photo) a bien voulu nous livrer ses impressions non sans évoquer la prochaine édition de son concours.

- Nous vous retrouvons au Centre culturel international de Cerisy, à un colloque sur le format court, en littérature. Qu’est-ce qui vous y a amenée ?

J’y ai été invitée pour participer ce vendredi 21 août à une table ronde sur le thème des concours littéraires destinés à la jeunesse. J’ai donc témoigné de « Nouvelles Avancées » que j’ai créé il y a maintenant six ans à l’ENSTA ParisTech et dont vous avez d’ailleurs rendu compte sur le Média Paris-Saclay. C’est ainsi que je me suis retrouvée au milieu d’universitaires et d’écrivains, à échanger autour du format court, aujourd’hui.

- C’est la première fois que vous vous rendiez à Cerisy. Quelles sont vos impressions ?

Evidemment, j’avais entendu parler de Cerisy, depuis toujours. Quand vous faites des études littéraires, comme cela a été mon cas, vous êtes forcément bercé par ce lieu mythique où ont défilé les plus grands de la littérature, mais aussi des sciences ou de la philosophie. Ce premier séjour m’a permis de prendre la mesure de la richesse des personnes qui s’y rendent, comme intervenants ou auditeurs. On y côtoie aussi bien des universitaires, qui commentent des œuvres – que des auteurs, de toutes générations. Je pense notamment à cette matinée où nous avons assisté à la performance littéraire de cette jeune et brillante auteur de nouvelles, Marion Baude, tout juste sortie de ses études. En parallèle à cela, nous avons pu entendre des exposés de facture plus académique, notamment sur les nouvelles pistes du format court voire ultra court, comme ces textes composés à base de tweets !
Un colloque de Cerisy, c’est aussi ces repas que nous prenons ensemble dans le réfectoire du château, intervenants et auditeurs, indifféremment. Le hasard a voulu que ce colloque se soit déroulé en parallèle à un autre, consacré à l’écrivain Frédéric Jacques Temple, en présence de ce dernier. Une chance incroyable ! Par le hasard des placements à table, vous pouviez ainsi vous retrouver au milieu de personnes parlant de ce dernier ou de tout autre poète, comme Lawrence Durrell, pour ne citer que lui ; les autres,  de nouvelles ou de littérature des tweets. A travers ces échanges plus informels, qui font aussi le charme d’un colloque de Cerisy, des passerelles peuvent ainsi être jetées entre des univers différents. Etant passionnée de transdisciplinarité, je n’ai pu m’empêcher d’imaginer ce qui pourrait advenir dans un tel lieu du croisement entre deux colloques, l’un à dominante mathématique, l’autre, littéraire.

- Un peu dans l’esprit de votre concours de nouvelles…

En effet ! A sa modeste mesure, ce concours s’emploie à cultiver le mélange entre science et littérature. Ne serait-ce déjà que par la composition de son jury avec, à sa tête, un tandem de présidents, formé d’un chercheur et d’un écrivain. En l’occurrence, durant les trois dernières années : Cédric Villani et Fatou Diome. Pour la prochaine édition, nous aurons la chance d’avoir le physicien et philosophe Etienne Klein, et le romancier Jérôme Ferrari, Prix Goncourt 2012.

- Quel en sera le thème ?

Les candidats seront invités à se mettre « dans la peau d’Archimède, d’Einstein et des autres » et à s’inspirer ainsi de la vie de grands scientifiques en la détournant, avec humour ou le plus grand sérieux. Et ce, en quelque 12 000 signes. Cette prochaine édition, la 7e, sera lancée à partir d’octobre. Les candidats auront ensuite jusqu’au samedi 23 janvier minuit pour remettre leur « copie ».

- Concours qui s’adresse, rappelons-le, à tous…

Oui. Initialement, « Nouvelles avancées » comportait deux catégories. D’une part, « Etudiants scientifiques » – ouverte à tous deux qui font des études scientifiques, à l’université ou dans une école d’ingénieurs – et qui demeure à mes yeux la raison d’être de ce concours. D’autre part, la catégorie « Grand public », créée avec le soutien du magazine Sciences et Avenir.
Depuis, s’est ajoutée une troisième catégorie : « Classes et élèves du secondaire ». Peut y participer tout élève, groupe d’élèves ou classe de collège ou de lycée, moyennant une supervision de la nouvelle par deux professeurs, l’un de science (mathématique, physique-chimie ou SVT), l’autre de lettres. A travers ces trois catégories, c’est donc toute la famille qui peut concourir !

- Nous renvoyons au site, pour prendre connaissance des prix décernés aux différentes catégories, mais on peut rappeler ici que la nouvelle de la lauréate 2015 de la catégorie « Etudiants scientifiques » a été lue devant les participants des deux colloques….

En effet ! Le texte d’Emmanuelle Chevallier, élève d’AgroParisTech, a été lu par deux comédiens à l’occasion de la dernière soirée du colloque, dans le grenier du Château de Cerisy, avec les nouvelles de lauréats d’autres concours et des extraits de textes de Frédéric Jacques Temple et de bien d’autres auteurs, dont Marie-Hélène Lafon – que j’ai eu la chance de découvrir lors du colloque. Quel honneur !

Pour en savoir plus sur…

… l’édition 2016 de « Nouvelles Avancées », cliquer ici.

… le colloque « Le formats court : récits d’aujourd’hui », cliquer ici.

Pour accéder au précédent entretien avec Laurence Decréau, cliquer ici.

Un grand merci à Carlo Alberto Girotto pour la mise à disposition des photos qui illustrent cet article.

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