Nouveau rendez-vous avec le « sas », au PROTO204

Le Sas - paysage
Souvenez-vous, nous l'avions interviewé au sujet du neticLab qu'il avait présenté lors d'un des premiers workshops organisés au PROTO204. Chercheur au CNRS/Université Paris-Sud, Xavier Maître y revient ce jeudi 4 décembre, avec " Le sas ", trois lettres pour science-art-société, entre lesquels il a vocation à promouvoir le dialogue. Il a bien voulu répondre à nos nouvelles questions.

Pour accéder au précédent entretien que Xavier Maître nous a accordé, cliquer ici.

- Quel est le principe du « sas » ?

Comme son acronyme le suggère, le groupe science-art-société promeut un sas entre la science et l’art, un sas entre la recherche et la société, un sas entre l’imaginaire et sa matérialisation. Il s’agit de développer une culture de projet science-art-société, d’accompagner ces projets et de promouvoir une culture scientifique et artistique. Le sas vise ainsi à susciter la créativité de scientifiques et d’artistes autour de projets art-science en créant des conditions favorables à la sérendipité* et propices à la réalisation. Par une culture de la surprise et un travail sur l’inattendu, le processus créatif de découverte est de fait partagé au sas au cours des processus de conception, de réalisation et de diffusion tant dans l’interaction des différents acteurs du sas que dans l’interaction du public avec ces réalisations et l’interaction de ces acteurs avec le public quand ces réalisations s’exposent. De façon non exhaustive, ces acteurs sont des doctorants, des musiciens, des post-doctorants, des scénographes, des comédiens, des ingénieurs, des metteurs-en-scène, des techniciens, des plasticiens, des chercheurs, des concepteurs sonores, enseignants-chercheurs, des chorégraphes,…

- Pouvez-vous donner des exemples de réalisations conjointes ?

Le 24 janvier 2014, l’exposition Mon Corps, ma santé ouvrait ses portes au Parc d’activités scientifiques, Le Pass, à Mons en Belgique, sur un miroir augmenté par imagerie médicale, Première Intimité de l’être. Le 11 juin 2014, Tout un monde retrouvait les quatre éléments, air, eau, feu, terre à la Gaîté lyrique pour le Festival Futur en Seine. Le 21 juillet 2014, nous avons exploré avec La Transplanisphère La Crise au ventre ou toutes ces émotions que la crise économique induit au fond de nous. Le 5 octobre 2014, Tout passe laissait entendre le cœur battre à CURIOSITas.

- Au final, comment le sas s’est-il constitué ?

Comment rester ouvert à tout vent et ne pas se laisser emporter par la première vague ? En janvier 2014, la collaboration que nous entretenions au sein du neticLab perdit son caractère collectif. La première vague venait de passer. Nous pouvions alors ouvrir Le sas.
Le sas est une initiative de La métonymie, compagnie de théâtre et d’art numérique, présidée par Valérie Lefèvre, chercheuse, et de l’agence Donner Des Ailes, dirigée par le scénographe Ismaïl Konaté, mais Le sas est constitué des êtres humains qui le traversent et sa genèse s’écrit tous les jours.
A l’ouverture du sas, outre moi-même et les deux personnes que je viens de mentionner, il y a plusieurs autres personnes que j’aimerais citer : Michel Bertier, concepteur sonore, Matthieu Courgeon, post-doctorant, Bruno Freyssinet, metteur en scène, Florian Focone, doctorant au LIMSI, Tom Giraud, doctorant au LIMSI, Michèle Gouiffès, enseignant-chercheur, Julien Kozlowski, scénographe, Alba Malaga, doctorante, Caroline Obrecht, doctorante, David PoirierQuinot, doctorant, Marion Tardieu, doctorante,…

- En quoi le territoire de Paris-Saclay est-il propice à la conception d’une telle exposition et/ou en quoi celle-ci ?

C’est à partir du territoire de Paris-Saclay que Le sas établit des liens entre la science, l’art et la société. Les projets du sas naissent des échanges au détour d’un couloir, dans un laboratoire du campus Paris-Saclay ou encore sur le Réseau Express Régional qui nous y mène, à la sortie d’une expérience, en quête finalement de la réponse à une question. Le dialogue qu’entretient La Diagonale Paris-Saclay entre la science et la société y joue un rôle important. CURIOSITas en matérialise un des aspects. Le PROTO204, un autre. Le territoire de Paris-Saclay réunit ainsi une grande partie des acteurs du sas, ceux d’aujourd’hui, ceux de demain. L’exposition du sas s’adresse à eux en particulier.
Le 3 avril 2014, Première Intimité de l’être était de l’inauguration du PROTO204. Le 16 juin 2014, Tout un monde la rejoignait pour Futur en Seine. Le 27 juin 2014, les portes du PROTO204 étaient ouvertes pour Le sas. Le 2 octobre 2014, Le sas ouvrait avec le PROTO204 un hackerspace, Le SmallLab, dédié à l’interaction humain-machine. Le 4 décembre 2014, Le sas s’expose de nouveau au PROTO204. Le sas est candide et tient certainement à le rester.

* Comme les fidèles lecteurs du Média Paris Saclay le savent, la notion de sérendipité nous est chère, tant elle caractérise bien l’une des vertus du territoire de Paris-Saclay. Pour ceux qui ne seraient pas encore familiers avec elle, nous invitons à se reporter à la chronique de l’ouvrage que Sylvie Catellin, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université de Versailles St-Quentin-en-Yvelines lui a consacré. Pour y accéder, cliquer ici.

Légende de l’illustration : toile de Ismaïl Konaté, exposée lors de la première ouverture du sas au PROTO204, le 27 juin 2014 – cette toile préfigure le projet de sas circus (dispositif itinérant présentant la science à travers l’imaginaire du cirque).

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