Mieux comprendre les plantes pour répondre aux défis de demain

SPS - paysage

Suite de notre série sur les « Laboratoires d’Excellence » (LabEx) du territoire. Après Marc Mézard de PALM, entretien avec Loïc Lepiniec, porteur du projet Sciences des Plantes de Saclay (SPS). L’occasion d’aborder un sujet souvent mal compris du grand public qu’un contexte de limitation des ressources rend crucial. Première partie : une définition du projet, en lien avec l’environnement immédiat du LabEx.

Monsieur Lepiniec, présentez-nous le projet Sciences des Plantes de Saclay (SPS) en quelques mots.

Le LabEx Sciences des Plantes de Saclay a pour ambition de contribuer à l’élaboration de systèmes de culture plus durables et au développement des différentes utilisations de la biomasse (alimentaires, environnementales ou pour la chimie verte). Porté par la Fondation de Coopération Scientifique, il associe AgroParisTech, le CNRS, l’INRA et les Universités d’Évry et Paris Sud. SPS rassemble près de 700 personnes de 4 laboratoires, constituant ainsi l’un des plus grands consortiums européens de recherche et de formation axé sur la biologie et les biotechnologies végétales.

Plus précisément, quels sont vos objets d’étude, quels sont les défis auxquels vous vous confrontez ?

Nos activités de recherche portent tout particulièrement sur la compréhension des mécanismes génétiques, moléculaires et cellulaires qui commandent le développement et la physiologie des plantes, ainsi que leurs interactions avec l’environnement. Ces études s’étendent de la cellule à la plante entière, et utilisent les concepts et les outils de la biochimie, la biophysique, l’imagerie, la biologie moléculaire, la génétique, la génomique, la biologie cellulaire, la modélisation et de la bio-informatique.

Dans le contexte actuel de croissance démographique, de limitation des ressources naturelles, de changements climatiques et face à la nécessité de mieux protéger

l’environnement et la biodiversité, l’intensification durable de l’agriculture représente un enjeu crucial. C’est justement dans ce contexte que nous avons décidé de nous concentrer sur trois défis scientifiques stratégiques :

  • Le développement d’une biologie plus prédictive ;
  • La compréhension des mécanismes qui contrôlent le développement et la physiologie des plantes ;
  • Le développement d’outils pour la recherche, l’innovation et la valorisation.

Pour relever ces défis, la stratégie de notre LabEx est de soutenir l’excellence académique dans le but de produire les innovations nécessaires et de diffuser et valoriser les résultats.

Vous semblez vous appuyer sur les richesses de votre environnement direct. En quoi être implanté sur le territoire de Paris-Saclay vous avantage ?

Il y a effectivement de nombreux avantages à développer notre projet dans ce périmètre, à commencer par la qualité des étudiants qui y sont formés, qu’ils viennent des universités ou des grandes écoles. En effet, la qualité des équipes de recherche impliquées sur le plateau et à proximité, par exemple à Gif, Versailles, Jouy, ou Évry, a un impact indéniable sur notre activité. D’ailleurs, AgroParisTech devrait s’installer prochainement sur le campus, ce qui permettra de renforcer la présence estudiantine dans le domaine des plantes.

L’étendue des compétences scientifiques est un élément déterminant pour notre développement et notre attractivité. Nous bénéficions de la proximité avec des chimistes, des mathématiciens et des physiciens pour développer des programmes multidisciplinaires dont l’importance s’avère croissante. À titre d’exemple, nous collaborons déjà avec des équipes d’autres LabEx labellisés, comme LERMIT, ou déposés lors du second appel, comme BASC, ALIAS et MolCell, qui développent des thématiques très complémentaires aux nôtres en sciences du vivant (agro-écologie, alimentation, microbiologie et mécanismes fondamentaux du vivant).

Nous attendons également avec impatience le développement de centres de vie qui contribueront de façon cruciale à l’attractivité du campus.

Vous venez juste de clore le colloque de lancement de votre projet. Qu’est-ce que cela change d’être un LabEx ?

Le congrès de lancement, qui s’est déroulé jeudi 13 octobre à Orsay, a rassemblé plus de 130 personnes, parmi lesquels des scientifiques impliqués dans le LabEx SPS, des représentants de leurs tutelles et de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR), mais également des membres d’autres projets et des partenaires.

L’intérêt principal du LabEx est de pouvoir consacrer des moyens à des actions jusqu’ici peu ou insuffisamment soutenues, comme le développement des interactions entre la recherche, la formation et l’innovation.

Pour aller plus loin :

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