L’innovation selon Opticsvalley. Rencontre avec François Fleith (2)

FleithPaysage
Suite de notre rencontre avec François Fleith qui revient sur ses missions au sein d'Opticsvalley qu'il a rejoint en octobre dernier, et sur les dynamiques à l'œuvre sur le territoire de Paris-Saclay.

Pour accéder à la première partie de l’entretien, cliquer ici.

- En quoi consiste votre mission au sein d’Opticsvalley ?

Je suis en charge du service innovation du réseau d’Opticsvalley. Un service stratégique s’il en est, puisqu’il a vocation à faire le lien entre les laboratoires et les grands groupes aussi bien PME – ETI que les start-up, pour susciter de nouveaux projets, aider à les monter, apporter éventuellement un éclairage technique, enfin, assurer la veille technologique sur tous les sujets relatifs à l’optique et l’électronique.

- Et ce, à l’échelle de l’Ile de France ?

Oui, Opticsvalley est d’ailleurs, avec ses quelque 220 adhérents (PME, grandes entreprises, établissements supérieurs d’enseignement et de recherche,..) « le » réseau des hautes technologies du territoire francilien. Nous sommes d’ailleurs subventionnés par la Région Ile-de-France. Nous avons coutume de dire que l’optique et l’électronique constituent notre ADN. Mais nos activités couvrent un large spectre de domaines d’activité qui vont des télécoms à l’imagerie médicale, en passant par la défense et la sécurité, l’instrumentation ou encore la métrologie. Des activités très présentes dans cette Région.

- En quoi Paris-Saclay vous paraît-il favorable à l’innovation dans ces domaines d’activité ?

Nous sommes à l’évidence, par notre histoire à l’origine, et par notre situation géographique au cœur d’un nouveau campus qui dans dix-quinze ans, autant dire demain, va susciter une dynamique comparable à celle qui a fait le succès de la Silicon Valley.

- Sans exclure la possibilité d’inventer une autre Silicon Valley…

Certes, nous n’avons pas le climat de la Californie. Mais nous avons l’avantage d’être proche de Paris, la première ville au monde pour son attractivité culturelle et, par ailleurs, dynamique au plan de l’innovation. Nul doute que Paris-Saclay va, avec elle, s’imposer comme un cluster de première importance. Cela étant dit, même si Opticscalley a vocation à se déployer à l’échelle de la Région Ile-de-France (qui, rappelons, compte quelque 200 laboratoires et 1 200 entreprises dans les seuls domaines de l’optique), même si nous sommes très impliqués dans toutes les actions qui se déploient de manière spécifique sur le Plateau. Déjà de nombreuses initiatives ont vu le jour sur ce territoire ou y bourgeonnent, qui indiquent que nous sommes bien dans un écosystème propice à l’innovation. Celle-ci n’est pas le fait uniquement des grands groupes. Je dirai même qu’elle l’est de moins en moins, et davantage de start-up ou de petites entreprises suffisamment agiles.
Pour autant, je n’oppose pas les unes aux autres. Au contraire. Le défi qu’il nous faut relever, c’est de favoriser la collaboration entre petites et grandes entreprises, en plus des laboratoires et des établissements d’enseignement supérieur. Mais cette collaboration ne se décrète pas. Mon expérience professionnelle me l’a appris : il faut d’abord surmonter des obstacles liés aux différences de culture d’entreprise, de style de management, de méthode d’innovation. Ce qui passe notamment par la création de lieux d’innovation. De là l’organisation de Matinales, en vue de mieux faire connaître ceux qui ont émergé sur le Plateau de Saclay, à travers des témoignages de start-up qu’ils hébergent ou qui sont en lien avec eux. La première séance a eu lieu au 503 [pour accéder au compte rendu que nous en avons fait, cliquer ici], la suivante au PROTO204. Suivront les incubateurs de l’Ecole Polytechnique et de l’Ecole Centrale Supélec [pour en savoir plus : cliquer ici].

- Qu’avez-vous commencé à entreprendre sur le territoire ?

Nous identifions les technologies clés développées sur le territoire en cherchant à les valoriser. Aujourd’hui encore, des laboratoires n’ont pas la culture de la valorisation. Nous sommes là pour les aider en les associant à des entreprises à même de traduire leurs découvertes ou inventions en produits ou services.
Nous sommes également très mobilisés dans la promotion de l’entrepreneuriat étudiant, en incitant à la création de start-up au sortir des études, ou même pendant, aussi bien à l’université que dans les grandes écoles. Concrètement, je participe à des jurys. Je suis également mentor pour des start-up qui démarrent dont certaines de l’IOGS. Petit à petit, nous allons renforcer nos liens avec Polytechnique. Evidemment, j’ai des échanges avec Supélec (aujourd’hui Ecole Centrale Supélec). Nous ne partons pas de rien. Plusieurs établissements d’enseignement supérieur de Paris-Saclay ont mis en place des filières ingénieur-entrepreneur: je pense bien sûr à la Filière Innovation-Entrepreneurs (FIE) de l’IOGS, mais aussi au Master entrepreneuriat de Polytechnique, etc. Je n’oublie pas non plus le rôle de coordination assuré par PEIPS.

- De nombreux acteurs sont impliqués dans la promotion de l’entrepreneuriat innovant. Que dites vous à ceux qui craignent les risques de redondance ?

Bien sûr, Opticsvalley se place dans une logique de complémentarité et de synergie. Qui plus est, le vivier de start-up est suffisamment riche pour ne pas craindre d’être de trop. Prenez la valorisation scientifique : celle-ci est assurée par la toute nouvelle SATT Paris-Saclay. Pour autant, celle-ci ne couvre pas tous les projets existants. Beaucoup de technologies sont déjà suffisamment matures pour rencontrer leur marché sans avoir besoin de passer par une SATT, mais juste moyennant un accompagnement pour leur intégration dans une PME.

- Une dernière question d’ordre plus personnel : le siège d’Opticsvalley est desservi par la ligne du RER B : on descend à Palaiseau-Villebon, soit deux stations avant celle du Guichet… comment avez-vous vécu ce retour aux sources ?

(Rire). Au risque de vous surprendre, ma première réaction a été de me dire que les choses n’avaient pas autant changé que cela, du moins dans la vallée. Du côté du Moulon, en revanche, on perçoit bien le changement. Enfin ! serais-je tenté de dire. On sent que les travaux en cours sont les prémices d’une vraie transformation. Au-delà, on perçoit une réelle dynamique, avec des gens prêts à innover, à se lancer dans la création d’entreprises. C’est proprement passionnant. On sent aussi un brassage d’idées qui débouchent sur bien d’autres choses encore que de l’innovation technologique : de nouvelles méthodes d’innovation, de nouveaux styles de management.

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