« Les innovations de l’aérospatial dans le quotidien » Entretien avec Raphaël Neymann

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C’est le thème de la 3e édition des RISE2, un événement ayant vocation de réunir chercheurs, ingénieurs, jeunes innovateurs, start-up et grandes entreprises autour de la science et de l’innovation. En 2ème année de l’ENSTA ParisTech, Raphaël Neymann (le premier à droite, au premier rang), que nous avions déjà eu l’occasion d’interviewer lors de la précédente édition, nous en dit plus, y compris sur ses propres motivations à y participer.

- Si vous deviez rappeler pour commencer le principe des Rencontres Innovation et Sciences des Etudiants de l’ENSTA ParisTech (RISE2) ?

RISE2 est un événement entièrement organisé par les élèves-ingénieurs de 1re et 2e années de l’ENSTA ParisTech, par le truchement de GraviTAtion, l’association étudiante de l’École, dédiée à la diffusion de la science. Il se propose de traiter de questions scientifiques, mais au prisme de l’innovation, c’est-à-dire des applications auxquelles donnent lieu les avancées scientifiques. Ce faisant, RISE2 est l’occasion de croiser des regards différents : ceux de chercheurs aussi bien que d’ingénieurs, de startuppers ou de grandes entreprises au travers, comme les années précédentes, de débats, d’un « Salon des innovateurs » et d’une conférence finale « grand public ». Le tout dans une ambiance que nous voulons à la fois sérieuse et ludique. L’enjeu est quand même de se faire plaisir !

- Pour plus ample information, notamment sur le programme, nous renvoyons les lecteurs à votre site [pour y accéder, cliquer ici]. Pouvez-vous cependant préciser encore ce qui a présidé au choix du thème de cette année ?

Cette année, nous avions envie de traiter de l’aérospatial, mais en évitant de refaire ce que l’ISAE (Institut Supérieur de l’Aéronautique et de l’Espace) SUPAERO fait déjà très bien dans ce domaine à travers les événements de ses propres associations. De là le parti pris de l’aborder sous l’angle des retombées des progrès techniques réalisés pour la conquête et l’exploration spatiale dans la vie de tous les jours. Ce faisant, nous restons donc bien dans l’esprit des RISE2.

- Étant entendu que l’aérospatial est aussi très présent dans l’écosystème de Paris-Saclay, ce qui vous confère une légitimité à l’aborder…

Il l’est en effet à travers des organismes de recherche comme le CNES ou l’ONERA, dont le site est à deux pas de l’ENSTA ParisTech – de nombreux diplômés de l’École y sont d’ailleurs recrutés. A quoi s’ajoutent les industriels du secteur comme Airbus, Thales… Nul doute que cela a dû aussi influencer notre choix du thème de cette année.

- Qu’est-ce qui vous a prédisposé à vous intéresser autant à ce dialogue science et innovation ?

En fait, ma motivation initiale, en intégrant l’ENSTA ParisTech, était de me consacrer plutôt aux sciences dites dures, à la physique théorique, en l’occurrence, telle qu’on nous l’enseigne en classe prépa. Ce n’est que progressivement, au fil des cours dispensés ici et de mes échanges avec les élèves de seconde année, que je me suis rendu compte qu’un parcours plus orienté vers l’ingénierie me correspondait davantage. Quant à l’innovation proprement dite, c’est un peu par hasard, en découvrant le projet de GraviTAtion, que j’y suis venu. Au moment où j’ai intégré l’association, elle avait déjà une édition de RISE2 à son actif.

- En quoi cette notion d’innovation vous intéresse-t-elle ?

De par l’approche transversale et l’esprit d’ouverture d’esprit qu’elle invite à avoir. Innover, on ne peut le faire seul, cela ne peut s’envisager qu’avec d’autres, dans une démarche collaborative. Forcément, cela amène à appréhender la science autrement, par ses applications et plus seulement par ses aspects les plus théoriques. J’y ai vu aussi un moyen de continuer à parler de sciences, tout en développant des compétences qui ne pourront que m’être utiles dans ma vie professionnelle, y compris en communication. En ce moment, je suis en train de m’entretenir avec vous, sans trop de difficulté, alors qu’il y a encore un an, je ne m’imaginais pas me livrer à ce genre d’exercice !

- Vous m’aviez pourtant accordé un entretien…

Oui, mais j’étais encore très intimidé. C’était ma première interview ! Depuis, j’ai appris à prendre du recul.

- Je peux en témoigner ! Cet intérêt nouveau pour l’innovation va-t-il jusqu’à cultiver chez vous le désir de devenir startupper ?

Je ne me suis jamais vu fonder ma propre entreprise ou une start-up. Au moment d’intégrer l’ENSTA ParisTech, j’envisageais plutôt d’intégrer la recherche académique. Mais, désormais, je compte m’orienter vers une carrière d’ingénieur dans l’industrie, en simulation numérique et modélisation précisément. Une solution de compromis dans la mesure où il permet de concilier mon goût pour la physique et les mathématiques, et mon intérêt pour de la recherche dont on peut voir les applications concrètes. De là d’ailleurs mon choix pour la Majeure Mathématiques Appliquées, en 2e année.

- Un mot sur l’ENSTA ParisTech. Dans quelle mesure l’environnement de cette école a-t-il pesé dans l’évolution de votre projet ?

À l’ENSTA ParisTech, nous recevons régulièrement la visite de représentants d’entreprises, qui viennent nous présenter leurs métiers et leurs secteurs d’activité. Nul doute que cela a pu influencer mon choix, mais aussi rendre possible l’organisation d’un événement comme RISE2, lequel suppose des sponsors (chaque année, une entreprise décerne un prix au meilleur innovateur présent au salon que nous organisons).

- Et l’écosystème de Paris-Saclay, dans lequel s’inscrit l’ENSTA ParisTech ?

C’est là encore un environnement favorable, du fait de la présence de nombreux organismes de recherche (dont le CEA) et de centres R&D d’entreprises (Air Liquide, EDF, etc.), qui concourent à une véritable dynamique d’innovation, dont on peut mesurer les effets à travers notamment la création de plus en plus de start-up.

- Vous êtes-vous senti concerné par la transformation du projet initial de l’Université Paris-Saclay en deux pôles ?

Oui, car pour ce qui me concerne, c’est l’inscription de l’ENSTA ParisTech dans le projet initial de l’Université Paris-Saclay qui avait déterminé mon choix de cette école ! Cela étant dit, cela ne m’empêchera pas de continuer à échanger avec des élèves-ingénieurs et des étudiants des établissements d’enseignement supérieur relevant de l’un ou de l’autre pôle. Comme Madame Crépon le dit bien dans l’entretien qu’elle vous a accordé [pour y accéder, cliquer ici], « la N118 n’est pas à concevoir comme une frontière » [entre les établissements du quartier du Moulon et ceux de Polytechnique]. En tout cas, ce n’est pas ainsi que je la vis. Elle ne nous a jamais empêchés et ne nous empêchera pas d’avoir des échanges avec des élèves de CentraleSupélec et bientôt de l’ENS Paris-Saclay, ni de monter des projets avec eux. Naturellement, ils sont les bienvenus à RISE2 et nos actions de communication s’adressent à eux comme à tous les élèves-ingénieurs et étudiants des autres établissements de l’actuelle Université Paris-Saclay. RISE2 est, je le précise au passage, un événement ouvert, y compris aux simples curieux.

Pour en savoir plus sur RISE2, le programme de l’édition 2019 et/ou s’inscrire, cliquer ici.

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