L’Eco-innovation au prisme du développement durable

On parle de plus en plus d’éco-innovation. De quoi s’agit-il ? Pourquoi la promouvoir et comment la mettre en œuvre ? Eléments de réponse dans cet ouvrage collectif de sociologues et économistes de l’Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, qui devrait intéresser autant les chercheurs que les… « éco-innovateurs ».

En 2008, Sylvie Faucheux, ancienne présidente de l’Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, créait la chaire Econoving (en lien avec le laboratoire REEDS) avec cinq partenaires industriels (Alstom, GDF-SUEZ, Italcementi, Saur et SCNF). L’enjeu : mener des recherches partenariales autour de l’éco-innovation.

L’éco-innovation ? C’est précisément, comme son titre l’indique, le propos de ce livre qui l’aborde en s’appuyant tout à la fois sur le corpus théorique existant, mais aussi l’expérience acquise à travers la chaire Econoving. De prime abord, elle renvoie aux technologies permettant de contribuer au développement durable sinon à une économie verte et concerne donc des domaines aussi divers que la bâtiment durable, le transport propre, l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables, la métrologie et la surveillance de l’eau et de l’air ou encore la gestion et le traitement de l’eau. Pour autant, et c’est l’autre intérêt, elle ne saurait se limiter à de l’innovation technologique. Elle est aussi affaire de design, de management, mais aussi d’usages et de coûts.

L’apport des sciences sociales

Par conséquent, elle ne saurait relever que des sciences de l’ingénieur, des sciences appliquées ou techniques. Les sciences sociales peuvent être utiles à une meilleure compréhension.

C’est la conviction des contributeurs (deux sociologues et deux économistes) qui s’emploient à montrer l’intérêt de leurs disciplines respectives : la sociologie, pour mieux comprendre les comportements et les usages, mais aussi l’ancrage territorial des dynamiques d’éco-innovation ; l’économie, pour imaginer les nouveaux modèles économiques, permettant en l’occurrence de privilégier la production de services sur celle de biens matériels. C’est dire, au passage, si l’éco-innovation a partie liée avec l’économie de la fonctionnalité (qui intègre précisément les usages et les coûts, ainsi que la dimension territoriale de l’innovation.

En sollicitant ainsi les sciences sociales, les contributeurs ne s’enferment pas dans leur tour d’Ivoire, loin de là. Fort de leur expérience de terrain et des projets collaboratifs avec des industriels, ils donnent au contraire à voir, comme le résume bien Sylvie Faucheux, dans sa préface, combien l’éco-innovation est « un processus créatif et collectif depuis la recherche, l’exploration des besoins, la formulation des stratégies de mise en œuvre, le pilotage financier jusqu’au développement, la mise sur le marché de produit ou service, la création. »

Les contributeurs cherchent autant à comprendre les éco-innovations et leur finalité (1er chapitre), qu’à réfléchir à la manière de les promouvoir (2e chapitre) et de les mettre en œuvre (3e chapitre). Malgré la densité du propos, le lecteur devrait donc se sentir à l’aise dans la lecture de ce livre petit, qu’il soit chercheur ou entrepreneur.

Au terme de cette lecture, on mesurera au passage le chemin parcouru par la chaire Econoving, Pour mémoire, elle avait mené,au cours de ses quatre premières années d’existence, un important programme visant l’élaboration d’une cartographie des grandes éco-innovations à venir au cours de la première moitié du XXIe siècle ainsi que des roadmaps et des opportunités de marché. Depuis 2012, elle est engagée, avec le soutien de l’ANR, dans un autre programme quadriennal visant à promouvoir l’expérimentation autour de l’éco-gare du futur comme catalyseur.

Avec la fondation Fondaterra, également créée à l’initiative de Sylvie Faucheux, cette chaire conforte par ses travaux l’Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (membre du Campus Paris Saclay), dans son statut de pôle de référence de la recherche appliquée et pluridisciplinaire en matière de développement durable des territoires.

L’Eco-innovation au prisme du développement durable, d’Amélie Coulbaut-Lazzarini et Sophie Némoz (dir.), L’Harmattan, 2013, 130 p. 

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