Le Plateau de Saclay, technopôle de… l’aéronautique !

Le Morane Type H, avec lequel Roland Garros franchit la Méditerranée en 1913. Crédit : J.-F. Prevéraud.
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A l'occasion de la tenue du salon aéronautique du Bourget, un article d'Industrie & Technologies rappelle utilement le rôle du Plateau de Saclay dans l'histoire de l'aviation et sa prétention légitime à être reconnu comme un technôpole de l'innovation dans ce domaine.

L’affaire est entendue : la métropole toulousaine est la capitale de l’industrie aéronautique française. Mais, le sait-on, le Plateau de Saclay pourrait tout aussi bien prétendre au statut de technopôle dans ce secteur. C’est ce que relève Jean-François Prevéraud dans un passionnant article publié sur le site Industrie & Technologies dédié à la veille technologique (cliquer ici pour y accéder). Intitulé « Plateau de Saclay : 100 ans de technopôles », il rappelle que cette réalité est de surcroît ancienne.

Dès les premières décennies de l’histoire de l’industrie aéronautique, plusieurs aviateurs et constructeurs s’y installèrent : Robert-Esnault-Pelterie, Dick, Henri et Maurice Farman ou encore Louis Blériot, dont l’aéroparc de Buc entretient le souvenir (cliquer ici pour en savoir plus). Il est vrai que ce territoire du sud-ouest francilien présentait plusieurs avantages. D’abord, son… accessibilité, en tout cas au regard des conditions de transport de l’époque. Au début du XXe siècle, le train et les routes nationales permettaient de s’y rendre depuis Paris (vingt kilomètres) ou de Versailles. Surtout, comparé à la banlieue proche de Paris, le Plateau, avec ses grandes plaines agricoles dénuées d’arbres permettaient de voler sans faire encourir de risques à la population et… aux pilotes (qui s’élevaient alors de 5 à 50 m).

« Les prairies sommairement aplanies des débuts, précise encore Jean-François Prevéraud, [ont laissé] la place à des installations en dur avec d’immenses hangars abritant des ateliers de construction, mais aussi des bureaux d’études et des installations d’essais, ainsi que des lignes de production (…). Le tout complété par des structures capables d’accueillir les célébrités du monde artistique et du Tout Paris, de la finance, de l’industrie, de la politique, voire le grand public, attiré en masse par des meetings aériens et des expositions internationales qui rassemblent jusqu’à 300 000 spectateurs. » Bref, de quoi justifier l’appellation de technopôle malgré le risque d’anachronisme !

De 1907 à 1917, le Plateau abritera pas moins de 7 aérodromes : entre Buc, Toussus-le-Noble, Mérantais et Chateaufort, auquel s’ajoutera en 1930 celui de Guyancourt. S’il bénéficiera encore du développement de l’industrie durant la Grande Guerre de 1914-18 puis de sa conversion dans le transport de courrier, de fret et de passagers, la plupart de ces aérodromes disparurent dans l’entre-deux-guerre (en 1989 en ce qui concerne ce dernier, pour les besoins de l’aménagement de la ville de Saint-Quentin-en-Yvelines). Seul subsiste celui de Toussus-le-Noble, bien connu des bédéphiles amateurs de Blake et Mortimer dont l’album « SOS Météores » reproduit de manière réaliste l’aéroport et plusieurs lieux de la ville toute proche de Buc (pour en savoir plus, cliquer ici).

Pour autant, l’histoire n’est pas terminée comme en témoigne la concentration d’entreprises, mais aussi des centres de R&D, d’établissements d’enseignement supérieur, en lien avec le secteur aéronautique, civil ou militaire : Safran, Thales, l’Onera, le Centre d’essais des propulseurs, etc., etc. sans oublier l’Estaca, une école d’ingénieurs spécialisée dans l’ingénierie des transports et qui doit « atterrir » à Montigny et Saint-Quentin-en-Yvelines, en 2015.

Crédits photos : © JF Prevéraud
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  1. Ping : Huit aérodromes sur un plateau, de Georges Beisson et Colette Guétienne, Bleu Ciel Editions, 2011 | Paris-Saclay

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