« Le conte est chez lui partout ». Rencontre avec Bernadette Urien

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Les 27-28 août derniers, nous assistions à la 26e édition du festival interculturel du Conte « Paroles de Conteurs », sur les bords du Lac de Vassivière, dans la Creuse. Très loin de l’écosystème de Paris-Saclay, donc. Du moins le pensions-nous. Car nous devions y croiser des personnes en lien avec ce dernier. En voici une première illustration avec le témoignage de cette membre d’une association de conteurs amateurs de Gif-sur-Yvette.

- Qu’est-ce qui a motivé votre venue ici, au festival interculturel du Conte, sur les bords du Lac de Vassivière ?

Je fais partie de « Au fil des contes », une association de conteurs amateurs de Gif-sur-Yvette. Cela fait des années que je fréquente ce festival ; j’essaie d’y revenir tous les ans et aussi longtemps que possible [le festival se déroule sur plus d’une semaine – cette année, du 20 au 28 août]. Malheureusement, pour les raisons que vous savez, il n’a pu se tenir l’année dernière. C’est dire notre bonheur d’avoir pu y assister de nouveau, car c’est une occasion unique de revoir les conteurs que nous croisons à droite, à gauche, d’en découvrir d’autres et ce, dans une ambiance chaleureuse.

IconoBernadetteUrienPortrait- Une semaine durant laquelle vous baignez dans l’univers du conte…

Oui, des contes sont proposés à tous les moments de la journée : le matin, à l’heure de l’apéro, de la sieste… Des scènes sont aussi ouvertes à toutes celles et ceux qui veulent partager une ou des racontée(s) ; le soir, un spectacle est donné par un artiste de renom sous le grand chapiteau puis on peut encore se retrouver autour d’un poêle à bois pour une veillée contée [photo ci-contre] – quiconque peut prend la parole pour conter ou chanter. Naturellement, on peut se restaurer sur place, au milieu de personnes de toutes générations, venues des quatre coins de France ou de l’étranger.

- Un mot sur le cadre où se déroule ce festival…

Le Lac de Vassivière est un lieu magique, un Lac immense au milieu de forêts. Bien qu’artificiel [à cheval sur la Creuse et la Corrèze, il été construit en 1947-50 pour les besoins d’un barrage], il a un caractère sauvage. On ne peut que rêver y vivre définitivement tant l’environnement est beau ! D’ordinaire, le festival se déroule sur l’île du Lac de Vassivière, un cadre on ne peut plus agréable, qui ajoute à la magie des contes, d’autant qu’on ne peut y accéder qu’à pied ou par un petit train, en empruntant un pont. Ce dernier devant subir des travaux, le festival a dû se délocaliser aux bords du Lac, du côté d’un camping. Le cadre n’en reste pas moins merveilleux, comme vous pouvez en juger vous-même.

- Je confirme ! Un mot, cette fois, sur le spectacle auquel vous venez d’assister, en l’occurrence celui de la conteuse palaisienne Sylvie Mombo, que vous connaissez bien, comme on s’en doute…

Oui, bien sûr. Je la connais depuis longtemps. J’ai vu plusieurs de ses spectacles et suivi des formations avec elle. C’est une conteuse exceptionnelle et, une fois encore, je l’ai trouvée extraordinaire. Avec humour et légèreté, elle arrive à aborder les sujets les plus graves comme, ce soir, le sort des migrants et les conditions de vie difficile dans des pays d’Afrique. Sans pathos, elle nous émeut et nous entraîne avec elle. Une vraie performance !

- C’est bien la preuve que le conte n’est pas fait seulement pour endormir les enfants. C’est fait aussi pour nous dessiller les yeux sur la triste réalité du monde…

Oui, le conte est fait aussi pour éveiller les consciences, donner à voir comment chacun peut vivre avec ses motifs de bonheur et ses difficultés, sans fermer les yeux sur ce qui serait susceptible de nous déranger, mais au contraire y faire face, en révélant la dimension universelle de la situation.

- Un mot pour finir sur l’écosystème Paris-Saclay appelé à devenir le pôle technologique et scientifique du Grand Paris. Quelle place le conte peut-il donc y avoir ? Qu’a-t-il à dire sur la science, la technologie ?

Je pense que le conte peut trouver sa place partout, y compris dans les lieux improbables. Après tout, le conte ne fait que parler de la vie. Donc, forcément, il est partout chez lui. Et parce qu’un conte touche à l’universel, il peut trouver un écho chez tout un chacun.

- D’ailleurs, quels sont les profils des membres de votre association ?

Ils sont de milieux et de générations très différents. « Au fil des contes » compte aussi bien des matheux que des littéraires.

- Et vous-même, vous êtes plus matheuse ou littéraire ?

Ni l’un ni l’autre (Rire). Moi, ce qui m’a toujours motivé, c’est le contact avec les enfants. Pour autant, je ne viens pas du monde de l’Éducation ni de la petite enfance. Ma carrière professionnelle, je l’ai menée dans le monde bancaire. Rien à voir ! Mais, dès que j’ai pu prétendre à mes droits à la retraite, je me suis, sans trop savoir pourquoi, pleinement investi dans le conte. Ce que je ne regrette pas !

Pour en savoir plus sur…

… « Au fil des contes » : v.naepels@me.com

… le festival « Paroles de Conteurs » : www.paroles-conteurs.org

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