« La smart city sera d’autant plus intelligente qu’elle sera ouverte ». Entretien avec Gérard Bachelier

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Le 3 décembre, se déroulait la 6e édition des Smart Days, à Versailles. En voici un premier écho à travers le témoignage du président de la CCI de Versailles-Yvelines (à gauche sur la photo), à l’initiative de l’événement.

- Pour commencer, pouvez-vous nous dire un mot sur le magnifique endroit où ce déroule cette édition ?

Nous sommes effectivement dans un magnifique endroit : l’Hôtel du Barry, qui abrite aujourd’hui le siège de la CCI Versailles-Yvelines. Reconnaissons que ce n’est pas un lieu toujours adapté pour l’organisation d’événements. Pour les précédentes éditions des Smart Days, nous avions d’ailleurs fait le choix de les organiser ailleurs, à Challenger, le siège de Bouygues Construction, à Guyancourt. Nous ne renonçons pas pour autant à organiser les prochaines éditions à l’extérieur. Mais, cette année, c’est donc au siège de la CCI, une manière de rappeler qu’il est bon parfois de repartir depuis nos bases !

- Pour mieux se projeter dans l’avenir, quitte aussi à accentuer le contraste avec la thématique de cette année, la smart city, donc. Comment en êtes-vous venu à cette dernière ?

Le principe des Smart Days, c’est d’explorer à chaque fois un domaine relatif aux techs. C’est ainsi que depuis la première édition, nous avons abordé l’intelligence artificielle, les objets connectés, l’économie circulaire, l’imprimante 3D, la cybersécurité… Nous ne pouvions pas ne pas aborder celui de la smart city, un sujet à l’ordre du jour depuis maintenant plusieurs années, pour aider les entreprises et collectivités de notre territoire à bien l’appréhender, à y voir plus clair sur ce qu’il faut entendre par-là, mais encore leur faire connaître ce qui se fait concrètement dans notre département et ailleurs, en matière de smart city.

- Qu’en est-il de votre propre vision de celle-ci ? Que dites-vous à ceux qui considèrent que cette notion accorde un primat excessif aux techs en général et au numérique en particulier ? Le fait d’organiser votre événement ici, un lieu chargé d’histoire – j’y reviens – n’est-ce pas une manière de rappeler aux promoteurs de cette smart city qu’elle ne peut pas ne pas composer avec le passé, s’inscrire dans une continuité avec lui ?

Je ne sais pas si cela a été fait à dessein, toujours est-il que, comme cela a été bien dit par Alexanda Dublanche, la vice-présidente de la Région Ile-de-France, chargée du développement économique, de l’agriculture et de la ruralité, et par Jakob Puchinger, chercheur à l’IRT SystemX et professeur à CentraleSupélec, la ville de demain sera, certes, une ville intelligente et connectée, mais aussi et surtout, une ville au service du citoyen. Elle devra donc se faire avec lui, en s’adaptant à chaque contexte.

- Y compris dans une ville comme Versailles ?

Y compris, et je dirai même surtout, dans une ville comme Versailles, qui, dès sa création, a été une ville innovante, sans doute la plus innovante dans l’Europe des XVII-XVIIIe siècles. Elle a su interagir avec son environnement pour rayonner dans le monde. En termes de durabilité, elle est un exemple si on en juge par la façon dont son patrimoine immobilier a traversé les siècles.

- Je ne peux m’empêcher de penser à Thomas Gobert, qui, à la fin du XVIIe siècle, a conçu un réseau de rigoles et d’étangs, lequel, à défaut d’exploiter les ressources du big data, était déjà assez intelligent pour alimenter les fontaines du Parc de Versailles, depuis, notamment, le Plateau de Saclay. A ce propos, en quoi celui-ci vous paraît-il propice à l’invention d’une smart city ?

Paris-Saclay est un écosystème particulièrement riche, où plusieurs des projets sont déjà menés selon les principes de la smart city. Il peut compter pour cela sur de nombreuses équipes de recherche et de nombreux entrepreneurs innovants. Paris-Saclay a également  la chance d’être un projet urbain en construction, propice par conséquent à des expérimentations de toutes sortes, dans la conception des bâtiments et des transports, la production et la distribution de l’énergie, le traitement des déchets et ce, dans le sens d’une vraie durabilité. Ce faisant, Paris-Saclay, c’est la promesse de créer de nombreux emplois et d’améliorer les conditions de vie mais aussi de travail des gens. Déjà, plusieurs des projets qui ont été présentés au cours de la matinée (par Airbus, Mobility by Colas, etc.) concernent le bassin d’emplois de Paris-Saclay. Nul doute que d’ici quelques années on pourra apprécier leurs effets positifs sur la dynamique de l’écosystème. Bref, à Paris-Saclay, la smart city, ce n’est pas qu’un concept. C’est une nouvelle manière d’envisager le projet urbain, avec des traductions concrètes sur le territoire.
Et puis, Paris-Saclay, c’est un environnement tout à la fois urbain, rural, naturel, agricole, riche d’un patrimoine ancien. Or, j’en suis convaincu, la smart city ne saurait se limiter au périmètre d’une ville. Elle n’a de sens que si elle aide celle-ci à interagir avec son environnement, la campagne environnante, les autres villes. Elle sera d’autant plus intelligente qu’elle sera ouverte.

A lire aussi l’entretien avec Jakob Puchinger, qui a témoigné de sa vision de la smart city (pour y accéder, cliquer ici).

 

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