« La céramique mène aussi à l’aéronautique ». Rencontre avec Paul Didiez

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Suite de nos échos au forum des anciens élèves de la CPGE du lycée de l’Essouriau, organisé le samedi 9 novembre dernier, à travers le témoignage de cet ancien élève qui a saisi l'opportunité d’un double diplôme.

- Qu’est-ce qui vous a motivé à faire une classe prépa ?

Depuis tout petit, j’étais intéressé par l’aéronautique. Au lycée, je me suis donc orienté vers une filière scientifique. Une fois mon bac S en poche, j’ai intégré la classe prépa qui avait ouvert quelque temps plus tôt au lycée de l’Essouriau – en PCSI, la première année, puis en PSI, la 2e année. Finalement, à l’issue des concours, j’ai intégré l’ENSIL-ENSCI, à Limoges, spécialisée dans les matériaux céramiques. Puis, avec le soutien d’un réseau d’ingénieurs Polyméca, je me suis orienté vers un double diplôme, en intégrant une autre école d’ingénieur, l’ENSMA, du groupe ISAE. J’y suis maintenant en 2e année, à Poitiers…

- Bravo, mais qu’est-il advenu de votre aspiration première à travailler dans le secteur aéronautique ?

Qui dit céramique, pense a priori à des secteurs traditionnels comme la porcelaine, la faïence ou encore à des matériaux verriers ou inorganiques. Pas aux secteurs de technologie de pointe comme l’aéronautique. Pourtant des liens existent : la céramique technique est utilisée pour certaines aubes de turbine, soumis à de très hautes températures, auxquelles les matériaux métalliques ne sont pas en mesure de résister. Et puis, l’école ENSIL-ENSCI est structurée en cinq spécialités : Mécatronique, Electronique et Télécommunications, Matériaux, Eau et Environnement, et Céramique Industrielle. C’est dans cette dernière spécialité que j’ai effectué mes deux années de formation. Les filières Mécatronique, Télécommunications et Matériaux offrent également des perspectives dans le secteur de l’aéronautique et l’aérospatial. En intégrant une école comme l‘ENSIL-ENSCI je ne quittais donc pas tout à fait ce dernier.

- Preuve s’il en était besoin que la céramique mène bien plus loin qu’on peut le penser….

La céramique, et la formation proposée par ENSIL ENSCI qui, pour être orientée vers ce matériau, ne nous en fait pas moins découvrir d’autres, y compris des alliages métalliques, eux aussi utilisés dans l’industrie aéronautique. J’y ai été également formé à des procédés de fabrication comme l’extrusion ou l’injection, à des méthodes de vérification/fiabilité, etc. Les sciences humaines y ont également leur place à travers des cours en langues et en gestion de l’entreprise, entre autres.

- Vous voilà au lycée de l’Essouriau au Forum des anciens de la CPGE où j’avais déjà eu l’occasion de vous entendre, il y a deux ans. Qu’est-ce qui vous a motivé à refaire le déplacement de Poitiers, de surcroît un samedi matin ?

J’ai gardé de bons souvenir de mes années de classe prépa. Et puis, je peux témoigner du fait que, durant ces années, on ne prend pas forcément le temps de se renseigner sur les possibilités de mobilité au sein des écoles qu’on pourra intégrer. Il est vrai que la charge de travail est telle qu’on a tendance à se concentrer sur la préparation des concours. On méconnait de surcroît toutes les opportunités de doubles diplômes et d’échanges entre les établissements. Seules ertaines sont mises en avant par les écoles à l’issue des épreuves orales. Et puis, ayant beaucoup reçu durant ces années, j’ai voulu rendre en prenant le temps d’aider les nouvelles promotions à s’orienter, en témoignant sur ma première école de formation, puis maintenant la deuxième. C’est l’occasion aussi de mettre en valeur le fait qu’on peut intégrer une école d’ingénieur et compléter sa formation, dans une autre. Ce que j’ignorais durant mes années prépas.

- Sans compter, comme on l’imagine, le plaisir de revoir vos anciens professeurs…

Bien sûr ! D’autant qu’ils ont su nous motiver sans nous mettre une trop forte pression ni entretenir un esprit de compétition. Au contraire, ils cultivaient la solidarité entre nous. D’où cet autre plaisir, celui de revoir d’autres anciens qui ont pu dégager de leur temps, pour venir jusqu’ici.

- Ce qui est un effort louable quand on sait les problématiques d’accessibilité du lycée, depuis les différentes villes où les uns et les autres poursuivez désormais vos études. Rappelons que nous nous trouvons dans l’écosystème de Paris-Saclay. Y étiez-vous sensible ? Suiviez-vous l’actualité de ce projet ?

C’est un projet dont on nous parlait beaucoup durant nos années de classe prépa. Nous savions que de nouvelles grandes écoles d’ingénieurs s’y implantaient ou devaient le faire. Cela étant dit, je dois à la vérité de dire, que, mon emploi du temps étant ce qu’il était, je n’en suivais pas l’actualité dans son ensemble. Mais je mesurais la chance de faire des études dans un lycée en lien avec lui. Une fois que j’ai intégré l’ENSIL ENSCI, je dois dire aussi que j’ai davantage été intéressé par le projet de piste d’essai pour l’Hyperloop, à une cinquantaine de km de Limoges… Précisons cependant que seul le permis de construire a été obtenu, et il faudra attendre encore quelques mois avant de voir le site construit.

- Rappelons que Paris-Saclay comprend une importante filière d’innovation et de recherche dans l’aéronautique. Qui sait, si finalement, vous ne serez pas amené à le rejoindre professionnellement…

Pourquoi pas, effectivement. C’est une perspective que je n’exclus pas !

A lire aussi les témoignages :

- d’enseignants de la classe préparatoire : Fabien Délen, professeur coordinateur (pour y accéder, cliquer ici) ; Antoine Morin, professeur en physique-chimie (pour y accéder, cliquer ici) ; Loïc Devilliers, professeur de mathématiques (cliquer ici) et Nicolas Schneider, professeur de physique-chimie (cliquer ici).

- d’autres anciens élèves : Guillem Khaïry, qui a intégré l’Ecole centrale de Nantes, après une première année à Polytech Paris-Sud (cliquer ici) ; Marc Daval, élève de l’ENSMA-ISAE (cliquer ici) ; Matthieu Dumas, élève à l’Ecole des Ingénieurs de la Ville de Paris, EIVP (mise en ligne à venir) ; Mélanie Co Tan et Augustin Huet, respectivement à l’ESIGELEC et à l’ENSEIRB-MATMECA (cliquer ici).

- de Marie-Ros-Guézet, qui assistait au forum au titre du dispositif « Ingénieurs pour l’école », dont elle vient de prendre la responsabilité au plan national (cliquer ici).

4 commentaires à cet article
  1. Ping : Des nouvelles de la classe prépa du lycée de l’Essouriau. Rencontre avec Fabien Délen | Paris-Saclay

  2. Ping : Faire une classe prépa à l’Essouriau leur a souri. Entretien avec Mélanie Co Tan et Augustin Huet | Paris-Saclay

  3. Ping : Apprendre dans l’optique d’enseigner… Entretien avec Antoine Morin | Paris-Saclay

  4. Ping : « Il n’a pas de déterminisme qui condamne à un parcours linéaire ». Rencontre avec Loïc Devilliers | Paris-Saclay

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