Koondal, une solution au mal du siècle. Rencontre avec Tarik El Kalai.

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Suite de nos échos à la 6e édition de Paris-Saclay Invest à travers le témoignage de Tarik El Kalai, un Polytechnicien, co-fondateur de Koondal, une start-up qui propose une solution connectée visant, notamment, à rendre plus efficace le suivi de nos maux de dos.

Pour revenir au compte rendu de la 6e édition de Paris-Saclay Invest, cliquer ici.

- Si vous deviez définir en quelques mots le concept de votre start-up ?

Nous proposons une solution au mal de dos, aux troubles musculo-squelettiques et aux douleurs occasionnés par un excès de sédentarité. Notre solution se présente sous la forme d’un objet connecté qui se met à la ceinture, mais aussi d’une plateforme de services web/mobile permettant d’assurer un suivi des traitements en association avec les professionnels de santé. Koondal vise aussi bien les particuliers que les entreprises. A ces dernières, nous proposons une évaluation de l’exposition de leurs salariés à la sédentarité et aux facteurs de risques liés à des postures pénibles et des vibrations mécaniques.

- Pourquoi selon vous une telle solution n’a-t-elle pas vu le jour avant ?

Tout simplement parce que la technologie n’était pas à un niveau de maturité suffisant. Depuis peu, l’intelligence artificielle a connu d’importants développements. En France, tout particulièrement, comme en témoigne d’ailleurs la volonté de Facebook et de Google de s’installer dans notre pays pour recruter des compétences dans ce domaine. Pourquoi nous autres Français ne serions-nous pas les premiers à tirer profit de cet avantage ? C’est en tout cas ce qui nous a poussé à valoriser notre solution en créant une start-up.

- Etes-vous sur un marché concurrentiel ?

Oui, nous avons des concurrents, principalement aux Etats-Unis, mais nous avons une valeur ajoutée qui tient justement à la manière dont nous intégrons les ressources de l’intelligence artificielle. Nos algorithmes sont plus performants que ceux utilisés outre-Atlantique.

- Cela étant dit, le mal de dos est un mal universel. Il y a donc peut-être de la place pour tout le monde, non ?

Oui et, d’ailleurs, notre solution ne vise pas à se substituer à d’autres, mais à les compléter, en améliorant le suivi de l’observance du traitement. La plupart des gens ne le respectent pas à la lettre. Il est donc difficile de savoir où ils en sont exactement. C’est à ce problème que répond Koondal.

- On devine l’intérêt de votre solution au plan économique, quand on sait le coût que représente la non observance d’un traitement…

En effet, le traitement du mal de dos ou sa prévention représente un cout important pour la Sécurité sociale, qui prend notamment en charge les séances de rééducation, lesquelles sont souvent programmées sur plusieurs mois. En améliorant le suivi des traitements, Koondal peut contribuer à réduire le nombre de ces séances voire les éviter, et donc le coût du mal de dos et des troubles musculo-squelettiques pour la collectivité.

- Pourquoi était-ce important pour vous de participer au Paris-Saclay Invest ?

Notre projet exige encore de poursuivre d’importants efforts en matière de R&D, en lien avec des établissements hospitaliers. Tout cela demande du temps et de l’argent. C’est donc pour cela que nous sommes ici avec mes associés : il nous faut convaincre des investisseurs, leur montrer que notre projet a de la valeur et que nous essayons d’apporter bien plus qu’un simple gadget, une solution vraiment utile aux gens.

- Les prises de contacts sont-elles bonnes ?

Complétement ! A peine étions nous à notre stand que des participants sont venus nous voir avec ou sans rdv. Parmi eux, beaucoup d’investisseurs particulièrement curieux, qui nous ont posé des questions, mais aussi fait des suggestions. Ce qui nous convient très bien car nous ne demandons qu’à apprendre et à progresser encore. Pour une jeune start-up comme la nôtre, c’est une vraie chance d’être à Paris-Saclay Invest.

- Quand on pense que vous avez failli ne pas présenter votre projet, pour cause d’embouteillage…

(Rire). Pour cause d’embouteillage, mais aussi de panne de voiture et, pour arranger le tout, nous avons même été arrêtés par la police, pour un contrôle…

- De quoi somatiser par un mal de dos ?

(Rire). Non, nous avions la solution Roondal à notre ceinture, ce qui a permis de de prévenir les douleurs…

- (rire) Encore une question : vous êtes Polytechnicien et donc de Paris-Saclay. En quoi cet écosystème a-t-il été favorable à l’éclosion de votre démarche entrepreneuriale ?

Etant Polytechnicien, j’ai passé trois ans sur le Plateau de Saclay. Assez de temps pour savoir combien il peut y faire froid l’hiver, mais aussi combien, ici, les gens sont chaleureux et riches de compétences qu’ils sont prêts à partager avec vous, autour d’un projet. C’est une réalité dont je regrette qu’elle ne soit pas plus mise en valeur. En tout cas, c’est ce dont j’ai pris pleinement conscience en allant aux Etats-Unis où j’ai passé un an, à l’Université de Columbia, pour étudier les mathématiques appliquées et le business. C’est d’ailleurs pourquoi je suis revenu en France où il ne m’a pas été difficile de trouver les compétences nécessaires au développement de Koondal, notamment celles de Maxime Batandéo, qui a fait le pitch et que j’ai connu en classes préparatoires [ pour en savoir plus, voir l’entretien qu’il nous a accordé – mise en ligne à venir ]. Et puis, je trouve qu’un projet comme Paris-Saclay, consistant à favoriser encore plus les synergies entre les écoles et les universités, est une excellente idée car, de cela, ne peut que résulter de beaux projets entrepreneuriaux.

- Avez vous le sentiment que l’entrepreneuriat innovant « prend » bien sur ce territoire ?

Oui, tout à fait. Je me souviens que, quand j’étais à Polytechnique, il n’y a pas si longtemps de cela, je voyais de la verdure depuis la fenêtre de ma chambre d’étudiant. Maintenant, on peut y voir une école et d’autres encore sont en train de sortir de terre. Je vois aussi que Polytechnique s’est dotée d’un incubateur tout comme d’autres écoles d’ailleurs – je pense bien sûr à HEC, où nous sommes aujourd’hui… Bref, j’ai l’impression que nous sommes arrivés à un point où désormais tous les acteurs sont mobilisés. Il s’agit maintenant de développer une stratégie à long terme pour valoriser au mieux toutes les ressources humaines et financières disponibles. Il ne s’agirait pas que chacun œuvre dans son coin, mais bien de se fixer des objectifs clairs. Pour notre part, nous nous sommes fixés celui de vaincre le mal de dos dans dix ans et nous nous concentrerons sur cet objectif. C’est comme cela que nous pourrons y arriver. Le même état d’esprit devrait désormais dicter les initiatives en faveur de l’entrepreneuriat innovant.

Suite de la découverte de Koondal à travers l’entretien avec Maxime Batandéo, ancien directeur de projet Digital Solutions à Saint Gobain, qui a rejoint la start-up comme responsable marketing. Pour y accéder, cliquer ici.

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