KITE fait sa rentrée. Rencontre avec Célia Zyla et Didier Lebert

KITE2015Paysage
Le 22 septembre prochain, l’ENSTA ParisTech organise une après midi autour de sa formation dédiée à l’entrepreneuriat innovant, KITE (pour Knowledge Innovation neTworks Entrepreneurship). Au programme : des présentations de projets de la promotion 2015, la signature d’un partenariat avec IncubAlliance, etc. Célia Zyla et Didier Lebert, de l’Unité d’Economie Appliquée, en charge de cette formation, nous en disent plus.

- Le 22 septembre après-midi, vous réunissez plusieurs acteurs de l’entrepreneuriat innovant. Dans quel but ?

Célia Zyla : Il s’agit d’abord de présenter KITE, la formation à l’entrepreneuriat innovant mis en place au sein de l’école, à nos 150 élèves de 3e année. Pour mémoire, cette formation s’organise autour d’un projet entrepreneurial à mener par équipe. Celles de la précédente promotion présenteront leurs projets dans l’idée d’inciter les nouveaux à les rejoindre ou à les poursuivre. D’autres projets, menés dans le cadre du programme Berkeley IT&E 2016, auquel participe l’ENSTA ParisTech, seront également présentés.

Cette après-midi sera aussi l’occasion de présenter des nouveautés. D’une part, la nouvelle filière « Création d’entreprise ». D’autre part, le partenariat noué avec IncubAlliance et dont la signature officielle aura lieu en présence de Philippe Moreau, son directeur, et Elisabeth Crépon, la directrice de l’ENSTA ParisTech. Un partenariat qui, concrètement, permettra d’incuber des projets de fin d’études tout en offrant une expertise supplémentaire en amont. Ce n’est pas tout : sera présenté aussi le programme JumpStart du Cabinet E&Y (anciennement Ernst & Young) qui offre la possibilité à nos élèves d’intégrer ce cabinet conseil en disposant d’un emploi du temps aménagé pour suivre une formation au conseil en entreprise tout en poursuivant leur projet de création et développement entreprise. Une opportunité pour ceux qui ne sont pas encore tout à fait sûrs de mener à son terme un projet de start-up.

Didier Lebert : Nous tenons à ce que les élèves prennent rapidement conscience des ressources dont ils disposent à l’intérieur comme à l’extérieur de l’école. Seront donc aussi présentés les Masters PIC et IT&E de Polytechnique, le PEIPS, des projets D2E.

- Combien espérez-vous convaincre d’élèves à suivre KITE ?

Célia Zyla : Un cinquantaine, soit un tiers de la promotion, comme l’an passé. Déjà, une demi douzaine d’élèves extérieurs – trois Polytechniciens et trois ENS Cachan – ont intégré KITE 2016. Ils sont particulièrement actifs au point que nous nous demandons s’ils ne seront pas en mesure de présenter leur projet dès le 22 septembre ! Tout ce que je peux en dire à ce stade, c’est qu’il s’agit d’un appareil permettant de détecter la présence de drône, un sujet d’actualité s’il en est.

- Pourriez-vous donner des exemples de projets, qui seront présentés ?

Célia Zyla : Je citerai MANTA*, un projet de drone marin, lauréat du prix KITE 2015, dans la catégorie « technologie ». L’équipe compte le poursuivre en sollicitant des élèves des filières « robotique et systèmes embarqués » et « génie maritime ». Elle a d’ores et déjà préparé un dossier de reprise. Autre exemple : GroupEat*, également lauréat du prix KITE 2015, dans la catégorie « communication-marketing ». Il s’agit d’une application mobile destinée à faciliter les commandes groupées de pizzas. Cette application existe bel et bien. L’équipe souhaiterait bénéficier du dispositif CAP Entreprise au sein de la couveuse APIS Développement, dans le cadre du programme du tout nouveau D2E (diplôme étudiant entrepreneur), en profitant de toutes les opportunités qui lui sont offertes sur le plateau de Saclay.

- On voit l’intérêt de cette journée : offrir à des élèves la possibilité de rejoindre une aventure entrepreneuriale, voire de prendre le relais. Mais qu’en est-il des élèves qui souhaiteraient mener leur propre projet ?

Célia Zyla : Dissipons un malentendu possible : ceux qui souhaiteraient faire naître leur propre projet peuvent bien sûr le faire. On ne fait qu’offrir une autre option : la participation à des projets déjà existants ou leur reprise. Je pense en particulier au projet de transport urbain par câble (TUC), déjà suivi depuis plusieurs années et présenté en soutenance par nos élèves, en mars dernier. Un projet d’envergure s’il en est, qui a déjà convaincu des industriels du secteur des transports (Eiffage Métal et Poma) et des élus locaux, qui se sont appuyés sur l’étude de marché faite par ces élèves. Une illustration, au passage, de l’ancrage territorial de projets menés dans le cadre de KITE.

- Et de la manière dont des élèves peuvent, d’une promotion à l’autre, assurer la pérennité d’un projet, en l’enrichissant de surcroît…

Didier Lebert : Oui. Ce qui nécessite de notre côté de résoudre des problèmes susceptibles de se poser, à commencer, au plan juridique, par celui du droit de propriété intellectuelle. Il ne faudrait pas que les fondateurs, même s’ils passent la main, se sentent lésés. Il nous faut donc réfléchir à la manière dont peut se faire la transition en anticipant notamment sur une éventuelle mise sur le marché d’un produit issu d’un développement dans le cadre de KITE.

- Un mot sur la nouvelle filière « Création d’Entreprise »…

Célia Zyla : Il s’agit d’une filière proposée en 3e année qui, comme son nom l’indique, est intégralement dédiée à la création d’entreprise. Ce sera une formation sur mesure, organisée autour du projet construit par l’élève. Ce qui exigera de notre part un travail considérable. C’est pourquoi le nombre de places sera limité à cinq !

Initialement, nous avions l’intention de ne la lancer qu’à la rentrée 2016. Mais il se trouve qu’en 2e année, nous avions une élève brillante et décidée, Zineb Abdallaoui, qui souhaitait participer à ce programme. Nous avons donc fait le nécessaire pour qu’elle puisse en bénéficier en l’inaugurant dès 2015 avec la possibilité de suivre en parallèle le master 2 IT&E (master de l’X, dédié à l’innovation technologique et à l’entrepreneuriat, et dirigé par Bruno Martinaud). Elle est actuellement à l’Université de Berkeley, dans le cadre de l’échange programmé entre la mi-août et la mi-décembre. Le 22, nous prévoyons de la faire participer en duplex.

Nous accordons beaucoup d’importance à ce programme de création d’entreprise. Nous aimerions d’ailleurs que des projets KITE de cette année puissent collaborer avec les projets qui naîtront à Berkeley, de façon à constituer des équipes mixtes. Cela ne peut que contribuer à faire un peu plus du plateau une… Silicon Saclay !

- Une illustration, au passage, du fait qu’en plus d’avancer en marchant, vous êtes aussi entrainés par les élèves eux-mêmes, au point que les choses peuvent paraître vous échapper…

Célia Zyla : Attention, rien ne nous échappe ! Nous veillons au contraire à garder la maîtrise du processus pédagogique et ce, dans l’intérêt des élèves, auxquels nous devons de pouvoir avancer dans leur projet aussi confortablement que possible. C’est d’ailleurs tout le sens du partenariat conclu avec IncubAlliance avec lequel nous avions noué des contacts dès l’an passé. Cet incubateur avait en effet participé à tous les événements de notre précédente promotion, soit en tant que membre de jury, soit comme force de proposition.

- Dont acte ! Cela étant dit, vos initiatives témoignent d’une approche aussi proactive que possible dans la manière de faire évoluer la formation à l’entrepreneuriat innovant au sein de KITE…

Célia Zyla : Autant que possible, nous veillons à ce que les élèves restent maîtres de leur projet, en faisant juste en sorte de les aider à le faire dans les meilleures conditions. Car, créer un projet entrepreneurial, durant ses études, ce n’est pas simple. A fortiori au sein d’une école d’ingénieurs dont la vocation première n’est pas de former des entrepreneurs.

Didier Lebert : Après avoir développé leur projet sans danger, les élèves qui voudront le poursuivre au-delà de leurs années d’études, vont se retrouver face à toutes sortes de risques : celui de ne pas rencontrer leur clientèle, de ne pas trouver de solution technologique satisfaisante à un problème précis, sans oublier celui de la faillite. Le partenariat noué avec IncubAlliance permettra justement de sécuriser la suite du parcours des porteurs de projets les plus avancés, en les accueillant dans un contexte d’incubation.

 * Des projets dont le Média Paris-Saclay s’est déjà fait l’écho. Pour en savoir plus, cliquer ici.

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