« Je suis fan de Paris-Saclay. » Rencontre avec Eve Chegaray

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Suite de nos échos à la 5e édition de Paris-Saclay Invest qui s’est tenue le 1er juillet dernier, avec, cette fois, son animatrice Eve Chegaray. Chroniqueuse BFM Académie sur BFM Business, elle témoigne de la dynamique d’innovation à l’œuvre sur le Plateau de Saclay... tout en appelant de ses vœux plus de lieux de vie et d’échange, dignes d’un vrai campus…

- En quoi Paris-Saclay Invest est-il un événement qui vous tient à cœur ?

Paris-Saclay Invest me tient effectivement à cœur. Il permet de découvrir des solutions innovantes dans des domaines aussi divers que la santé, les mobilités, la sécurité, etc. Je participe à cet événement depuis ses débuts, en 2011. Et c’est cela que j’apprécie aussi : le sentiment de participer à une aventure, inscrite dans la durée. Pour accompagner les candidats dans la préparation de leur pitch, je peux ainsi témoigner des progrès enregistrés d’une année sur l’autre. Avant, ils avaient de bonnes idées, mais sans savoir toujours les formuler de manière convaincante. Aujourd’hui, les startuppers sont déjà professionnels : ils savent convaincre sans abuser des effets de manche.

Et puis Paris-Saclay Invest attire de plus en plus de monde. Vous avez vu cet amphithéâtre de l’ENSTA ParisTech, rempli dès 8 h 30 du matin ? C’est impressionnant, non ? Le succès de Paris-Saclay Invest n’est plus à démontrer. Il est allé crescendo au point d’ailleurs de convaincre les organisateurs de passer d’une à deux éditions par an. La sixième édition se tiendra le 10 décembre prochain sur le Campus d’HEC.

- Et le territoire de Paris-Saclay, qu’est-ce qu’il vous inspire ?

Je ne vis pas sur ce territoire, mais j’en suis fan ! Il y a quelque chose ici de proprement magnétique. On peut y voir concrètement comment des idées se transforment en projets, puis des projets en start-up, des start-up en jeunes entreprises qui performent. On sent bien que nous sommes dans un écosystème d’innovation, que Paris-Saclay est bien plus qu’un objectif à atteindre. C’est une réalité avec un fort potentiel de développement. Avec toutes ces entreprises, ces laboratoires, ces écoles au milieu de verdure et de champs de blé, Paris-Saclay a de quoi devenir un des clusters les plus attractifs en France et même au monde. On devrait avoir envie de venir ici plus qu’ailleurs. Mais, autant le dire, on n’y est pas encore tout à fait. Certes, les choses bougent et même s’accélèrent, mais, chaque année, je repose la même question, pour rire mais pas seulement : où sont donc les boutiques, les cafés, les endroits où se détendre, se distraire ? Je sais bien qu’il va finir par y en avoir, mais comme c’est long à se concrétiser ! Or, on n’a plus de temps à perdre. Les entrepreneurs qui innovent ici, ont droit comme d’ailleurs tous les étudiants et salariés qui travaillent ici, à un cadre de vie de qualité, quand bien même n’y habiteraient-ils pas. Pour ma part, je suis impatiente ! Allez, encore un effort Messieurs, Mesdames les élus !

- Et les problématiques de transport, que vous inspirent-elles ?

Paris-Saclay n’est qu’à 20-30 km de Paris. Mais comme ces km paraissent bien longs voire infranchissables ! On parle de vallée de la mort à propos du développement des start-up. A se demander si le parcours pour se rendre à Paris-Saclay n’en serait pas la traduction géographique ! Comment est-il possible qu’en 2015, on ait encore le sentiment de devoir franchir comme une ligne de démarcation pour venir jusqu’ici, sur le Plateau de Saclay. C’est un paradoxe quand on sait ce qui s’y créé, s’y invente.

- Cela n’engage-t-il pas aussi la responsabilité des médias ? Ceux-ci parlent-ils assez de ce territoire ?

Je suis d’accord avec vous : les médias ont aussi leur part de responsabilité. Ils ne parlent pas assez de Paris-Saclay. Pour beaucoup, celui-ci n’est encore qu’un projet abstrait pour des chercheurs qui inventeraient des choses sans réelle utilité. En réalité, c’est un écosystème propice à un réel développement économique, avec la promesse de nombreuses créations d’emplois. De plus en plus de start-up y voient le jour et y grandissent et même acquièrent une notoriété qui dépasse les frontières. Je pense bien sûr à Prynt, lauréate, l’an passé, du prix du jury. Elle a été invitée à témoigner de ce que celui-ci lui avait apporté. Cela marche tellement bien pour elle, qu’elle s’apprête à traverser l’océan Atlantique, pour s’installer à San Francisco. Nul doute que Paris-Saclay sera le terreau de bien d’autres success stories, y compris parmi les candidats de cette année. Les médias doivent donc se bouger pour donner à voir cette actualité-ci. Cela nous changerait des informations plus tragiques les unes que les autres qu’on nous rapporte chaque matin. Modestement, je contribue à en parler à travers mes chroniques BFM Académie, sur BFM Business. Mais c’est vrai que ce n’est pas simple de convaincre un confrère ou une consœur d’y venir faire un reportage. Du moins tant qu’il n’y aura pas de métro pour s’y rendre. Le temps d’un journaliste est malheureusement compté, il ne peut le passer dans les embouteillages ! Dans l’hypothèse où il s’y rendrait, il lui faudrait ensuite prendre le temps de découvrir le territoire, car on ne comprend pas Paris-Saclay si ne fait qu’y passer en coup de vent.

- Suivez-vous les start-up dans la durée ?

Oui, c’est important. J’ai d’ailleurs interviewé plusieurs lauréats des prix de Paris-Saclay Invest, dans le cadre de mes chroniques. Je crois même qu’il y a un devoir à suivre les start-up dans la durée. D’abord, pour se rendre compte des hauts et des bas qu’elles connaissent, des échecs qu’elles rencontrent et des leçons qu’elles en tirent pour rebondir. Ensuite par solidarité : si on peut contribuer au développement de start-up, ne serait-ce qu’en prodiguant des conseils pour améliorer leur pitch, ou les faire connaître, pourquoi s’en priver ? Il y a des vertus à soutenir l’entrepreneuriat innovant, même pour un journaliste.

Voir aussi les entretiens avec  Sarah Cherruault* (CEO d’Auticiel, start-up lauréate du prix du jury); Bruno Carreel* (de la start-up Instent) et Raodath Aminou, fondatrice d’OptiMiam.

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