ImagingWave, un microscope au service de la recherche biomédicale. Rencontre avec Audrey, Hugo, Jashaani et Stella.

ImagingWavePaysage
Suite et fin de nos échos au Forum 503 avec, cette fois, le témoignage de l’équipe d'élèves-ingénieurs de la Filière Innovation-Entrepreneurs (FIE) de l'Institut d'Optique (campus de Bordeaux), qui porte le projet ImagingWave, un microscope de nouvelle génération, au service de la recherche médicale.

- Si vous deviez, pour commencer, pitcher ImagingWave… ?

Hugo Hajaali : Notre solution vise à faire avancer la recherche biomédicale, en permettant aux chercheurs de disposer d’un outil à même de mesurer des caractéristiques d’un échantillon de cellules. Elle consiste en un microscope qui offre l’avantage de faire un suivi dynamique de cet échantillon, en temps réel et en 2D ou 3D.

Audrey Attia : Nous ne partons pas de rien : notre technologie a été développée par une équipe de recherche du CEA avec laquelle nous nous sommes associés pour passer du stade du prototype à la mise au point d’un produit commercialisable.

- Êtes-vous les premiers à explorer cette solution ? On suppose que ce domaine est déjà investi. Quelle est votre valeur ajoutée ?

Stella Tan : La technologie de l’holographie digitale, sur laquelle nous nous appuyons, est en effet un domaine déjà investi par des équipes de recherche et des entreprises. Mais aucune ne l’exploite pour les besoins d’un microscope. Ceux proposés sur le marché reposent sur d’autres technologies comme la microscopie confocale ou à fluorescence.
Nous, nous combinons un hologramme et son traitement numérique, afin de fournir une image 2D ou 3D. Nous nous différencions encore sur d’autres aspects : nous ne recourons pas à des lentilles (ce qui a l’avantage d’éviter les aberrations optiques) ; nous concevons une solution pour qu’elle soit accessible au plus grand nombre : de par son prix mais aussi la simplicité d’utilisation – notre microscope ne requerra pas d’expertise particulière. L’un des atouts majeurs de notre microscope est qu’il est transportable et permet de réaliser des observations sur un bateau, par exemple.

- Qu’est-ce qui vous a motivé à suivre la FIE ?

Jashaani Uthayakumar : Au cours de mes études scientifiques, je pense avoir acquis un solide bagage en science, notamment en mathématique et en physique. Mais il s’agit pour l’essentiel d’un savoir théorique. Le fait de suivre la FIE permet d’aborder les sciences autrement, avec des visées concrètes. Pour les besoins de ImagingWave, nous avons pu, comme indiqué, partir d’un prototype mis au point par des chercheurs du CEA pour le développer de façon à aboutir à une solution commercialisable. Et puis ici, nous bénéficions d’un encadrement assuré par David-Olivier Bouchez et Pierre Mauriac, qui nous permet d’envisager jusqu’à la création de notre propre entreprise.

- Précisons que vous travaillez sur ce projet depuis à peine plus de deux mois. Or ce que vous nous en avez donné à voir et ce que vous en dites dans le cadre de cet entretien témoignent d’une certaine maturité dans la démarche. Comment l’expliquez-vous ?

Jashaani Uthayakumar : Le prototype mis au point par les chercheurs du CEA mobilise des technologies (optique, laser…), auxquelles nous sommes formés dans le cadre de l’Institut d’Optique où, rappelons-le, nous avons déjà suivi une année commune, avant de nous engager en première année de FIE.

Stella Tan : Le fait de pouvoir poursuivre notre projet au milieu d’autres équipes, au même endroit, crée une certaine émulation, qui nous motive à porter le projet, à le faire avancer. Tout aussi précieux est le fait de pouvoir côtoyer des entrepreneurs confirmés, dont d’anciens de la FIE, également hébergés au 503. Nous bénéficions ainsi de leur retour d’expérience et de leurs conseils.

- C’est l’occasion de souligner combien les entrepreneurs, loin d’être dans un esprit de compétition, sont plutôt enclins à coopérer, à s’entraider…

Jashaani Uthayakumar : En effet, les « anciens » ont le souci d’aider les nouveaux. Prochainement, nous allons bénéficier de mentors – des entrepreneurs du 503, le centre d’entrepreneuriat et d’innovation rattaché à l’Institut d’Optique, où l’on peut retrouver des chefs d’entreprise, issus ou non de la FIE.

- A vous entendre, vous comptez donc bien aller au bout de la démarche d’innovation entrepreneuriale, en créant votre propre société…

Stella Tan : Notre ambition est en effet de mener le projet jusqu’au bout : commercialiser le produit en nous appuyant sur une base client solide. C’est dire si nous nous projetons au-delà des deux ans de la FIE, et comptons créer une vraie société.

Audrey Attia : Pour nous, ces deux ans de FIE, ce n’est que le début d’une véritable aventure !

- Peut-on concevoir ces paroles comme les mots de la fin provisoire de notre entretien ?

Les trois autres, en chœur : Oui !

A lire aussi les entretiens avec Élodie Ben, Anne-Lys Lanore et Éloi Lemaire, qui portent le projet Holoxa (pour y accéder, cliquer ici) ; avec Basile Maddalena, Eliot Beraud, Gabriel Monteux et Ilyass Belkhayat, qui portent le projet EyeKeepit (cliquer ici).

2 commentaires à cet article
  1. Ping : EyeKeepit, pour sécuriser la conduite sans prendre le volant. Rencontre avec Basile, Eliot, Gabriel et Ilyass | Paris-Saclay

  2. Ping : Holoxa, pour un distanciel les yeux dans les yeux. Entretien avec Élodie, Anne-Lys et Éloi | Paris-Saclay

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