Il était une fois… Les Petits Chaperons Rouges… à Paris-Saclay

ROSILIOPaysage
Début avril, vont débuter dans le quartier Camille Claudel (Palaiseau), les travaux d’aménagement d’une crèche d’entreprises gérée par Les Petits Chaperons Rouges. Nous allons en savoir plus en allant à Clichy, au siège de ce groupe, à la rencontre de Michaël Rosilio, en charge du développement de son réseau et des partenariats, mais également de ce projet palaisien.

- Si vous deviez présenter en quelques mots Les Petits Chaperons Rouges ?

Les Petits Chaperons Rouges sont des crèches d’entreprises. La première est née en 2005, à Rungis, à l’initiative de Jean-Emmanuel Rodocanachi (actuel président du groupe). Aujourd’hui, nous comptons 225 établissements (des crèches que nous gérons en propre ou en délégation de service public) totalisant 3 000 collaborateurs, auxquels s’ajoutent un demi millier de crèches partenaires (privées ou associatives) où nous disposons de berceaux. Nous accueillons au total 12 000 enfants par semaine, de salariés de quelque 800 entreprises.

Initialement, notre métier était donc d’accompagner aussi bien des entreprises privées que des établissements publics dans la mise à disposition de berceaux dans des structures dédiées à la petite enfance. Depuis, nous nous sommes diversifiés en nous positionnant comme un accompagnateur sur l’ensemble des tranches d’âges de la parentalité : en plus de mettre à disposition des berceaux, nous proposons des services associés (Chaperons Plus), à savoir : de l’aide aux devoirs (Prof express), de l’école primaire jusqu’à niveau bac +2, de la garde à domicile, du babysitting (Famihero).

- Et Chaperons & Cie ?

Chaperons & Cie est la marque de notre réseau, qui réunit les crèches Les Petits Chaperons Rouges que nous possédons en propre et celles de nos partenaires. Sa création a découlé d’un constat : les entreprises qui nous sollicitaient avaient besoin d’une offre à l’échelle nationale et d’un accompagnement non plus seulement près du lieu de travail, mais du lieu d’habitation.

Par le passé, nous nous appuyions sur des intermédiaires pour disposer de places dans des communes où nous n’étions pas présents. Il y a près d’un an, nous avons décidé de disposer de notre propre réseau pour assurer une meilleure visibilité de l’accueil réservé aux enfants. Ce réseau, dont j’assure le développement et les partenariats, se compose donc des structures Les Petits Chaperons rouges et des structures associatives ou privées avec lequel nous avons noué un partenariat. Il s’enrichit chaque mois de 15 à 20 crèches. Une croissance quantitative non négligeable qui ne doit pas faire oublier notre priorité donnée à la qualité. Nous prenons donc le temps de rencontrer les structures avec lesquelles nous sommes susceptibles de travailler pour s’assurer que leur mode d’accueil est en phase avec nos exigences.

- On imagine les compétences requises pour assurer le développement d’un tel réseau, qui combine des acteurs privés, associatifs, publics. Faut-il être soi-même papa ?

(rire) Oui, sans doute ! J’ai deux enfants, dont l’un justement encore en âge d’aller en crèche…

- Que vous confiez à une nourrice ordinaire ?

(rire) Non ! Il est accueilli dans notre structure de Clichy, au rez-de-chaussée de l’immeuble qui abrite nos bureaux. Ces moments importants que l’on passe avec son enfant, j’ai donc la chance de les vivre : le matin, je le dépose, et le soir, je le récupère. Comme mes collègues, je peux ainsi jouir d’un bon équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle. Finalement, ce sont les meilleurs arguments que je puisse vous donner pour vanter les mérites des Petits Chaperons Rouges !

- Comment le projet de Palaiseau a-t-il vu le jour ?

Il est tout simplement né d’une rencontre, en avril 2013, avec les élus de la ville, dont nous souhaitions nous assurer de l’intérêt pour une crèche d’entreprises, dans le quartier Camille Claudel en cours de construction. Nous avons également pris le temps de rencontrer les autres acteurs concernés, aussi bien privés que publics pour savoir si eux-mêmes y trouvaient un intérêt. C’était bien évidemment le cas. Le quartier Camille Claudel est appelé à attirer de nouveaux ménages. De grands groupes ou établissements sont déjà présents aux alentours : Thales, Danone et demain EDF (dont le campus R&D est en cours de construction), sans oublier l’ONERA, qui sera notre plus proche voisin. J’ajoute que les ménages en quête d’une place en crèche peuvent d’ores et déjà se préinscrire sur notre site internet. Nous disposons ainsi de statistiques qui mettent clairement en évidence les besoins de familles de Palaiseau et des alentours.

- Quelles sont les prochaines étapes ?

L’étape suivante a consisté à trouver un investisseur pour faire l’acquisition du local et nous le louer. Et nous concernant, de prendre en charge les travaux d’aménagement, lesquels démarrent le 6 avril. Naturellement, le projet a été préalablement validé par les différentes administrations en charge de la petite enfance : la Protection Maternelle et Infantile (PMI) et la Caisse d’Allocation Familiale (Caf).

D’ores et déjà, nous constituons les équipes, qui totaliseront une quinzaine de personnes, toutes de Palaiseau ou des alentours. C’est un aspect que je me permets de souligner : à travers l’ouverture de structures pour la petite enfance, nous créons des emplois qualifiés, de surcroît au bénéficie des communes qui les accueillent.

- Dans quelle mesure la problématique de l’accessibilité joue-t-elle ?

Il y a encore quelques années, notre modèle privilégiait une implantation près du lieu de travail. Désormais, nous sommes également présents dans des zones de résidence. C’est le cas de la structure de Camille Claudel. Les ménages pourront y déposer leurs enfants avant de se rendre à leur lieu de travail. Ceux dont la crèche est proche de ce dernier y déposent le leur, juste avant de regagner leur bureau. Ce qui suppose, il est vrai, de disposer d’une voiture, du moins pour de longs trajets. Comme chacun sait ou le devine, il n’est pas commode pour des parents de se déplacer en transports en commun avec une poussette. On le voit d’ailleurs à La Défense dont l’accès se fait essentiellement par le métro ou le RER. Résultat : on n’y recense aucune demande.

- Que dites vous à ceux qui pourraient craindre que cette structure ne bénéficient qu’aux salariés des grands groupes ?

Les grands groupes comptent effectivement parmi nos clients, mais leurs salariés ne sont pas majoritaires. 60% des parents qui nous confient leurs enfants travaillent dans une PME ou même une TPE. Rappelons que des aides sont mises à disposition de tout type d’entreprises, petites ou grandes. J’ajoute aussi que nous pouvons également nous organiser pour accompagner des professions libérales.

- Qu’en est-il de la mixité sociale ? Paris-Saclay concentre une forte proportion de chercheurs, de cadres supérieurs…

Dans une crèche, les enfants sont égaux ! Notre future crèche du quartier Camille Claudel n’a pas vocation à être une pouponnière de chercheurs ou d’entrepreneurs ! La ville devrait d’ailleurs réserver des berceaux pour ses administrés, ce qui devrait contribuer à la mixité sociale. J’ajoute que celle-ci ne concerne pas seulement les enfants, mais aussi les parents qui pourront se rencontrer au sein de notre crèche, qu’ils soient d’une entreprise privée ou publique.

- Comment s’inscrire ?

Comme je le disais tout à l’heure, les personnels des entreprises partenaires peuvent se pré-inscrire en direct sur notre site. Des familles de Palaiseau nous ont ainsi sollicités pour disposer d’un berceau. Nous faisons alors les démarches nécessaires auprès d’un des employeurs des parents.

- Paris-Saclay est un territoire tourné vers l’innovation. En quoi peut-il stimuler l’évolution de votre modèle ? Peut-il être le lieu où s’inventera la crèche du XXIe siècle ?

(Sourire) Nous n’ignorons pas ce contexte. Nous sommes bien implantés dans le 91 (à Massy, à Savigny-sur-Orge, à Chilly-Mazarin, à Courtabœuf, Athis-Mons etc.). Nous sommes également présents dans les Yvelines (à Plaisir, à Jouy-en-Josas pour ne citer que les communes présentes dans le périmètre de l’OIN Paris-Saclay).

Nous n’ignorons pas non plus combien Paris-Saclay peut effectivement nous porter et encourager notre propre démarche d’innovation. Nos projets pédagogiques sont menés par notre direction « qualité petite enfance ». Nul doute que la structure de Palaiseau va en susciter d’autres.

- Nous sommes ici au siège de votre groupe, à Clichy, rue Jean Prouvé. Un grand inventeur architecte s’il en est. Sans doute est-ce le fruit du hasard, mais cela m’offre l’occasion de vous demander dans quelle mesure vous préoccupez-vous de la conception architecturale de vos structures ?

C’est un sujet essentiel. Nous travaillons avec des architectes. Nous avons établi une charte architecturale de façon à garantir un même niveau d’exigence quant au confort des enfants : nos crèches doivent disposer de murs sensoriels, de suspensions pour les sections bébés… Nous n’oublions pas les parents en soignant l’accessibilité des structures, le local des poussettes, les espaces où ils peuvent changer leur enfant,… Bref, nous sommes dans une démarche d’innovation – on y revient – pour faire de la fréquentation de nos structures un moment agréable de la journée où enfants et parents se sentent en sécurité, peuvent vivre aussi agréablement que possible la séparation du matin et du soir et la transmission avec nos professionnels.

- Sans exclure de concevoir les crèches dans une logique de durabilité ?

En effet. Nous sommes d’ailleurs entrés au capital de l’entreprise Bio Crèche gestionnaire éco-responsable, dont les structures, essentiellement parisiennes, sont certifiées ISO 14001:2004.

- Et l’ouverture de la crèche de Camille Claudel, à quelle échéance est-elle prévue ?

Pour le mois de septembre 2015. Elle disposera de 43 berceaux.

Les photos qui illustrent cet article portent sur des crèches de Chaperons & Cie, déjà en activité.

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