Graine de championne au service de la recherche. Rencontre avec Krystel Vilain

Krystel-AgnesPaysage
Etudiante en Licence Activités Physiques Adaptées (APA), à Orsay, Krystel Vilain est par ailleurs cavalière. Nous l’avions rencontrée à l’occasion de notre interview avec Agnès Olivier auprès de laquelle elle se livrait à des tests dans le cadre de recherches sur « les déterminants du couplage multisensoriel cavalier-cheval ». Elle a bien voulu témoigner sur l’intérêt de ces recherches.

Pour accéder à l’entretien avec Agnès Olivier, cliquer ici.

- Si vous deviez, pour commencer, vous présenter en quelques mots…

J’ai 25 ans et je suis en 3e année de Licence Activités Physiques Adaptées (APA) de l’UFR STAPS de Paris-Sud, à Orsay. En parallèle, je pratique beaucoup de sports, dont l’équitation.

- Depuis quand pratiquez-vous cette discipline ?

Je monte régulièrement à cheval depuis l’âge de 11 ans. J’ai commencé au Poney Club de Rêve, en Essonne, sous la direction de la monitrice Marie-Ange Merrier. J’ai débuté la compétition de dressage de poney à l’âge de 14 ans et ai continué jusqu’à mes 16 ans. Krystel2DossiersPendant cette période, j’ai fait de bons résultats aux championnats de France : la première fois, j’ai terminé 4e, la suivante 3e, enfin, la dernière fois, de nouveau 4e. Je suis ensuite passé au cheval en pratiquant deux ans durant de la CSO (Course de saut d’obstacles). Mais ma préférence allait au dressage. J’ai donc travaillé pour pouvoir un jour présenter mon propre cheval, lequel s’est révélé adapté, avec de bonnes qualités Le goût de la compétition ne m’a pas quitté.

Chaque année, je participe aux compétitions universitaires d’Ile-de-France, en réussissant à chaque fois à me qualifier aux championnats de France. Grâce aux différents résultats obtenus, j’ai même reçu une qualification pour les mondiaux universitaires qui devaient se dérouler aux Emirats Arabes Unies. Malheureusement, ceux-ci ont été annulés. Le mois dernier, j’ai participé à l’une des étapes de la Coupe des Nations universitaires, en Pologne. J’ai terminé 3e en dressage individuel, 2e par équipe, et 2e en combiné individuel (un classement comprenant les résultats au dressage et au CSO). Je ne m’attendais vraiment pas à faire si bien !

En ce moment, je travaille dur pour les Championnats de France universitaires qui vont se dérouler près de Lyon, du 5 au 7 juin prochain. J’espère pouvoir y décrocher une place pour les Mondiaux, qui se dérouleront en Suède !
Krystel1DossiersPar ailleurs, je m’apprête à intégrer l’écurie d’un cavalier de haut niveau. Je l’accompagnerai à ses concours et sortirai ses jeunes chevaux.

- Pourquoi vous retrouvez-vous ici, dans le laboratoire d’Agnès Olivier ?

J’avais déjà participé à l’étude qu’Agnès avait menée il y a deux ans sur la contribution des informations visuelles dans le contrôle postural du cavalier. Elle m’a proposé de participer à la nouvelle, ce que j’ai accepté. D’autant plus que je répondais manifestement aux critères, à savoir : posséder le galop 7, monter à cheval régulièrement et en compétition avec un bon niveau d’épreuve, enfin, n’avoir aucune déficience sensorielle. Agnès est l’une des rares chercheuses à s’intéresser au cavalier dans sa relation au cheval. Autant donc l’aider dans ses recherches et contribuer à faire progresser la science et les découvertes dans l’équitation.

- En quoi le fait d’être une sorte de cobaye est-il intéressant pour votre propre pratique de l’équitation ?

Personnellement, je me suis spécialisée dans le dressage. Pouvoir comprendre comment des cavaliers expérimentés s’y prennent pour interagir avec leur cheval est forcément intéressant. J’en tire des enseignements utiles à ma propre pratique de cavalière.

- En résumé, vous participez à ces recherches dans votre propre intérêt mais aussi de l’équitation en général ?

Oui, complètement. L’équitation, je ne la conçois pas comme une pratique individuelle ni routinière. Elle est d’autant plus intéressante qu’elle progresse, que de nouvelles techniques s’inventent, à même de la faire évoluer et d’améliorer les performances aussi bien des cavaliers que des chevaux. Bien plus, il s’agit aussi de répondre au défi d’une compétition qui est internationale. La France compte de très bons cavaliers et est réputée pour l’excellence de son équitation, mais nous ne pouvons pas nous reposer sur nos lauriers. Si nous voulons nous maintenir dans l’élite mondiale, il nous faut poursuivre nos efforts de recherche. Dès lors, toutes les recherches qui visent à améliorer, même à la marge, le couplage cavalier-cheval, méritent d’être encouragées.

- Je vous vois avec un questionnaire à remplir. En quoi ont consisté les tests auxquels vous venez de vous livrer ?

Agnès m’a fait faire des tests de posture pour voir comment je me tenais et si des particularités en la matière impactaient la qualité de ma posture à cheval. Par exemple, les tests visuels permettent d’évaluer dans quelle mesure je m’appuie sur ma vision pour l’adapter. D’autres tests visent à apprécier la manière dont je prends en compte mes sensations corporelles. Autant de caractéristiques qui sont utiles à connaître pour optimiser mon couplage avec le cheval tout en respectant mes particularités : il ne s’agit pas de me contraindre à changer totalement de comportement. C’est aussi en cela que les recherches d’Agnès m’intéressent. J’ajoute que des cavaliers de haut niveau participent à son programme de recherche et qu’ils ont déjà pu en recueillir des résultats. C’est forcément motivant.

- Le fait que ces recherches soient menées ici à l’UFR STAPS ajoute-t-il à votre intérêt pour ces recherches ?

Oui. L’UFR STAPS est par définition ouvert à la recherche sportive. Il met tous les moyens nécessaires pour faire progresser les connaissances. Celui de Paris-Sud dispose d’un centre équestre situé juste à proximité du laboratoire d’Agnès. Il est un des premiers à s’investir dans la compréhension du couplage cavalier-cheval. Pour le monde de l’équitation, c’est une chance. Sachons en profiter et y contribuer, même modestement.

La première photo en illustration de cet article nous a été fournie par Agnès Olivier : elle porte sur une séance de tests effectués sur la base d’un simulateur. Les deux autres donnent à voir Krystel Vilain lors de compétitions.

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