Faire une classe prépa à l’Essouriau leur a souri. Entretien avec Mélanie Co Tan et Augustin Huet

Essouriau2019MélanieAugustinPaysage
Suite de nos échos au forum des anciens élèves de la CPGE du lycée de l’Essouriau, organisé le samedi 9 novembre dernier, à travers le témoignage de ces deux élèves ayant intégré respectivement l’Esigelec, à Rouen, et ENSEIRB-MATMECA, à Bordeaux.

Ils se sont connus au lycée de l’Essouriau, où ils ont fait leur classe prépa PCSI/PSI. Elle, après un bac S au lycée Prévert de Longjumeau avec l’intention de travailler en bureau d’études sur l’efficacité énergétique des bâtiments. Lui, déjà élève de l’Essouriau depuis sa seconde, et avec l’objectif de devenir pilote de chasse. A l’issue des concours, elle a intégré l’ESIGELEC, une « école d’ingénieurs–es généraliste », implantée à Rouen. Lui, l’ENSEIRB-MATMECA, une école bordelaise, qui forme des ingénieurs en Electronique, Informatique, Télécommunications, Mathématique et Mécanique. Si le rêve de devenir pilote de chasse s’est donc éloigné, Augustin ne manifeste pour autant aucun regret. L’électronique est une autre de ses passions. Et puis, il pourra toujours se rapprocher du secteur aéronautique, un autre de ses objectifs, à l’occasion du stage de 3e année qu’il a obtenu de faire chez Thales.

Se soutenir à distance

En attendant, comment lui et Mélanie vivent-ils le fait de faire des études poussées, en parallèle, mais à distance – Rouen et Bordeaux ne sont pas si proches l’une de l’autre, aucune ligne ferroviaire ne les reliant directement.
Manifestement, ils le vivent bien. Lui : « Les moyens de communication actuels permettent de rester en contact. Et puis, à défaut de ligne directe, Bordeaux est désormais à deux heures ; Rouen à à peine plus d’une heure. Cela permet de nous revoir régulièrement ». Elle : « Durant les années de classe prépa, nous avions pris l’habitude de travailler ensemble et de nous soutenir mutuellement. Nous continuons à le faire, même à distance. » Un esprit d’entraide hérité de l’état esprit qui régnait dans leur classe prépa. Elle : « Nos professeurs nous incitaient à travailler ensemble, en nous encourageant à être solidaires plutôt que dans une logique de compétition. »
Pas besoin, donc, de leur demander ce qui les a motivés à se lever très tôt le matin pour répondre présent, même un samedi de novembre, en banlieue parisienne. Lui : « Le plaisir de revoir des camarades de promo, ainsi que mes professeurs : Monsieur Délen, Monsieur Morin, Monsieur Prensier, sans oublier Monsieur Reynaud. » Lequel est revenu lui aussi pour l’occasion, bien qu’il enseigne désormais dans un lycée du 13e arrondissement de Paris. On aura noté au passage qu’Augustin fait précéder chaque nom d’un « Monsieur », résumant bien la reconnaissance des promos qui se sont succédé, pour ces enseignants, qui se sont tant investis dans la classe prépa du lycée de l’Essouriau pour en faire ce qu’elle est aujourd’hui.

A la portée des filles

Mélanie n’est pas la seule jeune femme venue présenter son école. Loin de là. Reste que les classes préparatoires aux grandes écoles d’ingénieurs sont encore très majoritairement masculines, et celle de l’Essouriau ne fait pas exception à la règle. Nous posons donc la question : avait-elle hésité avant de s’engager dans cette filière de formation ? Elle s’étonnerait presque de cette question : « Ce n’est pas parce qu’on est une femme, qu’on a de moindres capacités pour devenir ingénieure ! Les filles sont tout à fait habilitées à faire une classe prépa, dès lors qu’elles se débrouillent bien en math ou dans d’autres sciences. Toujours est-il qu’il y en avait beaucoup dans notre promo. Si, donc, elle avait un conseil à donner à des filles qui hésiteraient encore ? « Il faut juste avoir confiance en soi, ne pas sous-estimer ses capacités ni hésiter à poursuivre ses rêves. » Et la même de reconnaître à la classe prépa du lycée de l’Essouriau, une ambiance propice à tout cela.

Un lycée dans un écosystème technologique

Le lycée étant dans l’écosystème de Paris-Saclay, nous ne résistons pas à l’envie de leur poser, à elle comme à lui, cette autre question : étaient-ils intéressés par ce projet, en suivaient-ils l’actualité ? La réponse d’Augustin nous désarme : « Pour ce qui me concerne, la réponse est non ! » Nous insistons alors un peu : maintenant qu’il est engagé dans une formation d’ingénieur, fût-elle à Bordeaux (au demeurant, connectée à l’écosystème via la ligne qui dessert la gare Massy TGV), Paris-Saclay avec son importante filière aéronautique, ne présente-t-il pas un intérêt pour lui ? N’est-ce pas d’ailleurs à Thales qu’il va faire son stage. Il corrige : « Thales, oui, mais je parlais du site de Bordeaux… » Pas plus qu’avant, il ne dit prêter une attention particulière à Paris-Saclay.
La réponse de Mélanie atténue notre dépit : « J’ai entendu parler de ce projet ; je sais qu’il s’agit de réunir plusieurs grandes écoles et des universités pour y renforcer les capacités de recherche et d’innovation ». La même reconnaît cependant ne pas en savoir davantage.
Nous rappelons donc que les grandes écoles d’ingénieurs (pour s’en tenir aux établissements d’enseignement supérieur que les classes prépa ont vocation à faire intégrer) ont quand même pour noms CentraleSupélec, Polytechnique, l’ENSTA ParisTech, SupOptique…. Augustin, de nous rassurer alors : « Oui, je le sais bien. Je n’avais juste pas pris la mesure que toutes ces grandes écoles participaient d’un même ensemble. » C’est en fait sa rigueur d’ingénieur qui le dissuadait d’en dire plus : « N’ayant pas suivi l’actualité du projet dans le détail, je ne me permettrais pas d’en parler plus que cela ». Dont acte.

A lire aussi les témoignages :

- d’autres anciens : Guillem Khaïry, qui a intégré l’Ecole centrale de Nantes, après une première année à Polytech Paris-Sud (mise en ligne à venir) ; Marc Daval, élève de l’ENSMA-ISAE (mise en ligne à venir) ; Matthieu Dumas, élève à l’Ecole des Ingénieurs de la Ville de Paris, EIVP (mise en ligne à venir) ; Paul Didiez, qui fait le choix d’un double cursus à l’ENSIL-ENSCI puis à l‘ISAE-ESMA (mise en ligne à venir).

- d’enseignants de la classe préparatoire : Fabien Délen, professeur coordinateur (pour y accéder, cliquer ici) ; Antoine Morin, professeur en physique-chimie (cliquer ici) ; Loïc Devilliers, professeur de mathématiques (cliquer ici) et Nicolas Schneider, professeur de physique-chimie (cliquer ici).

- de Marie-Ros-Guézet, qui participait à ce forum au titre du dispositif « Ingénieurs pour l’école », dont elle vient de prendre la responsabilité au plan national (mise en ligne à venir).

3 commentaires à cet article
  1. Ping : Des nouvelles de la classe prépa du Lycée de l’Essouriau. Rencontre avec Fabien Délen | Paris-Saclay

  2. Ping : Apprendre dans l’optique d’enseigner… Entretien avec Antoine Morin | Paris-Saclay

  3. Ping : « Il n’a pas de déterminisme qui condamne à un parcours linéaire ». Rencontre avec Loïc Devilliers | Paris-Saclay

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